jeudi 13 août 2009

Origine du mot "Égypte" et du mot "Kémèt"

Les Égyptiens anciens appelaient leur territoire: "HWT KA PTAH" ("Temple de l'âme de dieu", "Temple de l'âme de Ptah"). Le mot "Kem" signifiant "Terre Noire" renvoyant à la couleur de la peau des habitants de Hwt Ka Ptah, on en arrive au mot "Kémèt"= "HWT KA PTAH"="Égypte".

Ainsi donc, les Égyptiens anciens se définissaient comme des "kémit" ou des "Kamit" c'est-à-dire des Noirs et non pas comme des habitans de la terres noires. De la même façon, on parle de l'Afrique Noire non pas pour désigner la terre noire mais pour désigner la couleur de la peau des habitants de l'Afrique au Sud du sahara.

Les Grecs ont traduit "HWT KA PTAH" en "Aigyptos" puis on arrive à l'appelation: "Égypte"

Le Code Noir

"Capturé, dit le Blanc, je te ferre, te déporte, te mutile, t'exploite à mort, te taille et te tue parce que tu es Noir et je recommencerai tant qu'il me plaira et qu'il naîtra des Noirs dans ton Afrique".
Louis Sala-Molin, auteur de Le Code Noir ou le calvaire de Canaan (1) estime que :
"Comparaison faites, je répète que le Code Noir versaillais me paraît être le texte juridique le plus monstrueux qu'aient produit les temps modernes. (...)En droit, tout crime exige réparation. Or, voici que, selon le Parlement français, l'imprescriptible de ce crime n'implique pas l'obligation juridique de réparation, mais un devoir moral de mémoire. (...)L'imprescriptible exige la réponse à trois questions, et à trois seules, une fois le crime défini:
-Que doit-on réparer?
-Qui doit réparer?
-Comment réparer?
On doit réparer tout ce qui, dans le crime en question, est juridiquement pondérable, mesurable, quantifiable."
Nous sommes en mars 1685, dans l'une des prestigieuses universités occidentales, La Sorbonne. Le Code Noir raconte une très longue histoire qui commence à Versaille, à la Cour du Roi Soleil, en mars 1685 et se termine à Paris en avril 1848 sous Arago, au début de l'éphémère IIème République. En très peu de pages, avec l'avidité qui convient au sérieux des lois, il raconte la vie et la mort de ceux qui n'ont pas d'histoire.
"ni la Raison, ni les Lumières, ni la Révolution, ni évidemment l'Empire n'ont pas tellement de quoi pouvoir faire honte aux voisins."

Le Code Noir en audio:

audio 1/2:

http://www.dailymotion.com/shemsoudiop


audio 2/2:

http://www.dailymotion.com/user/shemsoudiop/video/x87tw2_le-code-noir-audio-22_news

Histoire des Noirs en France et en Europe

Écoutez les vidéos du Professeur Jean Charles Coovi GOMEZ :

1. http://video.kemmiou.com/index.php?welches=view&wID=87

2. http://www.dailymotion.com/related/x2sfcn/video/x7ukmf_coovi-gomez-rexmira-relations-entre_news

Ouvrages conseillés sur ce thème:

1. Introduction à l'Histoire des Noirs en France. Jean Charles Coovi Gomez, Édition Ménaïbuc, Paris

2. Les Africains et leurs descendants en Europe avant le XXème siècle.

Cet ouvrage(2) est le premier de la Série Histoire des Africains en Europe (Collection ESSAIS HISTORIQUES) dirigée par Dieudonné Gnammankou et Yao Modzinou à l'inititaive de MAT Editions, une structure éditoriale mise en place par La Maison de l'Afrique à Toulouse (La M.A.T.) dirigée par Jean-Emmanuel Kamtchueng et Yao Modzinou.

Introduction
Par Dieudonné Gnammankou

Une histoire méconnue : Les Africains-Européens, grands absents de l’histoire culturelle européenne

Peut-on continuer à étudier, enseigner et diffuser l’histoire des sociétés européennes sans y intégrer (ou en ignorant totalement) la permanence de la présence africaine qui est documentée sur une période qui remonte à au moins quatre mille ans ? Dans certains cas, des figures illustres issues de ces migrations en provenance de l’Afrique sont si fortement ancrées dans l’histoire culturelle européenne qu’il ne vient à l’esprit de personne qu’il s’agit d’Africains nés en Afrique ou nés sur le sol européen d’un ou de deux parents africains ou qu’ils sont des descendants directs d’Africains installés en Europe (Septime Sévère, Térence, Saint Augustin, Dumas, Pouchkine pour ne citer que ceux-là).

Pourtant peu avant que le racisme pseudo-scientifique, qui accompagna en toute bonne conscience l’esclavagisme et plus tard le colonialisme, ne s’installe durablement en Europe, l’héritage africain dans la culture européenne était encore reconnu et célébré. Avant que Hegel ne réfute toute historicité à l’Afrique, voici ce que pensait il y a 275 ans un grand esprit allemand de la première moitié du XVIIIe siècle, Johan Gottfried Kraus1, Recteur de l’Université de Wittenberg (Allemagne) à l’occasion de la présentation de la thèse inaugurale du philosophe africain Anton Amo le 24 mai 1733 :

"Grande fut autrefois la considération dont jouissait l’Afrique tant pour son génie que pour son amour des lettres et son organisation religieuse. Ne donna-t-elle pas le jour à bien des hommes exceptionnels, qui, par leurs études, ont fondé la sagesse humaine et plus encore la connaissance de Dieu ? Nul dans le passé ou le présent n’a été jugé plus sage dans la vie civile, ou avoir plus de goût que TERENCE2 le Carthaginois. Grâce aux paroles pleines d’esprit socratique d’APULEE DE MADAURE3, PLATON semblait avoir retrouvé vie"

Pourquoi les livres d’histoire, les manuels et ouvrages populaires, les films de fiction ou documentaires et les pièces de théâtre sur des sujets historiques, les magazines de vulgarisation de l’histoire des pays européens, édités ou produits en Europe pendant le XXe siècle ont-ils quasiment tous ignoré cette histoire ? Les conséquences de ce trou noir dans la mémoire collective sont parfois dramatiques : par exemple, le phénotype noir étant associé « logiquement» à une origine extérieure à l’Europe, autrement dit à une présence récente (corrélée , forcément ? à l’immigration), des Noirs ou des descendants d’Africains, citoyens européens depuis des générations, se voient tous les jours rejetés des castings de films ou de théâtre avec le mépris et la condescendance des recruteurs leur jetant à la figure :
« il n’y a pas de rôle pour vous car il n’y avait pas de Noirs en France au Moyen-Âge »,
« il n’y avait pas de Noirs en France sous l’Ancien Régime » ou encore,
« les seuls rôles possibles de Noirs en France dans un film historique sur Louis XIV sont des rôles d’esclaves », etc.
Paradoxalement, ce sont eux qui doublent les acteurs noirs dans des films étrangers, où il est admis en principe qu’un Noir peut lui aussi, en tant qu’acteur, jouer tous les rôles. Dans la mémoire collective de nombre d’Européens d’aujourd’hui, il ne subsiste aucun souvenir d’une des nombreuses ambassades africaines reçues en grandes pompes dans les palais européens et au Vatican entre le XIVe et le XVIe siècle. Nul ne se souvient de Zyriab, ce Noir arabo-musulman né à Baghdad qui vécut à Cordoue au IXe siècle et qui pourtant marqua de son empreinte l’histoire de la musique et des arts poétique, gastronomique, vestimentaire, en un mot, l’histoire culturelle de l’Andalousie de son époque et bien des générations après9. Pourtant, si aujourd’hui en Europe on porte des vêtements différents selon les quatre grandes saisons, c’est grâce à Ziryab qui a créé cette mode au IXe siècle à Cordoue10.

"Même des personnages aussi éminents que populaires dans l’histoire culturelle de l’Europe comme Alexandre Dumas et Alexandre Pouchkine, tous deux descendants directs d’Africains, ne renvoient généralement pas à la présence africaine en Europe. Pourtant, qui n’a pas lu Dumas en France et qui n’a pas appris une poésie de Pouchkine en Russie ? Pourquoi cette amnésie historique partielle ? L’historienne britannique, Kate Lowe, apporte une réponse pertinente et d’une honnêteté inédite en la matière qui augure de l’écriture d’une nouvelle histoire de l’Europe plus conforme au passé européen. Les traces laissées par ces Africains noirs aux quinzième et seizième siècles ne sont pas invisibles, loin s’en faut. On les retrouve quasiment dans tous les types d’archives : documentaires, textuelles ou visuelles ; séculières ou ecclésiastiques ; de l’Europe du Nord ou du Sud ; réelles ou relevant de la littérature. Les raisons de leur invisibilité doivent être cherchées ailleurs ; dans les réalités des politiques nationales, dans les effets encore perceptibles de la colonisation européenne, et dans le carcan d’une certaine érudition historique de convenance ou en vogue.
L’histoire ancienne de l’installation des Africains noirs en diverses régions d’Europe a été niée pour des raisons politiques et raciales, et le sujet a été enterré avec succès jusqu’à la fin du vingtième siècle. C’est ainsi que, en règle générale et à quelques rares exceptions près, nonobstant l’abondance d’éléments matériels, toute référence d’archive ou image caractérisant des Africains noirs en Europe tombée dans le domaine public sera considérée comme un cas isolé. L’idée erronée de la rareté des documents relatifs à ce thème a été répandue grâce à la complicité des pratiques nationalistes des historiens européens."

1. HISTOIRE DES NOIRS DE FRANCE :
Partie 1:
Partie 2:
Partie 3:
2. L'IMAGE DES NOIRS DANS LES SOCIETES OCCIDENTALES
Méfiez vous des noirs :
3. Marginalisation des noirs par l'image:

4. Cyclone KATRINA : Une société divisée et raciste :
5. Les savants et inventeurs noirs :
6. La matrice est puissante :
7. COMPRENDRE L'ESCLAVAGE :
Sachez qu'il y a 2 avis divergeant : Celui des africains et celui des européens.
a) Interview de JPO :
b) Abolition de l'esclavage :
(Partie 1)
(Partie 2)
(Partie 3)
8. Les historiens européens et la traite négrière : Rien ne sert de mentir ?
9. La récréation est terminée pour O. P. Grenouilleau
10. La Françafrique de A à Z :
11. Comment l'aide humanitaire appauvri l'Afrique ?
12. Rwanda, la complicité de la France :
13. Découvrez la vérité caché sur les juifs et le SIDA en Afrique : (Hilary Koprowski : Un scientifique juif)
a) VIDEO : Les origines du sida :
b) Histoire du sida en Afrique du Sud :
c) Le SIDA dans l'Amérique Noire :
14. Le Comité des sanctions de l'ONU se réunit contre la Côte d'Ivoire :
15. Exécutions de leaders noirs :
16. La preuve du racisme institutionnel de l'État d'Israël vis à vis des noirs !
17. Video : Quand le FMI fabrique la misère :
18. Hugo Chávez dit « Ciao » à la Banque mondiale et au FMI :
19. L'Afrique : un continent riche !
20. Pour la dignité de l'Afrique, laissez-nous crever !

mercredi 12 août 2009

Recommandations de Léopold II, roi des Belges aux Prêtres en partance pour le Kongo en 1885

" Révérends Pères et Chers Compatriotes,

La tâche qui vous est confiée est très délicate à remplir et demande du TACT.
PRETRES, vous allez certes pour l'EVANGELISATION mais cette EVANGELISATION doit s'inspirer avant tout des INTERETS de la BELGIQUE.

Le BUT PRINCIPAL de votre MISSION au CONGO (KONGO DIA NTOTELA) n'est donc POINT D'APPRENDRE AUX NEGRES A CONNAITRE DIEU, CAR ILS LE CONNAISSENT DEJA.

Ils parlent et se soumettent à un MUNDI, un MUNGU, un DIAKOMBA et que sais-je encore; ils savent que TUER, VOLER, COUCHER avec la femme d'autrui , CALOMNIER et INJURIER est mauvais. Ayons donc le courage de l'avouer. VOUS N'IREZ DONC PAS LEUR APPRENDRE CE QUILS SAVENT DEJA.

Votre rôle essentiel est de faciliter leur tâche aux ADMINISTRATIFS et aux INDUSTRIELS. C'est dire donc que vous INTERPRETEREZ L'EVANGILE d'une façon qui serve à mieux PROTEGER NOS INTERETS dans cette partie du MONDE. Pour ce faire, vous veillerez entre autre à DESINTERESSER NOS SAUVAGES des RICHESSES DONT REGORGENT LEURS SOLS ET SOUS-SOL, pour éviter qu'ils s'y intéressent, qu'ils ne nous fassent pas une concurrence meutrière et rêvent un jour de nou déloger. Votre connaissance de l'Évangile vous permettra de trouver FACILEMENT des TEXTES recommandant aux fidèles d'aimer la pauvreté, tel par exemple :
HEUREUX LES PAUVRES CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX.
IL EST DIFFICILE AU RICHE D'ENTRER AU CIEL.

Vous ferez tout pour que les NEGRES aient peur de s'enrichir pour MERITER LE CIEL...
Vous devez les détacher et les faire MEPRISER TOUT ce qui leur procurerait le COURAGE DE NOUS AFFRONTER. Je fais allusion ici principalement à leurs FETICHES DE GUERRE. Qu'ils ne prétendent point ne pas les ABANDONNER et vous, vous mettrez tout en oeuvre pour les disparaître. Votre action doit porter ESSENTIELLEMENT sur les JEUNES afin qu'ils ne se REVOLTENT pas.
Si le commandement du Père est conducteur de celui des Parents, l'enfant devra apprendre à OBEIR à ce que lui RECOMMANDE le MISSIONNAIRE qui est le PERE DE SON AME. Insistez particulièrement sur la SOUMISSION et l'OBEISSANCE.

Evitez de DEVELOPPER L'ESPRIT CRITIQUE dans vos écoles. Apprenez aux élèves à CROIRE et NON A RAISONNER.

Ce sont-là, Chers Compatriotes, quelques-uns des PRINCIPES que vous appliquerez.
Vous en trouverez beaucoup d'autres dans les LIVRES qui vous seront remis à la fin de cette séance.
EVANGELISEZ les NEGRES à la MODE DES AFRICAINS, qu'ils restent TOUJOURS soumis aux COLONIALISTES BLANCS.
Qu'ils ne se REVOLTENT JAMAIS contre les INJUSTICES que ceux-ci leur feront SUBIR.
Faites leurs MEDITER chaque jour : HEUREUX CEUX QUI PLEURENT CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX. CONVERTISSEZ TOUJOURS DES NOIRS au moyen de la CHICOTTE. Gardez leurs femmes à la soumission pendant neuf mois afin qu'elle travaillent GRATUITEMENT POUR VOUS. Exigez ensuite qu'ils vous offrent en signe de reconnaissance des chèvres, poules, oeufs, chaque fois que vous visitez leurs villages. Faites tout pour éviter à jamais que les NOIRS NE DEVIENNENT RICHES.
Chantez chaque jour qu'il est IMPOSSIBLE au RICHE d'entrer au CIEL.
Faites leur PAYER une TAXE chaque semaine à la MESSE DU DIMANCHE . Utilisez ensuite cet argent prétendument destiné aux PAUVRES et transférez ainsi vos MISSIONS à des CENTRES COMMERCIAUX FLORISSANTS.

INSTITUEZ POUR EUX UN SYSTEME DE CONFESSION qui fera de VOUS de bons DETECTIVES pour démentir auprès des AUTORITES INVESTIES DU POUVOIR DE DECISION, TOUT NOIR QUI A UNE PRISE DE CONSCIENCE.

Dites aux NOIRS que leurs statuettes sont l'oeuvre de SATAN. Confisquez-les et allez remplir nos Musées (QUAI BRANLY) avec : de TUERVUREN (à BRUXELLES), du VATICAN . Faites OUBLIER AUX NOIRS LEURS ANCETRES (NZALA MPANDU, MAMA NKENGE LUFUMA, KONGO NIMI, MAMA NGUNU ,NSAKU, MPANZU , NZINGA, etc...)
Considérez tous les NOIRS comme des PETITS ENFANTS que vous devez continuez à tromper. Exiger qu'ils vous appellent tous : MON PERE.

Enseigner leurs une doctrine dont vous ne mettrez pas vous-mêmes les principes en pratique (souvenez -vous des plaintes de MAMA KIMPA VITA).
Et s'ils vous demandaient pourquoi vous comportez-vous CONTRAIREMENT à ce que vous PRECHEZ, répondez-leur que VOUS LES NOIRS SUIVEZ CE QUE NOUS VOUS DISONS ET NON CE QUE NOUS FAISONS.

Et s'ils répliquaient en vous faisant remarquer qu'une FOI SANS PRATIQUE est une FOI MORTE, fâchez-vous et répondez :
HEUREUX CEUX QUI CROIENT SANS PROTESTER.
Voilà donc Révérends Pères et compatriote ce que j'ai été prié de vous faire savoir en ce jour. Main dans la main, travaillons donc pour la grandeur de notre chère Patrie.
Vive le souverain. Vive la Belgique. "
1. Écoutez la vidéo de ce discours:
2. Écoutez la vidéo sur les atrocités de Léopold II au Kongo:
Léopold II (Léopold Louis Philippe Marie Victor), roi des Belges (9 avril 1835 - 17 décembre 1909), prince de Belgique, duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg-Gotha, duc de Brabant (1835-1865), souverain de l'État indépendant du Congo (1884-1908), a succédé à son père, Léopold Ier, sur le trône belge en 1865. Par sa mère Louise Marie d'Orléans, il est le petit-fils du roi Louis-Philippe Ier de France.

dimanche 2 août 2009

Asèt (Isis), la plus ancienne femme médecin ("Swnw")

"Selon les Égyptiens, Isis a inventé beaucoup de remèdes utiles à la santé, elle possède une grande expérience de la science médicale, et, devenue immortelle, elle se plaît à guérir les malades, elle se manifeste à eux sous sa forme naturelle, et apporte en songe des secours à ceux qui l'implorent ; enfin, elle se montre comme un être bienfaisant à ceux qui l'invoquent. La même Isis est appelée par les uns Déméter (Cérès), par les autres Thesmosphore, par d'autres encore Séléné (Lune) ou Héra ; plusieurs écrivains lui donnent tous ces noms à la fois. Quant à Osiris, les uns le nomment Sérapis, les autres Dionysus, d'autres encore Pluton ou Ammon ; quelques autres rappellent Jupiter, et beaucoup d'autres Pan. A l'appui de leur opinion, ils citent non pas des fables, comme les Grecs, mais des faits réels, et assurent que presque le monde entier leur rend ce témoignage par le culte offert à cette déesse pour son intervention dans la guérison des maladies. Elle se montre surtout aux souffrants pendant le sommeil, leur apporte des soulagements et guérit, contre toute attente, ceux qui lui obéissent. Bien des malades, que les médecins avaient désespéré de rétablir, ont été sauvés par elle ; un grand nombre d'aveugles ou d'estropiés guérissaient quand ils avaient recours à cette déesse. Elle inventa le remède qui donne l'immortalité : elle rappela à la vie, non seulement son fils Horus tué par les Titans, et dont le corps fut trouvé dans l'eau, mais elle lui procura l'immortalité. Horus paraît avoir été le dernier dieu qui ait régné en Egypte, après le départ de son père pour le séjour céleste. Horus signifie Apollon ; instruit par Isis, sa mère, dans la médecine et la divination, il rendit de grands services au genre humain par ses oracles et ses traitements des maladies."
"Je n'ignore pas que, suivant quelques historiens, les tombeaux de ces divinités existent à Nysa, en Arabie ; ce qui a fait donner à Dionysus le surnom de Nyséen. A chacune de ces divinités est élevée une colonne avec une inscription en caractères sacrés.
Sur celle d'Isis, on lit :

«Je suis Isis, reine de tout le pays ; élevée par Hermès, j'ai établi des lois que nul ne peut abolir. Je suis la fille aînée de Saturne, le plus jeune des dieux. Je suis la femme et la soeur du roi Osiris. C'est moi qui ai la première trouvée pour l'homme le fruit dont il se nourrit. Je suis la mère du roi Horus. Je me lève avec l'étoile du chien. C'est à moi qu'a été dédiée la ville de Bubaste. Salut, salut, ô Égypte, qui m'as nourrie !»


Sur la colonne d'Osiris est écrit :

«Mon père est Saturne, le plus jeune de tous les dieux ; je suis le roi Osiris, qui, à la tête d'une expédition, ai parcouru toute la terre jusqu'aux lieux inhabités des Indes et aux régions inclinées vers l'Ourse, jusqu'aux sources de I'Ister, et de là dans d'autres contrées jusqu'à l'Océan. Je suis le fils aîné de Saturne, je sortis d'un oeuf beau et noble, et je devins la semence qui est de la même origine que le jour. Et il n'y a pas un endroit de la terre que je n'aie visité, prodiguant à tous mes bienfaits»
".

Source: Bibliothèque Historique de Diodore de Sicile, Livre I

samedi 25 juillet 2009

La pseudo-bourgeoisie prébendiaire africaine !

« Des nationaux voltaïques entreprirent avec l’appui et la bénédiction de l’impérialisme, d’organiser le pillage systématique de notre pays. Des miettes de ce pillage qui leur retombent, ils se transforment petit à petit en une bourgeoisie véritablement parasitaire, ne sachant plus retenir leurs appétits voraces. Mus par leurs seuls intérêts égoïstes, ils ne reculeront désormais plus devant les moyens les plus malhonnêtes, développant à grande échelle la corruption, le détournement des deniers et de la chose publique, les trafics d’influence et la spéculation immobilière, pratiquant le favoritisme et le népotisme. Ainsi s’expliquent toutes les richesses matérielles et financières qu’ils ont pu accumuler sur le dos du peuple travailleur. Et non contents de vivre sur les rentes fabuleuses qu’ils tirent de l’exploitation éhontée de leurs biens mal acquis, ils jouent des pieds et des mains pour s’accaparer des responsabilités politiques qui leur permettront d’utiliser l’appareil étatique au profit de leur exploitation et de leur gabegie. »
Thomas Sankara
Oser inventer l’avenir, la parole de Sankara, 1983-1987
de Thomas Sankara et David Gakunzi, 1991.

jeudi 2 juillet 2009

Les Fonds Vautours

Selon la doctrine juridique dite de la dette odieuse, une dette doit être considérée comme nulle dès lors qu’elle a été contractée sans le consentement de la population (régime despotique, transaction viciée par la corruption…) et sans qu’elle n’en bénéficie, dès lors que ces premiers éléments sont connus du prêteur.
Voir à ce sujet la brochure « Dette odieuse, à qui profite la dette des pays du Sud ? », de la Plate-forme Dette & Développement.
Je me permet de porter à la connaissance des internautes et lecteurs de mon blogue un fait d'une extrême gravité relatif au rapport qui a été produit conjointement par la plateforme Dette & Développement (France) et le Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11, Belgique) (1)

Depuis 1971, l’endettement sans entrave est devenu un des piliers du système économique et du modèle de développement promus par les pays du G7. La dette est l'épée de Damoclès que les pays industrialisés entretiennent en permanence pour perpétuer le néo-impérialisme des pays du Sud. Des nouvelles formes de surenchère et de "partage du gâteau des laissés-pour-compte" a vu le jour: Les Fonds Vautours.
Mais, de quoi s'agit-il ?
D'après le rapport, les “fonds vautours” sont des fonds d’investissement spéculatifs. Ils tiennent ce surnom de leurs pratiques qui consistent à racheter à très bas prix des parts de la dette de pays du Sud, pour intenter ensuite des procès contre ces pays afin d’obtenir le paiement
intégral de la valeur faciale des cr éances, intérêts compris.
Par exemple,

FG Hemisphere se présente comme un fonds d’investissement privé. Ce fonds vautour a son siège dans l’État américain du Delaware, considéré par beaucoup comme un paradis fiscal. En septembre 2004, il rachète au rabais une créance impayée de 18 millions de dollars envers la SNEL, l’entreprise publique d’électricité de la République démocratique du Congo (RDC) (2).
La dette date des années 1980, l’époque de Mobutu. En 2007, il obtient une condamnation de la Cour d’appel du District de Columbia (États-Unis) qui oblige la RDC à lui payer 104 millions de dollars, intérêts inclus.
FG Hemisphere a recommencé l’opération sur d’autres créances : au total, il a racheté pour 35,9 millions de dollars de dettes congolaises et obtenu que les tribunaux condamnent la RDC à lui payer 151,9 millions de dollars2. Il lui restait à se faire payer. FG Hemisphere s’est d’abord cassé les dents en voulant saisir le cash que la Chine destinait à la RDC pour son colossal programme « infrastructures contre concessions minières ». Le 12 décembre 2008, le tribunal de Hong-Kong qui avait été saisi s’est en effet déclaré incompétent4. En janvier 2009, FG Hemisphere a eu gain de cause. Un tribunal sud-africain l’autorise à saisir pendant les 15 prochaines années les recettes escomptées par la SNEL sur le courant vendu à l’Afrique du Sud, estimées à 105 millions de dollars – ce qui représente deux fois et demi le budget de l’État congolais pour la santé en 2009 (3).
Les dérives du système criminel de la dette odieuse
D'après le rapport, le mode opératoire des fonds vautours est unanimement lénoncé : ces derniers rachètent sur le marché secondaire des dettes de pays pauvres à prix cassé, pour les contraindre ensuite par voie judiciaire à payer le montant initial de ces créances (leur "valeur nominale") et les intérêts qui s’y rapportent. Court-circuitant les initiatives multilatérales liées à la dette, ils tirent partie de l’appel d’air généré par les allégements concédés par les autres créanciers. Pourtant, les créanciers traditionnels que sont les pays riches auraient tout intérêt à anéantir les fonds vautours, car ceux-ci ne se soumettent à aucune régulation et s’accaparent le fruit des initiatives d’allégement de dette. La loi et certaines juridictions leur donnent raison. Grâce à un lobbying très efficace auprès de l’administration américaine, les fonds vautours font tout pour biaiser les règles du jeu à leur profit. Ils jouent avec la loi, mais cherchent parallèlement à s’y soustraire, par tous les moyens. Ainsi en est-il des vautours les plus en vue, tel Kenneth Dart, parti réfugier son butin de 6 milliards de dollars aux Îles Caïmans pour éviter l’impôt et les contrôles.

Il arrive cependant que certains fonds exercent des pressions qui aboutissent à des arrangements « extrajudiciaires» et au paiement par les pays pauvres de montants élevés sans qu’il y ait de passage devant les tribunaux. C’est le cas du fonds vautour de Kenneth B. Dart qui, en 1992, aurait racheté 4 % des bons du Trésor brésilien, d’une valeur de 1,4 milliard de dollars,
pour à peine 375 millions de dollars, puis refusé le compromis âprement négocié entre le gouvernement Cardoso et 750 banques, avant d’obtenir 980 millions de dollars, empochant ainsi une plus-value confortable de 605 millions sans recours à la justice (« out-of-court settlement »)
Les "Fonds Vautours", un véritable gangstérisme économique
-Rachat à d'autres créanciers-souvent des banques commerciales – de créances jugées irrécouvrables d’un pays à prix bradés sur un marché secondaire de la dette.

-Refus de participer avec les divers autres créanciers aux négociations de restructuration de la dette du pays concerné.

-Poursuite du pays débiteur devant la justice, pour l’essentiel soit à New York, soit au Royaume-Uni, en réclamant le remboursement intégral des créances (valeur d’origine, majorée des arriérés et intérêts de retard).
-Les fonds vautours obtiennent parfois du tribunal devant lequel est menée l’action en justice le statut de créanciers privilégiés : ils seront alors remboursés avant les autres. Dans le jargon, on parle d’un ordre de séniorité qui gèle le remboursement des dettes dues envers d’autres créanciers multilatéraux ou bilatéraux tant que le montant obtenu lors du jugement n’a pas été versé. Le pays débiteur craignant de mettre en péril sa crédibilité sur les marchés financiers accepte par conséquent de rembourser le fonds vautour en priorité.

-En général cependant, pour obtenir le paiement effectif, les fonds vautours tentent plutôt d’obtenir un titre exécutoire – une astreinte - qui leur permet de saisir ou faire peser une menace de saisie sur les actifs du pays qui se trouvent à l’extérieur de son territoire.
D'après le rapport, le Liberia, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Nicaragua, l’Ouganda, la Sierra Leone ou la RD C sont des États très fragiles qui n'ont pas les moyens ni l'expertise d'argumenter au cours de procédures judiciaires très perfectionnées.
PPTE poursuivis par les "Vautours" (nombres d'actions intentées contre les PPTE) (4)
-Libéria: 10
-Guyane: 8
-Congo Brazza: 8
-Cameroun: 7
-Ouganda: 7
-Nicaragua: 5
-Sierra Léone: 5
-RDC: 4
-Zambie: 3
-Éthiopie: 2
-Honduras: 1
-Mozambique: 1
-Niger: 1
-Sao Tome et Principe: 1
Selon le rapport, les "Fonds Vautours" ont déjà extorqué près de 2 milliards de dollars aux pays du Sud (5).
Sièges des Vautours les plus actifs (nombre d'actions intentés contre les PPTE)
-États-Unis: 15
-Paradis fiscaux britanniques: 12
-Royaume-Uni: 7
-Républiques Yougoslaves: 7
-Liban: 3
-France: 2
Les principaux "Vautours"
Les fonds vautours sont majoritairement d’origine anglosaxonne :
-Debt Advisory International,
-Elliott Associates L.P.,
-FG Hemisphere,
-Kensington International Ltd…
Les sociétés civiles des pays spoliés (pays du Sud) doivent urgemment agir !
D'après le rapport:
a) Il faut assécher le marché secondaire de la dette

Il convient d’édicter des normes juridiques au niveau national et international pour interdire la cession de créances souveraines dès lors que :

- L’acheteur est un fonds vautour identifié comme tel ou a son siège dans un paradis fiscal.

- Les acheteurs ne participent pas aux initiatives d'allégement de dettes telles que PPTE.

- Le consentement préalable des autorités représentatives du pays débiteur n’a pas été obtenu.
b) Instaurer une juridiction internationale pour régler les différends liés à l'endettement
Il faut créer un Tribunal International de la dette. Le rapport recommande de:
- créer une juridiction supranationale pour le règlement de tous les contentieux liés aux dettes
publiques.

- Mettre en application les principes du prêt responsable édictés par Eurodad et privilégier l’application du droit international public pour le contentieux relatif à la dette souveraine.
c) Faire prévaloir les dépenses publiques vitales sur les remboursements de dette
Pour cela, il faut "civiliser la mondialisation" et placer l'Homme au coeur des préoccupations. Il convient de:

- Redéfinir les indicateurs de viabilité de la dette sur la base de critères sociaux, afin d’annuler les dettes socialement insupportables et d’éviter un ré-endettement excessif des pays en développement.

- Interdire, par voie légale, aux créanciers de saisir les ressources affectées à la coopération au
développement.
d) Mettre fin à la domination des créanciers

À l’heure de l’équilibre des puissances sur la scène mondiale, il est temps de :

- Démocratiser les instances de traitement de la dette.
- Promouvoir et renforcer des processus d'audit pour fonder l'annulation des dettes odieuses et illégitimes.

Les fonds vautours soulèvent surtout la question du droit qui s’applique aux acteurs de l’endettement. Pas plus que face aux fonds vautours, le droit ne protège pour l’heure les pays en développement face à leurs autres créanciers, quand bien même le remboursement de la dette devrait s’opérer au détriment de dépenses vitales. Depuis plusieurs décennies, le FMI et la Banque mondiale requièrent le remboursement de sommes pourtant vitales pour les populations des pays du Sud. Jamais ils n’ont reconnu que leur responsabilité était engagée lorsqu’ils ont contribué à l’endettement de régimes dictatoriaux – en attendant, c’est la population qui règle la note.
Certains se voient accorder cent fois le montant qu’ils ont déboursé pour le rachat d’une créance. Le plus grand bénéfice de tous les temps ?
Références bibliographiques:
1. Ses principaux auteurs sont Gaspard Denis (CNCD-11.11.11), Jean Merckaert (CCFD-Terre Solidaire), Renaud Vivien (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde - CADTM), Yvanne Thobie (CCFD-Terre Solidaire, bénévole) et Marie Yared (World Vision France). Sous la conduite de Jean Merckaert, coordinateur de la plate-forme Dette & Développement.
2. Créance rachetée à la société bosniaque Energoinvest, après que celle-ci eut obtenu en 2003
un arbitrage en sa faveur. Cf. Arrêt de la Cour d’Appel du District de Columbia, 19 mai 2006.
3. Budget prévu de 24 milliards de francs congolais pour la santé, soit environ 41 millions de dollars US. 48 milliards FC sont budgétés pour le développement rural. Source : Kongo Times, 12 mars 2009.
4. Source: calcul à partir des données 2005-2008 du FMI et de la Banque mondiale.
5. Si le Rapport 2008 du FMI sur l’initiative PPTE avance le chiffre de 1,168 milliard de dollars, l’édition 2006 du même rapport évoquait un montant proche de 2 milliards de dollars.