samedi 19 mars 2011

La jeunesse africaine perdue entre destin, survie et rêve : Cas du Cameroun

Par Louis-Marie Kakdeu

Nous écrivons cet article en réaction à l’opinion écrasante qui propage l’idée selon laquelle l’avenir des jeunes africains se trouve dans le « voyage [en Occident] ». De nos jours, le jeune qui n’a pas « voyagé » est déprécié dans les milieux socioprofessionnels. Pour cette raison, des familles entières se mobilisent pour cotiser de l’argent afin d’envoyer un enfant « devant [en Occident] ». Cette conception critiquable de la réussite sociale est de nature à inquiéter en ce sens qu’elle s’installe déjà confortablement dans les discours politiques en Afrique comme en Occident. En marge du Conseil de l’Europe le vendredi 17 décembre 2010, le Président Français Nicolas Sarkozy lance un « ultimatum » au Président Gbagbo en ces termes : « Laurent Gbagbo et son épouse ont leur DESTIN ENTRE LEURS MAINS. (..) Ils seront nommément sur la liste des sanctions [interdiction de voyager en Europe et gel des avoirs] ».

Cet ultimatum nous intéresse parce qu’il implicite qu’aux yeux des Occidentaux, le grand « destin » qu’un Africain puisse avoir, est d’entrer en Europe et d’en disposer des biens de telle façon que si l’on empêche à un dissident d’y mettre les pieds, alors ce dernier n’aurait plus son destin « entre ses mains ».
Cette déclaration du Président Français est une autre grosse controverse sur l’histoire du peuple Noir après sa sortie de Dakar qui faisait état de ce que les Africains n’étaient pas encore entrés dans l’histoire.
A notre modeste avis, l’avenir des jeunes africains se joue autour de cette problématique de la révolution historique. Dans cet article, nous nous demandons si les jeunes seront prêts à accueillir cet événement qui arrive à grands galops sur le continent. Nous diagnostiquons, du point de vue de la manipulation psychique, deux grands groupes : les jeunes qui sont victimes du lavage de cerveau et ceux qui gardent leur discernement. Nous nous intéressons plus à ceux qui ont perdu leur esprit critique. Pour mieux rendre compte de cette situation, nous utilisons substantiellement comme données ou matériaux de base, l’implicite qui se dégage de l’imaginaire populaire des protagonistes au Cameroun. Nous ne traitons pas ici des « causes de surface » dites endogènes ou exogènes à savoir : la mauvaise gouvernance, la corruption, les détournements de deniers publics, les injustices, etc. Nous essayons de nous saisir des causes sous-jacentes (angl. « underlying realities »).

La clairvoyance pour la majorité des jeunes consiste à « voyager pour réaliser son destin [rêve] ». Dans notre société contemporaine, on confond « destin », « survie » et « rêve ». Selon cette logique de confusion, Dieu nous aurait créé Africains par erreur puisqu’il aurait dû nous créer « Occidentaux » afin que nous puissions accomplir notre destin. Ou encore, il nous a créé Africains d’abord pour que nous devenions Occidentaux par la suite afin d’accomplir notre « destin ». Ainsi, on entend les gens dire : « Mon gars, il faut suivre son destin [à Mbeng] ». On observe que la prière dominante dans les églises dites « africaines » en Occident est celle de demander à Dieu d’opérer « le miracle » afin que les fidèles issus de « l’immigration clandestine » soient « régularisés [obtiennent un titre de séjour valable ou un passeport] ». La logique défendue est de chercher d’abord « une situation en Occident [survie] » avant de rentrer plus tard en Afrique pour sauver les «morts-vivants [ceux qui, dans les milieux populaires, estiment qu’ils sont des survivants ou mieux, des cadavres réanimés]». En tout cas, cette conception de la vie en société a des répercussions sur les plans éducatif, économique et politique.

Sur le plan éducatif, le cadre légal est pourtant louable au Cameroun. Selon la loi n°98/004 du 14 avril 1998 portant orientation de l’éducation au Cameroun, l’État veille à l’article 5 entre autres à « la formation de citoyens enracinés dans leur culture, mais ouverts au monde et respectueux de l'intérêt général et du bien commun » et au « développement de la créativité, du sens de l'initiative et de l'esprit d'entreprise ». La mise en œuvre de cette loi est discutable en supposant qu’elle n’est pas devenue caduque avec la disparition du ministère de l’éducation nationale au début des années 2000. L’impact de la politique publique actuelle sur les jeunes est négatif en ce sens que ces derniers perdent leur identité nationale au profit de celle de l’Occident. Un jeune, au niveau du baccalauréat général, n’a aucune compétence susceptible de lui permettre de transformer son environnement.
Il est formé pour aimer « la belle France » et tourner en dérision « le Cameroun pourri ». Comment envisage-t-on l’avenir du Cameroun quand les jeunes dans leur majorité ont le déni de leur pays ? Au sein de la diaspora, l’essentiel des jeunes « allés se chercher [survie] » changent à jamais de nom ou de nationalité, « watchisent [veulent être plus Blanc que les Blancs eux-mêmes] » et perdent l’envie de rentrer pour travailler à l’émergence de leur pays. Au pays, les jeunes dans leur majorité ne rêvent que de partir à l’étranger. Tous, sinon chacun, a son « projet ».

Des pays comme le Canada, les États-Unis ou la France pratiquent sous une forme ou sous une autre, « l’immigration choisie ». En clair, on choisit les plus valeureux qui aideront à poursuivre le développement de l’Occident. Pendant plus de quatre siècles de traite négrière, c’est ce même procédé qui consistait à prendre les Africains valeureux pour aller construire l’Amérique et plus tard, l’Europe. Et qui restera travailler pour le développement du Cameroun en particulier et de l’Afrique en général ? Toutes les railleries qui accompagnent ceux des jeunes de la diaspora qui ambitionnent de retourner au pays, montrent que l’ampleur du mal est profonde.

Sur le plan économique, on constate que les économies agricoles comme celle du Cameroun génèrent des citoyens affamés. En réalité, on constate que les riches de facto sont devenus les pauvres de jure. Pendant une promenade dans une rue en Europe, on peut être choqué lorsqu’on se fait interpellé par une association humanitaire qui dit : « Bonjour, en donnant un euro, vous pouvez contribuer à nourrir une famille en Afrique ». Au parjure !
Comment se fait-il que ceux qui à 65% pratiquent une activité agricole se retrouvent en train de dépendre des miettes que l’on collecte dans les rues de l’Occident dans un « élan de cœur » appelé « Action contre la faim » ? La réponse se trouve en partie dans le système de fonctionnement actuel de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui dispose des règles déloyales et impérialistes permettant d’exploiter les pays du Sud au profit de ceux du Nord.


Comme dans le système bancaire actuel, on observe que ce sont les économies que font les pauvres qui permettent de faire vivre les riches. Si vraiment les membres de la Communauté internationale qui sont aussi membres de l’OMC voulaient mettre fin à la misère dans les pays du Sud, alors ils rendraient le commerce plus équitable. Le 14/12/2011 au Conseil général, le Directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, appelait les négociateurs commerciaux à « sortir de leur zone de confort pour parvenir à un accord » et s’engager quant au fond sur une base « sans préjudice ». En attendant que ce rêve soit réalité, il est à constater que ces accords constituent un lourd fardeau pour la jeunesse africaine. Une autre partie de la réponse se trouve dans la politique monétaire qui lie la France et ses anciennes colonies.

En effet, les Africains de la zone du Franc CFA font l’agriculture pour avoir des « devises » et non pour « se nourrir ». Les 50% de ces devises restent en France et le reste ne suffit pas pour garantir l’autosatisfaction alimentaire en Afrique. Il appartient aux jeunes agriculteurs de rompre avec cette spirale infernale en cultivant prioritairement ce qui entre dans les habitudes alimentaires locales et de ne songer à vendre que l’excédent de leurs productions.

Malheureusement, on observe dans le mouvement d’exode rural accentué que les jeunes propriétaires terriens et héritiers des adultes qui approvisionnaient jadis le marché local, abandonnent leurs plantations souvent plantées pour aller pratiquer l’activité de moto-taxi en ville. Ces jeunes sont victimes de la manipulation ou du lavage de cerveau au sens d’Esquerre (2002) ou de Laurens (2003). Un rapport de pouvoir dominant de la Banque Mondiale en particulier les contrôle psychiquement et fait état de ce qu’ils resteront pauvres s’ils ne produisent pas « deux dollars [en espèce] par jour ».

Ainsi, c’est tout logiquement et en adéquation avec la tendance dominante que les jeunes abandonnent les richesses de leurs parents en campagne pour aller en ville gagner l’équivalent de « deux dollars » en vivant dans la promiscuité ou la précarité totale. Ces jeunes sont victimes d'une force quasiment irrésistible qui les pousse à faire ou à penser des choses non propices pour eux, une force qui finalement conduit à leur perte.
Par le fonctionnement sous-jacent de notre société, les impérialistes ont fait une intrusion dans la vie de nos jeunes et causent un véritable viol de la conscience ou de leur volonté. Ce ne sont plus eux qui expriment leur volonté ou qui agissent, mais c'est la volonté des impérialistes qui est entrée en eux et qui agit à travers eux (sentiment de possession). Ce phénomène bien décrit par les spécialistes de la manipulation est d’actualité et mérite une attention particulière. On peut comprendre que les impérialistes soient satisfaits de l’évolution de nos sociétés « à civiliser » et militent passionnément pour la démocratie en Afrique parce que ce système leur permet de s’exprimer à travers les Africains dont ils possèdent la conscience. Toutefois, la jeunesse devrait pouvoir consommer la démocratie avec modération c’est-à-dire sans oublier que son inconvénient est la dictature de la majorité, surtout dans notre contexte africain où la majorité est encore peu éclairée.

Sur le plan politique, la jeunesse Camerounaise est désœuvrée. Le gouvernement ne propose aucune prospective crédible et susceptible de permettre de faire face au lessivage culturel et stratégique des jeunes. Pendant que les politiques s’égarent « du 1er au 31 » dans un cercle vicieux de campagnes électorales ou de batailles fratricides pour le contrôle de la «mangeoire suprême [appareil de l’État]» dans une logique de « pousses-toi, je m’assois aussi », les activités de lavage de cerveau des jeunes se poursuivent.

Les outils sont entre autres :

- La télévision et la radio : l’incapacité chronique de la CRTV à faire des productions locales est une fatalité pour l’identité camerounaise dans ce siècle de la communication. L’État du Cameroun est plus préoccupé dans son « budget de la consommation » par le renforcement des armes militaires que par le renforcement des armes de la communication. En bref, le Cameroun est forcé par une « supra-autorité malsaine [impérialiste]» de garantir le marché de consommation des produits militaires qui fondent l’économie occidentale au lieu d’accentuer son budget, de façon souveraine, sur la formation de son opinion publique comme c’est le cas partout ailleurs dans ce siècle.
En clair, on n’arrivera pas à développer les gens qui ne veulent pas de ce développement à moins que ce soit la copie d’un mode de développement qui vient d’ailleurs (rêves ou fantasmes de l’étranger). Il est à penser qu’en l’état, le gouvernement en place perdra la guerre de la communication qui permettra de contrôler le Pouvoir dans les années à venir. En attendant, on constate que les jeunes sont des fans du « câble [chaînes étrangères] ». Même dans les villages à peine électrifiés, on suit mieux l’actualité occidentale que l’actualité nationale. Les jeunes suivent des chaînes dont la ligne éditoriale est de ne s’intéresser qu’aux faits divers en Afrique. Ainsi, ces jeunes subissent au sein de leur propre pays, la perversion à travers « les idées reçues » (Courade, 2006) qui vont dans le sens de ce que : « l’Afrique est pauvre », « c’est un continent des misères », « il n’y a pas de démocratie », « il n’y a que des coups d’État », « l’Afrique, ça ne vaut pas la peine », « la famine touche les enfants », etc.

Les jeunes Africains subissent cette politique éditoriale qui vise à faire table rase des activités d’impérialisme et de dresser l’opinion occidentale contre les immigrés ou « envahisseurs » Africains. On entend : « ils sont encombrants », « ils viennent prendre notre travail », « ils sont une charge pour le contribuable », etc. Le jeune occidental est comme ce fils de trafiquant ou de détourneur de deniers publics qui sait que son père est riche et ignore ce que ce dernier fait pour être riche.

- Le visa pour « voyager » et les titres de séjour pour vivre sur place. Le jeune qui veut aller étudier ou travailler en Occident doit remplir les critères de l’immigration choisie. En gros, il doit être excellent sur le plan scolaire et accepter de mourir culturellement pour renaître dans le moule occidental. C’est la culture du « monde civilisé ». Cette activité de lavage de cerveau et d’assimilation culturelle est dramatique. On amène nos jeunes à renier leurs origines voire leur existence. Le spectacle est désolant sur la place occidentale : Quand vous parlez de l’actualité camerounaise à un jeune, vous avez la chance une fois sur deux d’entendre : « Non ! Non ! Merci ! Je ne suis plus ça ! [avec un air de déni] ». Ces clichés que les jeunes développent sur leur propre pays sont inquiétants sur le plan stratégique. Cela renseigne sur l’échec du management stratégique de la jeunesse Camerounaise en particulier et Africaine en général.


- Les bourses d’études. Le gouvernement camerounais n’offre plus de façon autonome les bourses d’études à ses citoyens ; ce sont les Occidentaux qui le font en majorité à sa place. Mais, ces derniers ne prennent légitimement en charge un jeune Africain que s’ils trouvent en lui, un potentiel pilier pour défendre leurs intérêts. Par exemple, de façon stratégique, les Occidentaux qui ont peur de l’émergence de la Chine accueillent des jeunes Chinois dans l’espoir que ces derniers seront les futurs leaders de la Chine. Et de façon stratégique, le gouvernement Chinois travaille de son côté à éviter l’accomplissement du lavage de cerveau de ses citoyens qui étudient en Occident. Au contraire, les étudiants chinois sont, en Occident, un maillon fort du renseignement ou de la veille stratégique qui permet l’émergence de leur pays.

La fatalité que nous relevons ici vient de ce que les jeunes leaders Camerounais en particulier et Africains en général sont formés au goût des impérialistes. En termes d’enjeux de société et de prospective, le Cameroun sera occidental dans l’avenir. Il faut dire que les Dragons de l’Asie (la Corée du Sud, Hong Kong, Singapour, Taïwan, République populaire de Chine) inquiètent l’Occident parce qu’ils ont pris le chemin inverse pour se développer. Une des stratégies payantes a été le développement de ce que l’on a appelé les « Home-Made Specialists [Cadres formés pour la cause de leurs pays d’origine] ». En bref, afin d’autonomiser ses futurs cadres, les Dragons avaient eux-mêmes supporté les frais de formation de leurs jeunes à l’étranger. A travers une politique migratoire réussie, ils les ont fait des propositions de travail alléchantes dans leurs pays d’origine à l’issu de leurs formations respectives.

Et par conséquent, cette génération de HMS a su développer l’Asie mieux que l’Occident. Ce rêve est loin d’être une réalité au Cameroun. Après sa formation en Occident, le jeune diplômé ne sait pas ce qu’il retourne faire au pays et il se retrouve en train de faire le jeu de l’Occident pour « survivre ». Avec un Président qui est au pouvoir depuis 28 ans, le jeune « prisonnier du désespoir » se retrouve en train de devoir choisir entre « destin », « survie » et « rêve ». Il finit par « foncer » sur l’axe de la dénonciation de la dictature et des violations des droits de l’homme pour avoir une aura favorable susceptible de lui permettre de vivre en Occident.

On entend le Président Biya dire que la jeunesse est le fer de lance de la Nation ou mieux, le « Cameroun de demain ». D’accord ! Mais, projetons-nous en l’an 2035. Que se passerait-il ? On sait qu’en 2004, le Président Biya avait donné rendez-vous à ses «Assassins» dans 20 ans. Par conséquent, on peut envisager que la « Génération privilégiée » qui dirige le pays depuis 1960 sera passée en 2024. Et ensuite ? On peut être au moins sûr qu’à ce moment-là, la qualité de vie se serait considérablement dégradée en Occident avec entre autres le vieillissement de la population et l’augmentation de la précarité du travail et des retraites.

L’excédent de la population misérable occidentale aurait envahi l’Afrique. Les jeunes africains seront-ils prêts à en tirer profit ? Pas sûr car, ils abandonnent leurs richesses et s’enfuient vers l’extérieur pendant que les Occidentaux pauvres s’installent ! De nos jours et de façon géostratégique, les étrangers ont déjà acheté toutes les belles vues sur la plage ainsi que tout ce qui pourrait être beau en Afrique. Au nom de la démocratie et du respect des droits de l’homme, les jeunes africains risquent d’être des spectateurs de la révolution historique sur leur propre continent. Actuellement, la montée de l’extrême droite nourrit le sentiment d’hostilité en Europe : on est en train de chasser les jeunes Africains de l’Occident alors que les européens viendront vivre à l’aise en Afrique demain.

Dans sa déclaration de Dakar, le Président Sarkozy pouvait aussi avoir voulu impliquer que les Africains ne savent pas encore faire de la prospective ; ils ne savent pas encore lire stratégiquement de quel côté tournera l’histoire dans 50 ans. Ils vivent au jour le jour au lieu de prévoir ! Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ?

En bref, on observe que les jeunes Africains abandonnent leurs richesses en campagne pour aller vivre dans la précarité en ville (exode rural). De même, ils abandonnent leurs richesses en Afrique pour aller vivre dans la précarité en Occident même s’ils ne le reconnaissent jamais à leur retour en Afrique par peur de railleries diverses. C’est purement et simplement un problème de complexe. La vie est « finie » en Occident et les enjeux seront importants en Afrique dans le futur. C’est cet enjeu qui se joue déjà en Côte d’Ivoire avec un conflit postélectoral qui vise tout sauf la promotion de la démocratie. La vie est devenue impossible au Portugal par exemple et allez voir maintenant en Angola comment les Portugais immigrent par milliers et profitent de la splendeur de ce pays divisé pendant que les jeunes angolais eux-mêmes « cherchent à aller au Portugal [n’ont pas encore pris conscience de la révolution historique qui s’opère]». Il ne s’agit pas de rejeter l’Occident mais, d’être stratégiquement prêts à accueillir la révolution sur le continent.

Il s’agit d’être prêt à traiter d’égal à égal. Aucune prospective n’est convaincante à ce sujet. Le ministère de la jeunesse s’occupe prioritairement de l’organisation des défilés et des autres événements de ce genre qui voient la présence du Chef de l’Etat. Dans les faits, le mot « jeunesse » est abusif dans ce ministère. Il s’agit scientifiquement du ministère de l’animation sociale qui s’occupe des activités non formelle (activités extrascolaires y compris l’éducation des adultes). La prospective est rattachée au ministère de l’économie (ancien ministère du plan). Mais, la polémique suscitée par les résultats jugés non convaincants du recensement général de la population de 2005 renseigne sur la qualité du travail qu’on fait dans ce ministère.

Les jeunes qui réussissent de nos jours sont ceux qui se prennent eux-mêmes en charge. Le gouvernement est surpris comme tout le monde par leurs succès. Nos « héros nationaux » du football par exemple sont des anciens laissés-pour-compte que le hasard a conduits au podium. Nous sommes encore dans la logique de nos aïeux selon laquelle l’enfant est une richesse : « On accouche en abondance dans l’espoir qu’au moins un seul réussira quel que soit le cas ». La priorité de nos jours au Cameroun est d’investir dans le prospective car, le management stratégique du pays est défectueux. Le Cameroun ne peut pas par exemple débourser 500 milliards de F CFA comme en 2009 pour importer les aliments (donner du travail aux étrangers) alors que le taux du chômage atteint les 30% à l’interne (refus du travail aux contribuables Camerounais).


Dans l’agriculture au sens large (y compris élevage et pêche), une étude que nous avons menée entre 2003 et 2008 dans les banlieues des métropoles Douala et Yaoundé (rayon de 70 km), fait état de ce que les paysans ont besoin d’un appui élémentaire pour tripler leurs productions et permettre ainsi au Cameroun d’être à l’abris des « émeutes de la faim » et de toutes les actes de barbarie qui ont suivis en 2008. Leurs besoins élémentaires d’ordre technique et matériel pouvaient être chiffrés entre 300 mille et 1 million de francs CFA.

Par conséquent, en trouvant des astuces pour contourner les règles de l’OMC comme le gouvernement a su en trouver pour acheter l’albatros, on peut mettre simplement 10 milliards de francs CFA à disposition dans le cadre d’une coopérative pour subventionner entre 10 et 30 mille GICs et créer entre 30 et 70 mille emplois directs dans l’agriculture et ce, en 6 mois. Le gouvernement en a les moyens mais, paradoxalement, il donne du travail aux étrangers pendant qu’à l’étranger, on chasse les Camerounais.

Il est incompréhensible qu’au moment où le gouvernement dépense les 1/6 du budget national pour importer les aliments, il réprime à sang les activistes de l’ADDIC par exemple qui faisaient état de ce qu’un apport de 4 milliards de Francs CFA seulement suffisait pour produire le maïs de façon à garantir la sécurité alimentaire des Camerounais et de protéger le secteur agricole. Cela fait état de ce qu’il y a encore des décisions stratégiques à prendre à ce niveau. Une fois de plus, le discours du Président Biya à l’ouverture du Comice agropastoral national d’Ebolowa le 17 janvier 2011 a fait table rase de l’opérationnalité de la mise en œuvre d’une telle réforme agraire qu’il appelle « nouvelle politique agricole ». Comme il le dit lui-même dans ses discours depuis 2006, il faut passer des discours aux actes : « Avons-nous le droit d’hésiter ? », « chaque jour compte. Alors, assez tergiversé. Entrons dans la mêlée » pour une jeunesse plus prospère!

Source :
http://www.lepost.fr/article/2011/03/11/2431898_la-jeunesse-africaine-perdue-entre-destin-survie-et-reve-cas-du-cameroun.html

« Génération sacrifiée » Vs « Génération privilégiée » : la logique de deux lobbies qui s’affrontent au Cameroun

Par Louise-Marie Kakdeu

Problème politique

La Génération qui s’estime « sacrifiée » veut renverser la Génération dite « privilégiée » qui dirige le pays depuis des décennies et qui se donne des privilèges insolents encore appelés dans l’imaginaire populaire « signes extérieurs de richesse ».

Coalition des acteurs

Au Cameroun, on parle de « Génération privilégiée » en référence aux « privilèges » qu’avaient les jeunes de la génération postindépendance et qui n’existent plus de nos jours. Il s’agit des facilités que l’on pouvait avoir dans le cursus éducatif, l’emploi, la qualité de vie, etc. Par opposition, on parle aussi de « Génération sacrifiée » en référence aux jeunes nés sous le Renouveau dans les années 1980 et qui connaissent des problèmes d’identité et d’intégration socioprofessionnelle.
Ainsi, on relève à foison dans l’imaginaire populaire des accusations des jeunes ou de leurs parents allant dans le sens de ce que : « l’école d’aujourd’hui n’est plus l’école », « Paul Biya a coupé la bourse aux étudiants », « le travail est devenu njindja [rare] », « tu boulot, tu boulot mais, où sont les dos [le travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur] », « le dehors est gâté [les temps ont changé] », « on ne ya plus sa tête sur ce pays [on est désillusionné par les réalités du pays] », « on est là mon gars, on va faire comment ? [on a marre de subir les difficultés du quotidien] », « le Cameroun me fatigue [décourage inlassablement] », « le Cameroun est pourri [invivable] », « on va aller se chercher [il n’y a plus d’espoir au Cameroun] », etc. De telles représentations de la réalité de la vie sociale au Cameroun font appel à la recherche d’un bouc-émissaire. Et comme le montrent les sociologues, le tort est prioritairement rejeté sur le pouvoir en place.

Cela nous permet d’avoir la deuxième acception du mot « sacrifié ». En effet, la spécificité du Cameroun sur le plan politico-administratif (interaction entre les acteurs ou « politics ») est l’abondance des gens de la « Génération Biya [plus de 70 ans] » dans le cercle du pouvoir. On entend dire : « ce sont les gens qui sont là jusqu’à la mort ». Cela révèle l’existence des états d’âme qui se sentent écartés, voire même « marginalisés » de la gestion de l’Etat. Par conséquent, les lésés se disent « sacrifiés » pourtant, ils sont la plaque tournante de la vie active. On estime que les jeunes de moins de 35 ans constituent environ 75% de la population active en Afrique centrale. Cette polémique trouve sa justification chez Machiavel ou encore plus loin, dans la société antique d’Athènes où les adversaires de la démocratie conçue comme Loi de la majorité faisaient état de ce que cette ordre des choses est contre-nature car, disaient-ils, « c’est toujours la minorité qui dirige la majorité » dans les faits.

D’autre part, ceux qui sont à la « mangeoire suprême [appareil de l’Etat] » et qui sont accusés d’avoir « sacrifiés » les jeunes du Renouveau, estiment plutôt que les jeunes « d’aujourd’hui » appartiennent à une « Génération privilégiée » en référence au fait que les bienfaits de la libéralisation en général et de la liberté d’expression en particulier qui sont l’œuvre du « Père du Renouveau [Paul Biya] », n’existait pas à l’époque du parti unique dirigé de main de fer par le Président Ahidjo.
De plus, ils estiment que les bienfaits du développement technologique dans la facilitation de la vie sociale sont un « privilège » que les jeunes qui vivaient « autrefois dans la barbarie » d’après les paroles de leur hymne nationale, n’ont pas connu. Dans l’imaginaire des membres de la « mangeoire », c’est souvent récurrent d’entendre : « aujourd’hui, tu peux tourner sur un boulon au mûr et l’eau coule, est-ce que nous avions ça ? », « ils ont les routes et ils se plaignent ! », « tu prends ton téléphone et tu appelles quelqu’un ; nous, on devait parcourir des kilomètres à pied pour transmettre nos messages ! », « aujourd’hui, vous avez l’école à côté, bref, tout est facile pour vous ! », etc.


Fondement biaisé

Ce débat est fondé sur une base de comparaison biaisée parce que, tel que présenté, il n’est pas faisable d’isoler la variable « jeune » compte tenu de l’évolution du contexte. De même, ceux qui, dans l’évaluation de la politique de la jeunesse sous le Renouveau postulent que le Président Paul Biya est la cause du désœuvrement des jeunes de nos jours, ne peuvent pas s’appuyer sur les standards d’évaluation reconnus car, la variable « Paul Biya [mauvaise gouvernance et corruption] » n’est pas la seule variable explicative.
Il convient donc, dans un modèle de causalité plus fiable, d’étendre la réflexion sur les racines du problème. En d’autres termes, il n’est pas juste, comme le postulent les défenseurs acharnés de l’alternance au pouvoir, de faire penser que le remplacement de la variable « Président Biya » par « Président X » sera la solution plausible aux problèmes de la jeunesse. Tout en respectant le point de vue de ces personnes, nous écrivons cet article en réaction à une partie de l’opinion qui soutient la navigation à vue.

Hypothèse d’intervention

Avec les moyens intellectuels disponibles au Cameroun de nos jours, il est possible de déclencher le changement sociopolitique en minimisant les risques de débordement et en évitant de détruire les acquis à l’ivoirienne. Il est raisonnablement inacceptable pour ceux qui s’estiment « sacrifiés » de fonder leur espoir politique sur le leurre qu’après Biya, le « hasard » conduira un ange au pouvoir. Le pragmatisme nous commande aujourd’hui d’abandonner l’opportunisme politique pour focaliser la réflexion sur les vraies solutions d’ordre opérationnel susceptibles d’être profitables à long terme.

Ceux qui revendiquent leur appartenance aux raisonnements pragmatiques, doivent être sensibles aux fonds de la pensée de Charles Sanders Pierce, fondateur du pragmatisme, qui pose quatre piliers susceptibles de permettre de bâtir une réflexion crédible sur le fonctionnement sous-jacent de la société : il s’agit de l’autorité, de la ténacité, de l’a priori et de l’empirisme. En gros, la logique de la gestion de la société n’est pas objective et équitable. En effet, si l’on prend une question comme celle de la justice sociale, Pierce nous incite à envisager que ce qui est juste, n’est juste que par rapport à l’autorité de ceux qui le disent, à la ténacité qu’ils utilisent pour défendre leur point de vue, à la force des a priori rendant favorable leur vision et à la place de leur vision dans les connaissances empiriques sur le sujet.
Cela permet de mieux comprendre un certain nombre d’assertions qui existent et qui renseignent à suffisance sur le fonctionnement sous-jacent de notre société : « tant que Yaoundé respire, le Cameroun vit », « Yaoundé est notre village », « Bamenda a eu SON université, Maroua a eu SON université, l’Est revendique aussi SON université, le Sud n’a pas eu SON université, etc. », « la politique aux politiciens et l’école aux écoliers », « le Cameroun c’est le Cameroun », etc.

En clair, si nous voulons résoudre le problème de notre jeunesse, nous devons, dans une espèce de démarche générativiste, admettre l’existence d’un archi-trait sous-jacent ou d’un facteur majeur qui chapote tous les autres facteurs mineurs qu’on déplore en surface au niveau national. Nous ne parlons pas ici en termes de facteurs endogène et exogène. Nous indexons la « mafia » souterraine qui conditionne la mise en œuvre officielle des politiques publiques.
Il est légitime de penser que le problème du Cameroun en particulier et de l’Afrique Noire en général, n’est pas celui du manque du savoir ou du savoir-faire. Peut-être, il s’agit d’un manque du savoir-être. Mais, à toute évidence, en ce jour, force est de constater qu’on sait exactement ce qui ne marche pas et les solutions appropriées. Le problème réel réside dans le manque de volonté opérationnelle de mettre en œuvre les vraies solutions. On prescrit expressément le faux médicament au malade. Ou mieux, on lui donne des solutions palliatives au lieu de le guérir définitivement. Pourquoi cette « mafia [méchanceté] » ?

Une hypothèse plausible est de reconnaître que nous vivons aujourd’hui dans un monde acquis à la cause d’une « Autorité malsaine » qui défend avec une Ténacité déloyale ses intérêts partout où cela est nécessaire en diffusant à profusion des « Idées reçues » sur le Tiers-monde et en s’appuyant sur un Empirisme qu’il fabrique lui-même (« L’Afrique n’est pas encore entrée dans l’Histoire [et par conséquent, il faut lui tenir la main] », « ce qui est bon pour la France est bon pour l’Afrique [les Africains sont des citoyens gros-bébés qu’il faut nourrir au biberon] », etc.). Il est pensable que les « Autorités nationales » échouent de résister à « l’Autorité internationale » malsaine ou écrasante et que les premiers finissent par mettre sur pied les mêmes types de fonctionnement malsains au sein de leur pays.
Nous sommes dans un cercle vicieux préoccupant. Si l’on remplace le Président Biya par un Président X, ce dernier sera obligé de se soumettre à « l’Autorité internationale » malsaine pour régner. Kakdeu (2010c) qui a étudié le discours des putschistes en Afrique Noire Francophone révèle que ceux des putschistes qui ont pu régner sont aussi ceux qui ont finalement arrimé leurs discours aux normes des « idées reçues » promues par l’Autorité internationale malgré le fait que leur motivation de base était de lutter contre le chao social. Ils disaient : « Les militaires veillent à la défense de l’intégrité du territoire », « Nous avons pris en main nos responsabilités ». Et ils finissent par dire : « Nous voulons instaurer la démocratie [réseau de la Françafrique] », « nous respectons la volonté de la communauté internationale ».

Les deux derniers putschistes en date à savoir Sékouba Konaté de la Guinée et Salou Djibo du Niger faisaient ressortir dans leurs discours, la soumission aux « pressions » de la Communauté internationale d’une part et de leurs peuples d’autre part. Et quand on sait que les intérêts des membres de la Communauté internationale qui sont encore ceux qui pratiquent l’impérialisme, sont drastiquement opposés aux intérêts des populations africaines, on comprend pourquoi, même les militaires qui « prennent leurs responsabilités », n’arrivent pas à mettre fin aux chaos sociaux vécus en Afrique. Dans les faits, quand ils prennent le pouvoir, ils finissent toujours par « entrer dans la danse » à défaut de se faire assassiner ou renverser. Ceci nous inspire que la politique de la jeunesse doit être stratégique et minutieusement orientée vers le développement de leur pays.

Une autre hypothèse plausible est de penser que la solution viendra de la rue comme en Tunisie ou en Égypte. Mais, la rue peut renverser même le meilleur Président du monde à cause de la traversée d’une mauvaise conjoncture. La vraie et meilleure solution reste la consolidation des institutions souveraines. Il ne faut jamais oublier qu’une grande démocratie est faite d’institutions fortes. Les Amoureux du changement doivent être sensibles au fait que la stratégie « d’ici et maintenant » a conduit nos nationalistes à rater l’équation des indépendances. Il faut en tirer des leçons. Les institutions sont fortes lorsque toutes les parties prenantes les respectent indépendamment de l’intervention de la communauté internationale.
Pour que les institutions soient fortes, il faut que l’opposition par exemple joue sa partition. Une certaine opinion publique est toujours portée maladroitement à critiquer Paul Biya sans réclamer le bilan des 20 ans d’opposition de Ni John Fru Ndi et compagnie. Un Président peut-il réussir la construction d’un pays sans forces alternatives ? Les oppositions camerounaises ont été beaucoup plus opportunistes, affamés et soucieux de leurs ventres dans une logique de « pousses-toi et je m’assois aussi ».

L’actualité au Cameroun qui fait état du lancement du recrutement de 25000 jeunes dans la fonction publique révèle une fois de plus une Opposition à court d’idées face à un Pouvoir qui sombre dans l’hésitation. Il faut relever par exemple que la mise en œuvre de cette mesure populiste par le gouvernement Biya nécessite la mobilisation d’une enveloppe budgétaire d’environ 50 milliards F CFA par an. Cela est curieux au moment où le budget de la République du Cameroun en 2011 a été revu à la baisse. En supposant qu’il ne s’agit pas d’une farce politique ou que les résultats n’attendront pas cinq ans pour être connus comme ceux du recensement général de la population de 2005, on peut relever au moins deux choses :

1- Le gouvernement du Cameroun dispose d’une caisse publique occulte et non déclarée qui consolide les accusations de mauvaise gouvernance tant décriées. La jeunesse de la génération « sacrifiée » peut légitimement continuer à faire des revendications afin de puiser dans ces fonds occultes non-comptabilisés.

2- Le gouvernement du Cameroun ne résout pas les problèmes de la jeunesse qui s’estime « sacrifiée » depuis 28 ans par pur manque de volonté politique car, en un an, le Président Biya aurait fait ce qu’il n’a pas fait en 28 ans. En clair, il n’est pas sûr qu’il ait recruté 25 000 personnes dans la fonction publique depuis son accession au pouvoir en 1982.

Dans un Etat qui se réclame démocratique, le gouvernement Biya devrait donner des explications sur le mode de financement de cette mesure exceptionnelle. Sinon, la « Génération sacrifiée » aurait raison de penser que son régime l’aurait « sacrifié » parce qu’il avait intérêt à fonctionner avec une jeunesse ignorante et non susceptible de faire foule. Si le régime n’opte pas pour la transparence, il aurait tort car, comme dans le monde arabe, les intellectuels de la « Génération sacrifiée » ne fonctionneront pas comme ceux de la « Génération privilégiée » qui sont spécialistes de la rédaction des « motions de soutien » insolites.

Dans tous les cas, on peut dire que cette mesure exceptionnelle est déjà une victoire symbolique remportée par la « Génération sacrifiée » car, jusqu’ici, l’entrée dans la fonction publique Camerounaise était réservée aux « protégés [proches]» de la « Génération privilégiée ».

Toutefois, cette action ne sera profitable pour le Cameroun en termes d’impacts positifs sur la paix sociale que si elle s’intègre dans le cadre d’une politique de rupture globale. Comme le montre Kakdeu (2010), toute politique publique qui manque d’harmonie génère des effets pervers. Puisque le citoyen Paul Biya est devenu l’opposant principal du régime Biya, il lui faut prendre d’autres mesures susceptibles de lui permettre d’inscrire résolument cette problématique de recrutement dans le cadre d’une politique globale de réconciliation avec la « Génération du Renouveau » dite « sacrifiée ».
Les actions simples d’animation consistent par exemple à accueillir les jeunes excellents à l’école et dans l’entreprenariat au Palais de l’Unité afin de rompre avec le cliché selon lequel ses banquets sont réservés aux Vieux fossoyeurs de la République. A l’égard de la diaspora, le Président Biya pourrait lancer une opération « retour au pays » qui soit une réelle politique publique d’intégration socioprofessionnelle au « pays d’origine ».


Sa politique d’emploi de la jeunesse est restée bornée aux sentiers battus et à l’intégration dans la fonction publique alors que l’Etat ne peut pas intégrer les 150 mille étudiants qui frappent aux portes du monde professionnel. Le Président de la République doit devenir la mascotte de l’entreprenariat. Il doit se donner la peine de faire la promotion des jeunes promoteurs de PME et GIC qui fondent les piliers de l’économie du pays. Ces secteurs peuvent employer tous les jeunes citoyens du pays.
Il est insolite par exemple de demander à la diaspora de revenir exercer au pays comme « agent de l’Etat » et dépendre du « code du travail » alors que cette dernière veut plutôt rentrer pour entreprendre. La vraie mesure adéquate serait donc de mettre sur pied des mesures incitatives pour faciliter l’investissement sur les plans douaniers, fiscaux, administratifs et financiers. Une telle politique publique serait plus efficace et plus efficiente pour promouvoir l’emploi pour tous à long terme. Mais, on fait plutôt face aux gens qui « attendent le jour du marché pour attacher leurs poules ». Cette façon de gérer le pays par des mesures ponctuelles présentera probablement ses limites.

Source :
http://www.lepost.fr/article/2011/03/19/2439402_generation-sacrifiee-vs-generation-privilegiee-la-logique-de-deux-lobbies-qui-s-affrontent-au-cameroun.html

lundi 8 novembre 2010

L'antériorité de la Haute Égypte sur la Basse Égypte

Dans les années 80, l’étude du sol du delta du Nil a été réalisée par un laboratoire français de radioactivité, celui du CEA-CNRS de Gif-sur-Yvette.
Voici les principales conclusions:
"Bien que ces documents écrits soient peu nombreux au début, limités à quelques empreintes de sceaux royaux, ils nous éclairent cependant sur les premiers temps de l’histoire de l’Égypte, un peu avant que ne débute la première dynastie. C’était alors l’époque nagadienne (au sud). Des rois se succédaient depuis longtemps déjà dans l’Égypte du Sud, que l’on appelle aussi Haute Égypte, c’est-à-dire tout au long de la vallée du Nil située plus au sud que la position actuelle du Caire.

D’autres rois existaient aussi dans l’Égypte du Nord, c’est-à-dire la région constituée par le Delta du Nil, mais ces rois du delta ne s’étaient pas installés depuis longtemps, tout au plus depuis deux ou trois siècles : nous savons maintenant que c’est parce qu’auparavant le delta était encore immergé (...) Le lien entre l’abaissement du niveau de la mer et le développement de la civilisation égyptienne est clair : il existe, en effet, comme nous allons le voir maintenant, une très bonne concordance entre les dates "Carbone 14" égyptiennes et celles de la sortie du Delta de la mer vers - 4700 ... On data ainsi une quantité de restes attribuables à l’activité humaine, dans le Delta, la vallée du Nil et aussi dans les régions qui entourent cette vallée.

Cela a permis de savoir qu’à tel moment du passé l’homme occupait - ou n’occupait pas - ces lieux. Et de cette manière l’on a fait une constatation très curieuse. Dans toute l’étendue du royaume du Sud, c’est-à-dire dans la haute vallée du Nil à partir du sud du Caire, ainsi que dans ses prolongements dans le Soudan actuel, on trouve des artefacts humains jusque bien au-delà de - 20 000 (ans) ... On trouve aussi de nombreux vestiges très anciens dans ce qui est aujourdhui la Palestine et la Jordanie, ainsi que sur le territoire de la Libye.

Bref, toute cette région du Proche-Orient s’est révélée, grâce au carbone 14, très anciennement peuplée, dès le paléolithique supérieur. Toute la région, sauf le Delta du Nil. Pour celui-ci, les dates Carbone 14 ne commencent en effet que vers - 4200, soit 3000 av. J.C. . Mais à partir de ce moment, très vite, elles deviennent très nombreuses. Tout se passe en fait comme si l’implantation humaine n’avait eu lieu dans le Delta qu’à partir de cette date, alors que partout ailleurs, comme on vient de le dire, elle existait depuis longtemps." (1)
Ces résultats montrent d’une part que le mouvement de la civilisation égyptienne du Sud soudanais vers le Delta du Nil est corrélé à l’abaissement du niveau de la mer et d’autre part, ils confirment parfaitement la tradition rapportée par les Anciens. L’antériorité de la Haute-Égypte sur le Delta du Nil est encore démontrée par les résultats des fouilles archéologiques. Ci-joint un extrait explicite :
" Abou Simbel - Une mission archéologique mixte égypto-américaine a mis au jour une ville archéologique préhistorique dans la région d’El-Nabta à l’ouest d’Abou Simbel. L’histoire de cette ville remonte à 9 000 ans et démontre que le désert occidental au Sud de l’Égypte fut le berceau de la civilisation égyptienne.Dirigée par le Dr. Fred WENDORF, professeur d’anthropologie à l’Université de Dallas, cette équipe scientifique poursuit ses travaux de fouilles depuis sept ans avec la collaboration de quelques archéologues et géologues.

Le géologue égyptien, le Dr. Mohamed ELBAHY, a déclaré que les résultats enregistrés par la mission font probablement d’El-Nabta la plus vieille ville habitée par les anciens Égyptiens. Furent également découverts des bâtiments gigantesques en pierre qui seraient sans doute les restes d’un temple". (2)

Cette donnée particulière, montre bien qu’il n’a pu y avoir une occupation du Delta vers - 5000 ou - 4000 avant J. C. par une population extérieure à l’Egypte (éventuels pharaons indo-européens) pour la simple et bonne raison que le Delta du Nil n’existait pas. Ce Delta apparait durant la période de l’implantation des Nubiens conduis par Narmer en Basse Egypte.
Après examen de la riche documentation léguée par les Grecs anciens, on constate qu’unanimement, ils attestent que les Egyptiens anciens étaient des africains mélaniens originaires du sud. L’éventualité d’une origine nordique fut une thèse qu’ils n’ont même pas développé compte tenu des éléments suivants.

HÉRODOTE, nous apprend que le Delta du Nil n’existait pas avant 3 200 avant J. C.:
"Autrefois les Égyptiens n’avaient point de pays. On sait en effet que leur Delta, ils le disent eux-mêmes et c’est mon sentiment, est une terre d’alluvion, une terre, peut-on dire, nouvellement apparue. Jadis d’ailleurs, on appelait Égypte la Thébaïde, dont le pourtour est de six mille cent vingt stades". (3)
Le professeur Cheikh Anta DIOP a très vite compris qu’une datation du Delta permettrait de clore définitivement le dossier. Aussi, après avoir examiné les témoignagnes des anciens tels HOMÈRE, SÉNÈQUE,AMMIEN MARCELLIN (XXII, 16) et HÉRODOTE, il avait compris que la Haute-Égypte (le sud nubien) était bel et bien antérieure au Delta :

"Ajoutons seulement qu’aujourd’hui les méthodes physiques modernes de datation, appliquées à l’archéologie, permettraient de trancher la question. Des tests par le radiocarbone, pratiqués sur des carottes prélevées sur les emplacements respectifs de ces différentes villes permettraient de déterminer avec une certitude suffisante les dates d’émergence des terres qui supportent ces villes et d’une façon générale l’âge du Delta en tant que terre ferme habitable. Voilà un cas précis où la physique moderne aiderait l’archéologie à sortir du cercle vicieux de l’exégèse des textes". (4)
La Toponymie :

Lors du colloque d’égyptologie du Caire de l’UNESCO du 28 janvier au 03 février 1974, le professeur Gordon-Jacquet, a clairement démontré l’origine uniforme de la civilisation égypto-nubienne, du nord au sud. C’est à dire qu’une implantation non Nègre en Egypte ancienne, aurait laissé les traces suivantes.
Elle signale que les noms de lieux (villes, villages, lac, oasis, fleuve, etc.), c’est un phénomène bien connu, sont extrêmement vivaces et chaque peuple (groupes linguistiques) qui se succède dans une région, laisse sa marque sous la forme de toponymes, plus ou moins nombreux, suivant l’importance numérique de ce groupe et la durée de sa prédominance dans la région.

Tout peuple d’origine extérieure (éventuels indo-européens ou autres), qui serait venu s’ajouter à la population égyptienne d’origine nubienne, aurait forcément laissé la trace de sa présence dans la toponymie du pays et surtout du Delta, compte tenu du fait que sa langue serait distinct de l’égyptien ancien. Or ce n’est pas le cas !
La toponymie égyptienne, comme le confirme le professeur Gordon-Jacquet, est extrêmement homogène du sud au nord. Elle se compose de noms dont l’étymologie s’applique à la langue égyptienne elle-même.

La Toponymie est une science fiable, utilisée pour dégager les "couches" historiques, d’occupation d’un lieu par diverses populations. Pour l’Egypte, elle révèle une occupation nubienne homogène.
Conclusion :

Toutes ces données, confirment :

-l’origine sudéenne, donc nubienne des Egyptiens anciens;
-l’impossibilité de l’occupation de toute la région du Delta avant son émergence vers 3 000 avant J. C;
-l’impossibilité d’une implantation non-africaine dans le Delta;
-que les égyptologues euro-centristes qui soutiennent la thèse d’une occupation étrangère dans le Delta du Nil (éventuels pharaons blancs) sont des prisonniers de la caverne de Platon !
Références bibliographiques:
1. Cf. Chapitre 5, "Légendes, histoires, niveaux de la mer", du livre L’homme et le climat - Paris, Éditions Denoël, 1985 de Jacques LABEYRIE, ancien directeur du Centre des faibles radioactivités du CEA-CNRS, à Gif-sur-Yvette.
2. Cf. le Bulletin d’Information Archéologique (BIA) dans son n° 5, période janvier - juin 1992;
Cf. : EL-SAYED EL-NAGGAR, "Découverte d’une ville antique remontant à neuf mille ans à Abou Simbel", Al-Akhbar du 20 avril 1992;
Cf. ankhonline.com
3. Hérodote, Livre II, 15.
4. Antériorité des civilisations nègres - mythe ou vérité historique. Cheikh Anta Diop. Éd. Présence Africaine, p. 12.
Source:

jeudi 28 octobre 2010

Université Kémite du futur

PER ANKH CHEIKH ANTA DIOP
UNIVERSITÉ KÉMITE DU FUTUR

SESSION 2010 – 2011
SÉANCE INAUGURALE DU SAMEDI 25 SEPTEMBRE 2010 DE 13H00 À 20H00.
THÈME : ÉGYPTOLOGIE ET NÉGROPHOBIE – ÉTAT DE LA
QUESTION RELATIVE À LA NÉGRITUDE DES ANCIENS
ÉGYPTIENS RESPONSABLES DE LA CIVILISATION
PHARAONIQUE.
Intervention: Professeur Bilolo Mubabinge
Partie 1/3:
Partie 2/3:
Partie 3/3:

mardi 26 octobre 2010

Mission de la Nouvelle Génération Consciente et patriote

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission historique : la remplir ou la trahir ».

Frantz FANON, Les damnés de la terre.

vendredi 22 octobre 2010

Les textes gnostiques de Nag Hammadi

La Doctrine et les Enseignements ésotériques des codex de Nag Hammadi


" Je me tenais sur une montagne élevée lorsque voici, je vis un personnage de haute taille et un autre qui était boiteux. J'entendis alors une voix pareille au tonnerre ; … Je m'approchai … et la vision m'adressa ces mots ; Je suis identique à toi et tu es identique à moi, partout où tu es, je suis, et je suis semé en toutes choses. Partout où tu le veux tu me receuilles mais, en me recueillant, c'est toi-même que tu recueilles ! "

Les textes de Nag Hammadi contiennent des révélations ésotériques d'un très haut portés faits par les grands initiés de la gnose séthienne, la plus pure et la plus puissante des écoles gnostiques. La gnose séthienne est une introduction dans le sein des religions révélées de toutes les spéculations cosmologiques et théologiques qui avaient formé la partie la plus importante et considérable des anciennes religions de l'ORIENT, adoptées en parties par les philosophes néo-platoniciens et introduites en occident.
La doctrine de la gnose séthienne est en complète contradiction avec les cultes Jéhoviques desquels sont issus la religion judaïque, chrétienne et musulmane. C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle cette conspiration de silence tante d'étouffer à tous prix l'extension de la gnose séthienne, tout comme l'avait fait quelques siècle auparavant leurs digne prédécesseurs, les bourreaux de l'inquisition sanguinaire !
Les textes de Nag Hammadi contiennent 55 papyrus répartis en 13 codex numérotés. Ils ont été écrits en deux dialectes coptes le sahidique et le subakhmîmique (dialecte de haute Egypte).
L'examen de la datation des manuscrits fait remonter leur origine au III siècle de notre ère. Ils furent originellement copiés du grec ancien. les manuscrits ont été vendus à des antiquaires du Caïre qui à leurs tours les vendirent au musée copte du Vieux-Caire. Les premiers spécialistes à avoir entrepris l'examens des manuscrits furent Jean Doresse, du centre National de la recherche scientifique, et Togo Mina jadis directeur du musée copte.
Les manuscrits de Nag Hammadi furent découverts par " accident " en 1945 par un dénommé Mouhamad-Ali un bédouin du désert et son frère, qui étaient partie à la recherche d'engrais dans les environs d'un étrange et antique bourgade appelé " Shénésit " (nom d'origine égyptienne qui signifie ; Les acacias du dieu Seth !), car le pays était entièrement consacré a Seth le grand dieu d'Ombos !
C'est la que dans un antique cimetière abandonné appelé " Hamra-Doum " (la demeure de l'éternité !) d'où gisent depuis des millénaire les sept tombes pharaonique (aujourd'hui vide !) que l'un des frère découvrit une jarre poussiéreuse, à l'intérieure duquel il y avait ses inestimables manuscrits sur des feuillets de papyrus admirablement bien conservés grâce à l'extrême sécheresse du lieu.
Pour en savoir plus, cliquez sur les liens ci-après:
Remarque (3):
Trois manuscrits coptes du VIème siècle décrivant les premiers rites religieux de cette communauté chrétienne d’Egypte ont été découverts cachés dans une tombe pharaonique à Gourna, près de Louxor (700 km au sud du Caire).

Ces trois manuscrits ont été découverts par la mission archéologique polonaise en Egypte. «C’est la découverte copte la plus importante après celle des textes de Nag Hammadi », a indiqué Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil supérieur des Antiquités (CSA), lors d’une conférence de presse.

Les textes de Nag Hammadi (Haute-Egypte) ont permis d’identifier les quatre Evangiles de Jean, Marc, Mathieu et Luc. Ces textes de Nag Hammadi, au nombre de douze, formés de cahiers de papyrus reliés de cuir, avaient été découverts fortuitement en 1945 par des paysans qui déterraient une jarre.

M. Hawas a souligné que le recours à une tombe pharaonique pour cacher ces manuscrits «montre la persécution dont les coptes étaient victimes sous les empereurs romains ».

Thomas Gorik, chef de la mission archéologique polonaise, a indiqué que les trois manuscrits étaient ensevelis sous le sable dans une tombe de briques crues qui remonte au Moyen-Empire (2000-1800 AV-JC).

« Le premier manuscrit mesure 22,5 cm de long et 17 cm de large. Le nombre total de ses pages est inconnu. Il est déposé dans un coffre en bois carré, décoré de l’intérieur de graphismes grecs, mais ne portant aucune décoration à l’extérieur » a-t-il dit.

Le deuxième manuscrit est relié en cuir et décoré de petits cercles. Il compte 50 pages, comme le troisième manuscrit, qui est, lui aussi, relié en cuir, mais en mauvais état.

3. Source : Agence France-Presse - samedi 19/02/2005