dimanche 1 mai 2011

Extension du domaine de la manipulation

Que se passe-t-il en Syrie ?
par Domenico Losurdo*
27 avril 2011




Alors que des centaines de Syriens, civils et militaires, viennent de tomber sous les coups de snipers financés par les saidiris et encadrés par la CIA, les médias occidentaux accusent le gouvernement de Bachar el-Assad de tirer sur sa population et sur ses propres forces de l’ordre. Cette campagne de désinformation vise à justifier une possible intervention militaire occidentale. Le philosophe Domenico Losurdo rappelle que la méthode n’est pas nouvelle. Simplement, les nouveaux moyens de communication l’ont rendue plus sophistiquée. Désormais, le mensonge n’est pas seulement véhiculé par la presse écrite et audiovisuelle, il passe aussi par Facebook et YouTube.


En un mois, plusieurs centaines de Syriens, civils et militaires, ont été assassinés par des groupes de francs-tireurs financés par le clan saoudien des Saidiris et encadrés par la CIA. Depuis quelques jours, des groupes mystérieux tirent sur les manifestants et, surtout, sur les participants aux funérailles qui ont suivi les événements sanglants. De qui sont composés ces groupes ? Les autorités syriennes soutiennent qu’il s’agit de provocateurs, essentiellement liés aux services secrets étrangers. En Occident, par contre, même à gauche on avalise sans aucun doute la thèse proclamée en premier lieu par la Maison-Blanche : ceux qui tirent sont toujours et seulement des agents syriens en civil. Obama est-il la bouche de la vérité ? L’agence syrienne Sana rapporte la découverte de « bouteilles de plastique pleines de sang » utilisé pour produire « des vidéos amateurs contrefaites » de morts et blessés chez les manifestants. Comment lire cette information, que je reprends de l’article de L. Trombetta dans La Stampa du 24 avril ? Peut-être les pages qui suivent, tirées d’un essai qui sera bientôt publié, contribueront-elles à jeter quelque lumière là-dessus. Si quelqu’un se trouvait étonné voire incrédule à la lecture du contenu de mon texte, qu’il n’oublie pas que les sources que j’y utilise sont presque exclusivement « bourgeoises » (occidentales et pro-occidentales). (Voir aussi addenda en fin de texte, NdT).

« Amour et vérité »
Ces derniers temps, par les interventions surtout de la secrétaire d’État Hillary Clinton, l’administration Obama ne rate pas une occasion de célébrer Internet, Facebook, Twitter comme instruments de diffusion de la vérité et de promotion, indirectement, de la paix. Des sommes considérables ont été attribuées par Washington pour potentialiser ces instruments et les rendre invulnérables aux censures et attaques des « tyrans ». En réalité, pour les nouveaux media comme pour les plus traditionnels, la même règle est de mise : ils peuvent aussi être des instruments de manipulation et d’attisement de la haine et même de la guerre. La radio a été savamment utilisée en ce sens par Goebbels et par le régime nazi.

Pendant la Guerre froide, plus encore qu’un instrument de propagande, les transmissions radio ont constitué une arme pour les deux parties engagées dans le conflit : la construction d’un efficient « Psychological Warfare Workshop » est un des premiers devoirs assignés à la CIA . Le recours à la manipulation joue un rôle essentiel aussi à la fin de la Guerre froide ; entre-temps, à côté de la radio, est intervenue la télévision. Le 17 novembre 1989, la « révolution de velours » triomphe à Prague, avec un mot d’ordre qui se voulait gandhien : « Amour et Vérité ». En réalité un rôle décisif est joué par la diffusion de la fausse nouvelle selon laquelle un étudiant avait été « brutalement tué » par la police. C’est ce que révèle, satisfait, à vingt ans de distance, « un journaliste et leader de la dissidence, Jan Urban » protagoniste de la manipulation : son « mensonge » avait eu le mérite de susciter l’indignation de masse et l’effondrement d’un régime déjà périclitant.

À la fin de 1989, bien que fortement discrédité, Nicolae Ceausescu est encore au pouvoir en Roumaine. Comment le renverser ? Les mass media occidentaux diffusent massivement dans la population roumaine les informations et les images du « génocide » perpétré à Timisoara par la police de Ceausescu. Qu’était-il arrivé en réalité ? Laissons la parole à un prestigieux philosophe (Giorgio Agamben), qui ne fait pas toujours preuve de vigilance critique à l’égard de l’idéologie dominante mais qui a synthétisé ici de façon magistrale l’affaire dont nous traitons :

« Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des cadavres à peine enterrés ou alignés sur les tables des morgues ont été déterrés en hâte et torturés pour simuler devant les caméras le génocide qui devait légitimer le nouveau régime. Ce que le monde entier avait sous les yeux en direct comme vérité sur les écrans de télévision, était l’absolue non-vérité ; et bien que la falsification fût parfois évidente, elle était de toutes façons authentifiée comme vraie par le système mondial des media, pour qu’il fût clair que le vrai n’était désormais qu’un moment du mouvement nécessaire du faux » .

Dix ans après, la technique décrite ci-dessus est de nouveau mise en acte, avec un succès renouvelé. Une campagne martèle l’horreur dont s’est rendu responsable le pays (la Yougoslavie) dont le démembrement a déjà été programmé et contre lequel on est déjà en train de préparer la guerre humanitaire :

« Le massacre de Racak est atroce, avec des mutilations et des têtes coupées. C’est une scène idéale pour susciter l’indignation de l’opinion publique internationale. Quelque chose semble étrange dans la tuerie. Les Serbes tuent d’habitude sans procéder à des mutilations […] Comme la guerre de Bosnie le montre, les dénonciations d’atrocités sur les corps, signes de tortures, décapitations, sont une arme de propagande diffuse […] Peut-être n’est-ce pas les Serbes mais les guérilleros albanais qui ont mutilé les corps » .

Si ce n’est qu’à ce moment-là, les guérilleros de l’UCK ne pouvaient pas être suspectés d’une telle infamie : c’étaient des freedom fighters, des combattants de la liberté. Aujourd’hui, au Conseil d’Europe, le leader de l’UCK et père de la patrie au Kosovo, Hashim Thaci, « est accusé de diriger un clan politico-criminel né à la veille de la guerre » et impliqué dans le trafic non seulement d’héroïne mais aussi d’organes humains. Voici ce qui arrivait sous sa direction au cours de la guerre : « Une ferme à Rripe, en Albanie centrale, transformée par les hommes de l’UCK en salle d’opération, avec comme patients des prisonniers de guerre serbes : un coup dans la nuque, avant d’explanter leurs reins, avec la complicité de médecins étrangers » (on présume occidentaux) . Et vient ainsi au jour la réalité de la « guerre humanitaire » de 1999 contre la Yougoslavie ; mais pendant ce temps son démembrement a été porté à terme et au Kosovo s’installe et veille une énorme base militaire étasunienne.

Faisons un autre saut en arrière de plusieurs années. Une revue française de géopolitique (Hérodote) a mis en relief le rôle essentiel joué, au cours de la « révolution des roses » qui a lieu en Géorgie à la fin de 2003, par les réseaux télévisés qui sont aux mains de l’opposition géorgienne et par les réseaux occidentaux : ils transmettent sans discontinuer l’image (qui s’est révélée ensuite fausse) de la villa qui serait la preuve de la corruption d’Edouard Chevardnadze, le dirigeant qu’il s’agit de renverser. Après la proclamation des résultats électoraux qui signent la victoire de Chevardnadze et qui sont déclarés frauduleux par l’opposition, celle-ci décide d’organiser une marche sur Tbilissi, qui devrait sceller « l’arrivée symbolique, et pacifique même, dans la capitale, de tout un pays en colère ».




Bien que convoquées de tous les coins du pays à grands renforts de moyens propagandistes et financiers, ce jour-là affluent pour la marche entre 5 000 et 10 000 personnes : « ce n’est rien pour la Géorgie » ! Et pourtant grâce à une mise en scène sophistiquée et de grande professionnalité, la chaîne de télé la plus diffusée du pays arrive à communiquer un message totalement différent : « L’image est là, puissante, celle d’un peuple entier qui suit son futur président ». Désormais les autorités politiques sont délégitimées, le pays est désorienté et abasourdi et l’opposition plus arrogante et agressive que jamais, d’autant plus que les médias internationaux et les chancelleries occidentales l’encouragent et la protègent . Le coup d’État est mûr, il va porter au pouvoir Mikhaïl Saakashvili, qui a fait ses études aux USA, parle un anglais parfait et est en mesure de comprendre rapidement les ordres de ses supérieurs.

Internet comme instrument de liberté (?)



Venons-en maintenant aux nouveaux media, particulièrement chers à Madame Clinton et à l’administration Obama. Pendant l’été 2009 on pouvait lire dans un quotidien italien réputé :

« Depuis quelques jours, sur Twitter, circule une image de provenance incertaine […] Devant nous, un photogramme d’une valeur profondément symbolique : une page de notre présent. Une femme avec le voile noir, qui porte un t-shirt vert sur des jeans : extrême Orient et extrême Occident ensemble. Elle est seule, à pieds. Elle a le bras droit levé et le poing fermé. Face à elle, imposant, la gueule d’un SUV, du toit duquel émerge, hiératique, Mahmoud Ahmadinejad. Derrière, les garde du corps. Le jeu des gestes touche : de provocation désespérée, celui de la femme ; mystique, celui du président iranien ».

Il s’agit d’ « un photomontage », qui certes semble « vraisemblable », pour arriver plus efficacement à « conditionner des idées, des croyances». D’autre part, les manipulations abondent. À la fin du mois de juin 2009, les nouveaux media en Iran et tous les moyens d’information occidentaux diffusent l’image d’une belle fille touchée par une balle : « Elle commence à saigner, elle perd conscience. Dans les secondes qui suivent ou peu après, elle est morte. Personne ne peut dire si elle a été prise dans le feu croisé ou si elle a été touchée de façon ciblée ». Mais la recherche de la vérité est la dernière chose à laquelle on pense : ce serait de toutes façons une perte de temps et ça pourrait même se révéler contre-productif. L’essentiel est ailleurs : « à présent la révolution a un nom : Neda ». On peut alors diffuser le message désiré : « Neda innocente contre Ahmadinejad », ou bien : « une jeunesse courageuse contre un régime vil ». Et le message s’avère irrésistible : « Il est impossible de regarder sur Internet de façon froide et objective la vidéo de Neda Soltani, la brève séquence où le père de la jeune femme et un médecin essaient de sauver la vie de le jeune iranienne de vingt-six ans » .




Comme pour le photomontage, dans le cas aussi de l’image de Neda, nous sommes en présence d’une manipulation sophistiquée, attentivement étudiée et calibrée dans tous ses détails (graphiques, politiques et psychologiques) dans le but de discréditer et de rendre la plus odieuse possible la direction iranienne. (Voir addenda en fin de texte, NdT).

Et nous arrivons ainsi au « cas libyen ». Une revue italienne de géopolitique a parlé à ce propos d’ « utilisation stratégique du faux », comme le confirme en premier lieu la « déconcertante affaire des fausses fosses communes » (et d’autres détails sur lesquels j’ai attiré l’attention). La technique est celle dont on se félicite et qu’on utilise depuis des décennies, mais qui à présent, avec l’avènement des nouveaux media, acquiert une efficience terrible : « La lutte est d’abord représentée comme un duel entre le puissant et le faible sans défense, et rapidement transfigurée ensuite en une opposition frontale entre le Bien et le Mal absolus ». Dans ces circonstances, loin d’être un instrument de liberté, les nouveaux media produisent le résultat opposé. Nous sommes en présence d’une technique de manipulation, qui « restreint fortement la liberté de choix des spectateurs » ; « les espaces pour une analyse rationnelle sont comprimés au maximum, en particulier en exploitant l’effet émotif de la succession rapide des images » .

Et ainsi, on retrouve pour les nouveaux media la règle déjà constatée pour la radio et la télévision : les instruments, ou potentiels instruments, de liberté et d’émancipation (intellectuelle et politique) peuvent se renverser et souvent se renversent aujourd’hui en leur contraire. Il n’est pas difficile de prévoir que la représentation manichéenne du conflit en Libye ne résistera pas longtemps ; mais Obama et ses alliés espèrent dans l’intervalle atteindre leurs objectifs, qui ne sont pas vraiment humanitaires, même si la novlangue s’obstine à les définir comme tels.

Spontanéité d’Internet



Mais revenons au photomontage qui montre une dissidente iranienne défier le président de son pays. L’auteur de l’article que je cite ne s’interroge pas sur les artisans d’une manifestation si sophistiquée. Je vais essayer de remédier à cette lacune. A la fin des années 90 déjà, on pouvait lire dans l’International Herald Tribune : « Les nouvelles technologies ont changé la politique internationale » ; ceux qui étaient en mesure de les contrôler voyaient augmenter démesurément leur pouvoir et leur capacité de déstabilisation des pays plus faibles et technologiquement moins avancés .

Nous sommes là en présence d’un nouveau chapitre de guerre psychologique. Dans ce domaine aussi les USA sont décisivement à l’avant-garde, ayant à leur actif des décennies de recherche et d’expérimentations. Il y a quelques années Rebecca Lemov, anthropologue de l’université de l’État de Washington, a publié un livre qui « illustre les tentatives inhumaines de la CIA et de certains parmi les plus grands psychiatres de "détruire et reconstruire" la psyché des patients dans les années 50 » . Nous pouvons alors comprendre un épisode qui s’est déroulé dans cette même période. Le 16 août 1951, des phénomènes étranges et inquiétants vinrent troubler Pont-Saint-Esprit, « un village tranquille et pittoresque » situé « dans le Sud-est de la France ». Oui, « le pays fut secoué par un mystérieux vent de folie collective.




Cinq personnes au moins moururent, des dizaines finirent à l’asile, des centaines donnèrent des signes de délire et d’hallucinations […] Beaucoup finirent à l’hôpital avec la camisole de force ». Le mystère, qui a longtemps entouré ce coup de « folie collective », est maintenant dissipé : il s’agît d’une « expérimentation menée par la CIA, avec la Special Operation Division (SOD), l’unité secrète de l’Armée USA de Fort Detrick, au Maryland » ; les agents de la CIA « contaminèrent au LSD les baguettes vendues dans les boulangeries du pays », causant les résultats que nous avons vus ci-dessus . Nous sommes aux débuts de la Guerre froide : bien sûr les États-Unis étaient des alliés de la France, mais c’est justement pour ça que celle-ci se prêtait facilement aux expérimentations de guerre psychologique qui avaient certes comme objectif le « camp socialiste » (et la révolution anticoloniale) mais pouvaient difficilement être effectuées dans les pays situés au-delà du rideau de fer.

Posons-nous alors une question : l’excitation et l’attisement des masses ne peuvent-ils être produits que par voie pharmacologique ? Avec l’avènement et la généralisation d’Internet, Facebook, Twitter, une nouvelle arme a émergé, susceptible de modifier profondément les rapports de force sur le plan international. Ceci n’est plus un secret, pour personne. De nos jours, aux USA, un roi de la satire télévisée comme Jon Stewart s’exclame : « Mais pourquoi envoyons-nous des armées s’il est aussi facile d’abattre les dictatures via Internet que d’acheter une paire de chaussures ? » . À son tour, avec une revue proche du département d’État, un chercheur attire l’attention sur « comment il est difficile de militariser » (to weaponize) les nouveaux media pour des objectifs à court terme et liés à un pays déterminé ; il vaut mieux poursuivre des objectifs de plus ample envergure . Les accents peuvent varier, mais la signification militaire des nouvelles technologies est dans tous les cas explicitement soulignée et revendiquée.

Mais Internet n’est-il pas l’expression même de la spontanéité individuelle ? Seuls les plus démunis (et les moins scrupuleux) argumentent ainsi. En réalité —reconnaît Douglas Paal, ex-collaborateur de Reagan et de Bush senior— Internet est actuellement « géré par une ONG qui est de fait une émanation du Département du Commerce des USA » . S’agit-il seulement de commerce ? Un quotidien de Pékin rapporte un fait largement oublié : quand en 1992 la Chine demanda pour la première fois à être reliée à Internet, sa requête fut rejetée en raison du danger que le grand pays asiatique ne put ainsi « se procurer des informations sur l’Occident ». Maintenant, au contraire, Hillary Clinton revendique l’ « absolue liberté » d’Internet comme valeur universelle à laquelle on ne peut renoncer ; et cependant —commente le quotidien chinois— « l’égoïsme des États-Unis n’a pas changé » .

Peut-être ne s’agit-il pas seulement de commerce. À ce sujet, l’hebdomadaire allemand Die Zeit demande des éclaircissements à James Bamford, un des plus grands experts en matière de services secrets états-uniens : « Les Chinois craignent aussi que des firmes américaines (étasuniennes, NdT) comme Google soient en dernière analyse des outils des services secrets américains (étasuniens, NdT) sur le territoire chinois. Est-ce une attitude paranoïde ? » « Pas du tout » répond-il immédiatement. Au contraire même —ajoute l’expert— des « organisations et institutions étrangères [aussi] sont infiltrées » par les services secrets étasuniens, lesquels sont de toutes façons en mesure d’intercepter les communications téléphoniques dans tous les coins de la planète et doivent être considérées comme « les plus grands hackers du monde » . Désormais —affirment encore dans Die Zeit deux journalistes allemands— cela ne fait aucun doute :

« Les grands groupes Internet sont devenus un outil de la géopolitique des USA. Avant, on avait besoin de laborieuses opérations secrètes pour appuyer des mouvements politiques dans des pays lointains. Aujourd’hui il suffit souvent d’un peu de technique de la communication, opérée à partir de l’Occident […] Le service secret technologique des USA, la National Security Agency, est en train de monter une organisation complètement nouvelle pour les guerres sur Internet » .

Il convient donc de relire à la lumière de tout ceci quelques événements récents d’explication non aisée. En juillet 2009 des incidents sanglants sont survenus à Urumqi et dans le Xinjiang, la région de Chine habitée surtout par des Ouigours. Sont-ce la discrimination et l’oppression contre des minorités ethniques et religieuses qui les expliquent ? Une approche de ce type ne semble pas très plausible, à en juger du moins par ce que réfère de Pékin le correspondant de La Stampa :

« De nombreux Hans d’Urumqi se plaignent des privilèges dont jouissent les Ouigours. Ceux-ci, de fait, en tant que minorité nationale musulmane, ont à niveau égal des conditions de travail et de vie bien meilleures que leurs collègues Hans. Un Ouigour, au bureau, a l’autorisation de suspendre son travail plusieurs fois pas jour pour accomplir les cinq prières musulmanes traditionnelles de la journée […] En outre ils peuvent ne pas travailler le vendredi, jour férié musulman. En théorie ils devraient récupérer le dimanche. Mais le dimanche les bureaux sont en fait déserts […] Un autre point douloureux pour les Hans, soumis à la dure politique d’unification familiale qui impose encore l’enfant unique, est le fait que les Ouigours peuvent avoir deux ou trois enfants. En tant que musulmans, ensuite, ils ont des remboursements en plus dans leur salaire étant donné que, ne pouvant pas manger de porc, ils doivent se rabattre sur la viande d’agneau qui est plus chère » .

Elles apparaissent alors pour le moins unilatérales ces accusations portées par l’Occident contre le gouvernement de Pékin de vouloir effacer l’identité nationale et religieuse des Ouigours. Alors ?

Réfléchissons sur la dynamique des incidents. Dans une ville côtière de Chine où, malgré les différentes traditions culturelles et religieuses préexistantes, des Hans et des Ouigours travaillent côte à côte, se répand tout d’un coup la rumeur selon laquelle une jeune fille han a été violée par des ouvriers ouigours ; il en résulte des incidents au cours desquels deux Ouigours perdent la vie. La rumeur qui a provoqué cette tragédie est fausse mais voici que se répand alors une deuxième rumeur plus forte encore et encore plus funeste : Internet diffuse dans son réseau la nouvelle selon laquelle dans la ville côtière de Chine des centaines de Ouigours auraient perdu la vie, massacrés par les Hans dans l’indifférence et même sous le regard complaisant de la police. Résultat : des tumultes ethniques dans le Xinjiang, qui provoquent la mort de presque 200 personnes, cette fois presque toutes hans.

Eh bien sommes-nous là en présence d’une intrication malheureuse et fortuite de circonstances ou bien la diffusion des rumeurs fausses et tendancieuses visait-elle le résultat qui s’est effectivement produit ensuite ? Nous sommes dans un situation où il s’avère désormais impossible de distinguer la vérité de la manipulation. Une société étasunienne a réalisé des « programmes qui permettraient à un sujet engagé dans une campagne de désinformation de prendre simultanément jusqu’à 70 identités (profils de réseaux sociaux, account in forum etc.) en les gérant parallèlement : le tout sans qu’on puisse découvrir qui tire les ficelles de cette marionnette virtuelle ». Qui a recours à ces programmes ? Il n’est pas difficile de le deviner. Le quotidien cité ici, non suspect d’antiaméricanisme (anti-étasunien, NdT) précise que la société en question « fournit des services à diverses agences gouvernementales étasuniennes, comme la CIA et le ministère de la Défense » . La manipulation de masse célèbre son triomphe tandis que le langage de l’Empire et la novlangue se font, dans la bouche d’Obama, plus doux et suaves que jamais.

Revient alors en mémoire l’ « expérimentation conduite par la CIA » pendant l’été 1951, qui produisit « un mystérieux vent de folie collective » dans « le village pittoresque et tranquille » de Pont-Saint-Esprit. Et de nouveau nous voici obligés de nous poser la question initiale : la « folie collective » peut-elle être produite seulement par voie pharmacologique ou bien aujourd’hui peut-elle être le résultat du recours, aussi, aux « nouvelles technologies » de la communication de masse ?

On comprend alors les financements par Hillary Clinton et par l’administration Obama destinés aux nouveaux media. Nous avons vu que la réalité des « guerres sur Internet » est désormais reconnue même par de réputés organes de presse occidentaux ; sauf que dans le langage de l’Empire et dans la novlangue la promotion des « guerres sur Internet » devient la promotion de la liberté, de la démocratie et de la paix.

Les cibles de ces opérations ne restent pas sans rien faire : comme dans toute guerre les faibles cherchent à combler leur désavantage en apprenant des plus forts. Et voici que ces derniers crient au scandale : « Au Liban ceux qui maîtrisent le plus les news media et les réseaux sociaux ne sont pas les forces politiques pro-occidentales qui soutiennent le gouvernement de Saad Hariri, mais les "Hezbollah" ». Cette observation laisse poindre un soupir : ah, comme ce serait beau si, ainsi qu’il en a été pour la bombe atomique et pour les armes (proprement dites) les plus sophistiquées, même pour les « nouvelles technologies » et les nouvelles armes d’information et de désinformation de masse, ceux qui détiennent le monopole étaient les pays qui infligent un interminable martyre au peuple palestinien et qui voudraient continuer à exercer au Moyen-Orient une dictature terroriste ! Le fait est —se lamente Moises Naïm, directeur de Foreign Policy— que les USA, Israël et l’Occident n’ont plus affaire aux « cyberidiots d’autrefois ». Ceux-ci « contre-attaquent avec les mêmes armes, font de la contre information, empoisonnent les puits » : une véritable tragédie du point de vue des présumés champions du « pluralisme » . Dans le langage de l’Empire et dans la novlangue, la timide tentative de créer un espace alternatif à celui qui est géré ou hégémonéisé par la superpuissance solitaire devient un « empoisonnement des puits ».


De nombreux snipers ont été arrêtés par les forces de l’ordre au cours des dernières semaines et leurs cellules démantelées. Chaque soir, la télévision syrienne publie de nouveaux interviews des terroristes qui relatent comment ils ont été recrutés, formés et armés (capture d’écran du Journal télévisé du 26 avril 2011). Addenda du Réseau Voltaire
Sur Facebook en Syrie

Dès le début des manifs à Deraa, une page Facebook a été ouverte sous le titre "Révolution syrienne 2011" : slogan publicitaire inimaginable pour de vrais révolutionnaires : si on n’y arrive pas en 2011, on laisse tomber ?. Dans la journée, cette page comptait 80 000 amis, presque tous des comptes Facebook créés le même jour. Ceci est impossible sauf si les "amis" sont des comptes virtuels créés par des logiciels.

À propos de l’affaire Neda en Iran

Si l’on reprend la vidéo de la mort de la jeune Neda en la passant au ralenti, on constate qu’en tombant la jeune fille a le réflexe d’amortir sa chute avec son bras. Or, toute personne touchée par balle —a fortiori dans la poitrine— perd ses réflexes. Le corps devrait tomber comme une masse. Ce n’est pas le cas. Il est impossible que la jeune fille ait été touchée par balle à ce moment-là. Quelques secondes plus tard, la vidéo montre le visage de la jeune fille. Il est propre. Elle passe sa main sur son visage et il est alors recouvert de sang. L’agrandissement de la main montre qu’elle dissimule un objet dans sa paume et qu’elle étend elle-même le sang sur son visage. La jeune fille est alors emportée par ses amis à l’hôpital. Elle meurt durant le transport. Arrivée à l’hôpital, on constate que le décès est dû à une balle en pleine poitrine. Celle-ci ne peut avoir été tirée que par ses "amis" durant son transport.

Références bibliographiques
• Giorgio Agamben 1996, Mezzi senza fine. Note sulla politica, Bollati Boringhieri, Torino.
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• Germano Dottori 2011, Disinformacija. L’uso strategico del falso nel caso libico, in Limes. Rivista italiana di geopolitica, n. 1, pp. 43-49.
• Alessandra Farkas 2010 « La Cia drogò il pane dei francesi ». Svelato il mistero delle baguette che fecero ammattire un paese nel ‘51, in Corriere della Sera, 13 mars, p. 25.
• Thomas Fischermann, Götz Hamann 2010, Angriff aus dem Cyberspace, in Die Zeit, 18 février, pp. 19-21.
• Carlo Formenti 2011, La « disinformazia » ai tempi del Web. Identità multiple per depistare, in Corriere della Sera, 28 février, p. 38.
• Massimo Gaggi 2010, Un’illusione la democrazia via web. Estremisti e despoti sfruttano Internet, in Corriere della Sera, 20 mars, p. 21.
• Régis Genté 2008, Des révolutions médiatiques, in Hérodote, revue de géographie et de géopolitique, 2° trimestre, pp. 37-68.
• Mara Gergolet 2010, L’Europa : « Traffico d’organi in Kosovo », in Corriere della Sera, 16 décembre, p. 18.
• Global Times 2011, The internet belongs to all, not just the US, in Global Times, 17 février.
• Andrian Kreye 2009, Grüne Schleifen für Neda, in Süddeutsche Zeitung, 24 juin, p. 11.
• Domenico Losurdo 2010, La non-violenza. Una storia fuori dal mito, Laterza, Roma-Bari.
• Roberto Morozzo Della Rocca 1999, La via verso la guerra, in Supplément au n. 1 (Quaderni Speciali) de Limes. Rivista Italiana di Geopolitica, pp. 11-26.
• Barack Obama, David Cameron, Nicolas Sarkozy, Libya’s pathway to peace, in International Herald Tribune, 15 avril, p. 7.
• Douglas Paal (interview à) 2010, « Questo è l’inizio di uno scontro tra due civiltà », par Maurizio Molinari, in La Stampa, 23 janvier, p. 7.
• Nicolas Pelham 2011, The Battle for Libya, in The New Review of Books, 7 avril, pp. 77-79.
• Guido Ruotolo 2011, Gheddafi : ingannati dagli amici occidentali, in La Stampa, 1er mars, p. 6.
• David E. Sanger 2011, As war in Libya drags on, U.S. goals become harder, in International Herald Tribune, 12 avril, pp. 1 et 8.
• Clay Shirky 2011, The Political Power of Social Media, in Foreign Affairs, janvier-février 2011, pp. 28-41.
• Bob Schmitt 1997, The Interrnet and International Politics, in International Herald Tribune, 2 avril, p. 7.
• Francesco Sisci 2009, Perché uno han non sposerà mai una uigura, in La Stampa, 8 juillet, p. 17.
• Evan Thomas 1995, The Very Best Men. Four Who Dared. The Early Years of the CIA, Simon & Schuster, New York
• Vincenzo Trione 2009, Quella verosimile manipolazione contro l’arroganza di Ahmadinejad, in Corriere della Sera, 2 juillet, p. 12.

NB: Domenico Losurdo est Professeur d’histoire de la philosophie à l’université d’Urbin (Italie). Il dirige depuis 1988 la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, et est membre fondateur de l’Associazione Marx XXIesimo secolo. Dernier ouvrage traduit en français : Staline : histoire et critique d’une légende noire (Aden, 2011).


Source: Réseau Voltaire http://www.voltairenet.org/article169576.html

dimanche 24 avril 2011

Calixthe Beyala: Dieu est au commandes pendant qu'on ensanglante l'Afrique!

Il me souvient : j'étais enfant et l'on croyait aux esprits des morts, à leur présence parmi les vivants ; j'etais enfant et un esprit habitait chaque élément de la nature, l'eau de la rivière qui coulait, ces branches que le vent faisait balancer ; j'étais enfant et nous vivions environnés par les âmes de nos ancêtres ; nous ne mourions pas, puisque nous rejoignions nos aieuls dans un au-delà si proche, si palpable puisque nous ne nous étions jamais quittés ; j'étais enfant et chaque soir à l'heure du coucher, mes tantes veuves, dressaient la table pour leurs defunts époux et dans la nuit, mes oreilles d'enfant captaient les moindres bruissements dans la demeure familiale ; j'étais enfant et au reveil, grand-mère ou une cousine plus âgée parlait de la visite d'un tel aieul durant notre sommeil. J'étais enfant, nous allions à la messe avec grand-mère et nous ne manquions jamais de faire quelque libation aux ancêtres avant de porter une miette à nos bouches.

J'étais enfant... Et l'homme Noir n'avait pas peur de mourir. Il ne semblait pas si attaché que cela aux choses terrestres puisqu'il n'y avait pas de rupture entre hier, aujourd'hui et demain. Et l'Homme Noir avait des convictions, il pouvait se battre pour ses idéaux jusqu'à la dernière goutte de sang... C'était il y a si longtemps, pourtant il me semble que c'était que des centaines voire des milliers d'hommes Camerounais se battaient dans les maquis, ils savaient qu'ils allaient mourir... Certains tombaient, d'autres se relevaient... Jusqu'à ce qu'il n'y eut plus personne à assassiner.

Voilà que le christianisme a envahi les coeurs de l'Afrique et l'homme noir a peur de mourir.

Jamais on a eu si peur de mourir que depuis que l'on prie, prie, prie Sainte Vierge Marie, Jesus-Christ, Saint Joseph et tous les autres Saints... sans oublier de vivre. Oui de vivre surtout, car à y bien regarder, ces prières ne comportent qu'une demande : mieux vivre soi ! C'est ainsi qu'aujourd'hui, on prie pour l'essentiel pour avoir du travail, on prie pour s'enrichir, on prie pour que Dieu nous donne une bonne santé...

"Dieu est aux commandes, Calixthe, clament nos pasteurs. Ne t'inquiète pas"..."Aux commandes de quoi donc ? Ne cesse-je de demander et d'ajouter : Dieu ne se mêle pas d'histoires d'hommes. Il donne la foi et la force d'agir." Et l'on me rétorque " Dieu est aux commandes... Tout se passera bien, tu verras" Et tout ne s'est jamais bien passé, je le dis d'autant plus fortement que je contaste que cette religion est devenue un élément d'endormissement de la conscience des Noirs, leur exomil, leur opium !Cette manière de croire en Dieu est d'autant plus nocive qu'à l'heure où il conviendrait de se battre, se battre pour sa dignité, se battre pour la liberté des peuples, se battre pour bâtir un devenir meilleur, l'on prie pour que Dieu seul retablisse l'ordre. Qu'il nous octroie la liberté ! Qu'il donne la dignité ! Qu'il nous introduise dans l'histoire des peuples et des Nations ! Et j'en passe... Pendant ce temps, d'autres nous écrasent et pourquoi ne le feraient-ils pas ? Il rient, oui rient jusqu'à se tenir les côtes : " Quelle naïveté, se moquent-ils. Pourvu qu'ils continuent à penser que Dieu...." Et pendant ce temps, ils tuent nos enfants, violent nos femmes, pillent nos richesses. "Dieu est aux commandes, peuples d'Afrique ! "
Source:http://afrohistorama.over-blog.com/article-calixthe-beyala-dieu-est-aux-commandes-pendant-que-l-on-ensanglante-l-afrique-72405994.html

Espionage sur internet

Chers lecteurs de mon blogue, permettez-moi de publier intégralement le message que j'ai reçu d'un internaute qui me semble pertinent à plusieurs égards. Jugez-en vous-même.




" Communauté internationale NON merci !!!
Onu – fmi – bm – cpi – tpi – ogm – UA – NON merci !!!


@tous les résistants ivoiriens merci de bien prendre note des conseils ci-dessous:

Conseil 1 : ne faites pas usage des mêmes outils de communication que vos adversaires car ils maîtrisent mieux que vous leurs systèmes, les renseignements américains ont beaucoup échoué parce qu’ils ont misé sur le tout électronique ! créer votre propre code, ayez des messagers dans tous les cartiers et toutes les villes, créer des signes visuels, un langage codé etc.
Conseil 2 : lors de vos réunions que vous discutiez à deux ou à plusieurs, enlevez la batterie de vos portables car il est prouvé depuis 1990 que un portable même éteint sert de micro, l’ingénieur d’une grande marque qui l’a révélé a été viré, c’est utilisé dans espionnage industriel. La preuve, lorsque vous programmez votre réveil, votre téléphone s’allume seul alors qu’il était OF !
Conseil 3 : ceux qui ont les nouveaux portables appelés « window phone » avec système d’exploitation intégré, désactivez systématiquement la fonction GPRS et Bluetooth car avec ces programmes, ils peuvent piquer vos données et vous localiser facilement même si vous ne téléphonez pas ! la meilleure parade est de rétirer la batterie de votre mobil. Pour les « Window phone » un programme permet de vous écouter à distance ! les détectives l’utilisent pour confondre les couples adultériens dans le cadre de divorce !
Conseil 4 : lorsque vous laissez l’ONUCIE et la Force LICORNE se ballader dans vos quartiers, sachez qu’ils utilisent un système de balayage électronique qui leur permet de récupérer vos codes bancaires, vos adresses Mail, tous vos mots de passe, identifiant, tout mais vraiment tout ! pour info, Google a fait usage de ce système pour son service Google Street View et a été condamné à 100 000 Euros par la CNIL en France.
Conseil 5 : si vous utilisez un ordinateur portable ou autres qui dispose d’un micro et d’une webcam, je vous conseille soit de mettre ces deux outils HS soit de les obstruer ! ne les désactivez pas puisque on peut le faire à distance ! en effet, ils peuvent via internet insérer un programme dans votre ordi qui leur permettra lorsque votre Ordi est allumé, de mettre votre Webcam et votre Micro en route ! ils verront et entendront tout ce que vous faites en direct, c’est un jeux d’enfant ! c’est très courant dans l’espionage industriel !
Conseil 6 : votre priorité doit être la destruction totale du 43 ème BIMA par tous moyens, après ça ils seront obligés de partir ! pourquoi vous faire tuer comme des idiots et des lapins ? si tous ces jeunes morts cadeau s’étaient déverser en masse dans ce camp comme un seul homme, les militaires français en auraient tué beaucoup mais puisque c’est le nombre qui fait la différence et non les armes, certains combatants ivoiriens auraient pu pénétrer dans ce camp et le foutre en l’air définitivement ! les images auraient fait mouche dans le monde ! sachez que ces dirigeants sont très fragiles car ils naviguent au gré de leur opinion publique c’est pourquoi ils leur cachent les choses et utilisent les médias à leur solde pour les désinformer. Ils ne vont tout même pas tué tous nos parents lâchement ! aprenez à parler le même langage qu’eux, si ils vous parlent en Anglais ou en Français et que vous leur parlez en Agni ou en Bété ou Ebrié, ils ne comprendront pas ! vous voyez ce que je veux dire ?
Conseil 7 : la Bible nous apprend que l’homme est fait à l’image de DIEU et Jesus nous dit homme de peu de Foi, si votre Foi était ne serait-ce que aussi petite qu’une graine ou une noix, vous déplaceriez une montagne ! méditez bien ces paroles Biblique, elles sont pleines de bons sens, les Croisés Occidentaux font confiance à leurs Matériels, vous, vous avez toute la puissance de la création non pas avec vous mais en vous ! en un mot, aucune armée fus t’elle la plus puissante au monde ne vous vaincra si vous avez la Foi même si vous avez Faim, soif et sans argent. C’est dans l’action et la prière que vous gagnerez, la prière seule équivaut à l’inaction et à la passivité. Les Haïtiens, les Vietnamiens, les Algériens étaient dans une situation pire que la vôtre car eux n’avaient ni Internet, ni Téléphone, ni médias, ni argent, ni témoins, ni appareil photo et pourtant ils ont gagné avec leur Foi ou conviction, vous aussi pouvez faire de même ! A méditer : « le savoir n’est jamais qu’un degré, un degré pour être, il n’est du véritable savoir que celui qui peut se changer en être et en substance d’être c’est-à-dire en acte ». "



La CNIL condamne Google à 100 000 euros d'amende

Guillaume Champeau - publié le Lundi 21 Mars 2011 à 09h51 -

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La CNIL a condamné Google à verser 100 000 euros d'amende, pour avoir enregistré des données personnelles sur les réseaux WiFi qu'il croisait avec ses Google Cars, utilisées pour cartographier et illustrer son service Google Street View.

C'est une condamnation financièrement modeste au regard du chiffre d'affaires réalisé par la firme de Mountain View, mais hautement symbolique sur le plan des principes. La CNIL a annoncé lundi la condamnation de Google au paiement d'une amende de 100 000 euros, dans le cadre de l'affaire Google Street View. Alors qu'ils ne devaient prendre que des photographies des lieux parcourus, les véhicules de Google ont capté lors de leur parcours des données des réseaux WiFi ouverts qu'ils rencontraient. Sans la moindre autorisation.

Les contrôles que la CNIL a réalisés fin 2009 et début 2010, notamment après les révélations allemandes, ont "révélé divers manquements comme la collecte de données Wi-Fi à l'insu des personnes concernées et la captation de données dite "de contenu" (identifiants, mots de passe, données de connexion, échanges de courriels)". Le gendarme français du respect de la vie privée avait d'abord mis en demeure la société américaine le 26 mai 2010 de cesser toute collecte et de lui fournir copie des données captées. La CNIL qui a reçu 16,8 Go de données dont 1400 Mo exploitables le condamne finalement après avoir estimé que Google n'avait pas "répondu à ses demandes dans les délais impartis".

"L'analyse menée sur ces données par la CNIL a permis de constater que GOOGLE avait enregistré, outre des données techniques (identifiants SSID et adresses MAC des points d'accès Wi-Fi), de nombreuses données concernant des particuliers, identifiés ou identifiables (données de connexion à des sites web, mots de passe de messagerie, adresses de courrier électronique, échanges de courriels révélant notamment des informations sensibles sur l'orientation sexuelle ou la santé des personnes)", écrit la CNIL dans un communiqué.

La décision (.pdf) montre que la Commission a "pu isoler 656 Mo de données relatives à la navigation sur Internet, révélant la présence de 112 mots de passe d'accès à des sites internet (http) ainsi que de nombreuses données de connexion à des sites de rencontre et à des sites pornographiques". Elle a également trouvé 72 mots de passe de messagerie, 124 adresses e-mail sur protocole smtp, et 774 adresses sur l'ensemble des protocoles. La CNIL explique qu'elle a facilement pu recouper des informations pour voir l'adresse IP d'internautes qui se connectaient à des sites gay ou à des sites libertains.

Google a plaidé l'erreur, et accepté de supprimer les données personnelles enregistrées. Mais il n'a pas fourni "les éléments du programme informatique ayant conduit à la collecte des données Wi-Fi", et refuse d'effacer "les données identifiant les points d'accès Wi-Fi de particuliers à leur insu". La CNIL semble considérer que même s'il s'agit de données visibles de l'extérieur, communiquées publiquement par l'essence-même du protocole WiFi, les SSID et adresses Mac des routeurs sans-fil relèvent de données personnelles qui nécessitent une autorisation de collecte. Un point de vue selon nous discutable, mais la CNIL critique "le défaut d'information" de Google. En effet, "cette collecte n'est aujourd'hui plus réalisée par les "Google cars", mais s'opère directement par le biais des terminaux mobiles des utilisateurs se connectant au service de géolocalisation Latitude (smartphones, etc.), et ce à leur insu", explique la Commission. Elle critique d'ailleurs le fait que Latitude n'est pas déclaré à la CNIL malgré ses demandes.

Source:http://www.numerama.com/magazine/18338-la-cnil-condamne-google-a-100-000-euros-d-amende.html

L'armée américaine veut manipuler les réseaux sociaux avec de faux profils

Julien L. - publié le Vendredi 18 Mars 2011 à 09h42 -

posté dans High-Tech Pirater cet article !


Pour mener des "opérations d'information" auprès des populations du Moyen-Orient, l'armée américaine a passé un contrat avec la société Ntrepid pour concevoir un système permettant de contrôler des faux profils sur Internet. Il permettrait d'interagir avec des internautes en répondant à des messages ou en réagissant sur des blogs. Pour l'heure, il se limite officiellement aux langues de la région. Mais rien n'indique que le système ne sera pas élargi par la suite.

L'armée américaine ne se contente pas de bloquer sporadiquement des réseaux sociaux et des sites de divertissement. Elle les infiltre aussi. C'est en tout cas ce qu'affirme le Guardian dans son édition d'hier. D'après le journal britannique, les États-Unis ont mis en place un programme permettant de surveiller les activités des internautes inscrits sur certains sites communautaires. L'article explique qu'une société californienne, Ntrepid, a remporté un contrat de 2,76 millions de dollars avec l'United States Central Command (CENTCOM), un commandement américain chargé de gérer les opérations militaires au Moyen-Orient et dans la corne de l'Afrique. Le système mis au point par Ntrepid permet à un militaire américain de contrôler jusqu'à 10 identités distinctes.

Le but d'un tel système est de permettre aux États-Unis de mener des opérations d'information, visiblement à destination des populations couvertes par les attributions du CENTCOM. En d'autres termes, l'armée américaine veut mener une guerre psychologique en répondant à des messages Facebook, des billets de blog, des interventions sur Twitter ou des discussions sur les messageries instantanées.

Le système serait encore en cours d'élaboration, précise le Guardian, mais impossible de savoir s'il fonctionne déjà partiellement. Les faux profils sont conçus de façon à être crédibles : ils ont une histoire, un passé et sont dotés de détails précis pour faciliter leur intégration au sein du réseau social. L'ensemble étant culturellement et géographiquement cohérent avec la zone d'opération.

Selon le porte-parole du CENTCOM, Bill Speaks, aucune intervention n'est prévue en langue anglaise car il serait illicite de s'adresser au public anglophone, notamment américain, avec une telle technologie. En revanche, l'armée américaine communiquera en direction des locuteurs du Moyen-Orient : arabe, persan, ourdou et pachto. Rien n'indique s'il s'agit-là de toutes les langues gérées par le système ou s'il en existe d'autres (chinois ? Russe ?).

L'armée américaine a donc décidé de s'appuyer sur les réseaux sociaux "pour contrer la violence extrémiste et la propagande ennemie hors des États-Unis", en particulier au Moyen-Orient. À défaut de remporter les coeurs et les esprits sur le terrain, elle cherche à agir sur l'opinion publique pour limiter l'influence de groupes hostiles aux Américains et retourner la situation à son avantage.

La perspective américaine au Moyen-Orient est sombre. L'administration Obama est engagée dans deux opérations militaires d'envergure (Afghanistan et Irak), fait face à le menace iranienne et doit gérer l'allié pakistanais. La stratégie de contre-insurrection menée par le général Petraeus en Irak semble avoir fait des émules, puisqu'elle se déplace dans la sphère numérique.

L'information du Guardian rappelle, dans une autre mesure, le système Hérisson de l'armée française. Acronyme de "Habile Extraction du Renseignement d'Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées", l'outil vise à surveiller, référencer et analyser dans une vaste base de données toutes les communications et les contenus véhiculés par tous les médias, notamment Internet.
Source:http://www.numerama.com/magazine/18319-l-armee-americaine-veut-manipuler-les-reseaux-sociaux-avec-de-faux-profils.html


Herisson : l'armée française veut surveiller le net en profondeur


Guillaume Champeau - publié le Jeudi 19 Mars 2009 à 16h37 - posté dans Société 2.0 Pirater cet article !


L'information est une composante stratégique essentielle dans la stratégie militaire. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que l'armée cherche à surveiller Internet et l'ensemble des communications sensibles qui pourraient avoir un impact sur la sécurité nationale. Mais avec le système HERISSON, détaillé par notre confrère PC Inpact, la France veut se doter d'un outil de surveillance de grande envergure qui alimente le risque d'un Big Brother à la française.

Le Système HERISSON ("Habile Extraction du Renseignement d'Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées") vise à surveiller et à référencer dans une base de données toutes les communications et les contenus véhiculés par tous les médias, en particulier Internet. La Direction Générale des Armées (DGA), en charge des renseignements pour le ministère de la Défense, aurait la paternité du projet dont le cahier des charges a été rendu public dans un document Google Docs.

Le projet a été évoqué dans un appel d'offres lancé en avril 2007, portant sur les "conception réalisation et évaluation d'un plate-forme dédiée au traitement des sources ouvertes pour le renseignement militaire d'intérêt stratégique". Une fois le marché notifié, le prestataire bénéficie de 36 mois pour réaliser ce qui semble tentaculaire.

Herisson doit être capable de surveiller et de collecter des données issues des médias traditionnels (télévisions, radios libres, presse papier, livres, ...) , et des nouveaux médias (presse en ligne, sites web institutionnels, bases de données en ligne, réseaux sociaux, blogs et sites personnels, moteurs de recherche, annuaires, portail, agrégateurs d'actualités, flux RSS...). Les services de chat IRC, mailing-list, forums, newsgroups, ou Peer-to-Peer sont également visés. Herisson doit ainsi pouvoir télécharger sur les réseaux FTP ou les réseaux P2P.

Le système doit être capable de reconnaître tout type de contenus (texte, image, son et vidéo), en ayant "la capacité de collecter des données via les protocoles : MMS (flux vidéo type Windows Media Player) RSTP (flux vidéo type Real Player) POP3 (messagerie)". Il doit aussi pouvoir "gérer un éventail large, non restreint et évolutif de formats de documents de type : Vidéo (AVI, MPG, MOV, MP4, Real, FLV, OGM ...) ; Audio (WAV, MP3, OGG...) ; Image (BMP, JPG, TIFF...) ; Texte (HTML, MHTML, Open Document, Open XML/Microsoft Office, Adobe PS/PDF, Flash)".

Parmi les caractéristiques techniques souhaitées par le ministère de la Défense figure la capacité d'Herisson à effectuer les "détection et classification d'objets contenus dans une image (personne, véhicule, meuble...)" et permettre "la détection et l'identification de personne dans une vidéo". Le tout classé grâce à un système complexe de métadonnées, qui permettront de retrouver les contenus en fonction de leur source, de leur contexte, des textes qui les accompagne, etc., etc.

source: http://www.numerama.com/magazine/12365-herisson-l-armee-francaise-veut-surveiller-le-net-en-profondeur.html

























vendredi 22 avril 2011

L'Histoire de la guerre d'indépendance du Cameroun

CAMEROUN
MOIS DU MARTYR OSENDE AFANA

Osende Afana, révolutionnaire assassiné en mars 1966
Sa tête fut tranchée du corps par le colonel Pierre Semengue et ses hommes, puis ramenée au sanguinaire dirigeant Ahmadou Ahidjo.

RAPPORT SUR LE MAQUIS OSENDE AFANA :
Sud-Est Cameroun: 1er Septembre 1965 – 15 Mars 1966

par Henri Hogbe Nlend, 31.01.2008


Le 15 Mars 1966, dans le maquis de la Boumba Ngoko au Sud Est du Cameroun, Osendé Afana, l`un des plus brillants intellectuels militants anti-colonialistes de l`Afrique du 20è siècle, à la tête d`un détachement de partisans, membres de l`Union des Populations du Cameroun (UPC) engagés dans la lutte armée contre le néo-colonialisme, fut assassiné et décapité par les forces armées néocoloniales du Gouvernement camerounais.



Plus de quarante ans après, les autorités camerounaises classent toujours comme « secret -défense » les informations sur les circonstances de cet assassinat. Grâce à deux importants manuscrits sous-maquis de Osendé Afana et de son principal compagnon de lutte Fosso François, documents parvenus au Bureau de la représentation de l`UPC à Brazzaville (Congo) en 1966 , gardés jusqu`à ce jour en lieu sûr et actuellement accessibles au public, le présent Rapport, qui répond à un impératif du devoir de mémoire de la résistance populaire, révèle pour la première fois les circonstances de cet assassinat et l`ensemble de la chronologie des faits marquants du maquis dirigé par Osendé Afana

Chronologie

1er Septembre 1965:



Entrée de Osendé Afana au maquis dans la forêt du Sud-Est Cameroun à partir de Ouesso (Congo Brazzaville) à la tête d`un détachement de treize (13) partisans, militants de l`Union des Populations du Cameroun (UPC), détachement de partisans armés placé sous l`encadrement militaire de Fosso François, Secrétaire Général de la Jeunesse Démocratique du Cameroun (JDC), ancien jeune combattant de la deuxième guerre mondiale (1939-1945). Henri Hogbe Nlend, chargé des relations extérieures, ayant accompagné le Groupe de Brazzaville à Ouesso le 31 Août 1965, rentre à Brazzaville avec pour mission de confirmer aux amis de l`UPC sur le plan international l`entrée effective du Groupe de partisans au maquis et de mobiliser de leur part un plus important soutien.

Septembre 1965:



Les autorités du Congo-Brazzaville ayant demandé avec insistance au groupe des partisans de s`abstenir de toute action armée près des frontières du Congo dans les trois premiers mois suivant leur entrée au Cameroun afin de leur éviter de sérieuses difficultés avec le Gouvernement de Yaoundé, le Groupe décide de limiter temporairement ses activités à la sensibilisation et à la molilisation politiques des paysans.

05 Octobre 1965:



Première agression des forces armées néocoloniales contre les villages Nguilili I, Ngoko et Epaka où les populations ont entièrement et avec enthousiasme adhéré à l`UPC en créant des Comités de base du Mouvement. Généralisation du contrôle et de la répression des populations. Renforcement considérable des forces armées de répression en effectifs et en équipement. Reflux du mouvement révolutionnaire naissant.

20 Octobre 1965-24 Janvier 1966:



Osendé Afana et l'ensemble du groupe des partisans se replient au Congo-Brazzaville. Ils analysent les causes du reflux du mouvement révolutionnaire et recherchent les voies pour impulser un nouvel essor à la lutte sous-maquis. Osendé Afana envoie deux cadres en mission, l`un à Brazzaville, l`autre dans le secteur de Yaoundé. Ce dernier déserte .définitivement.. Le premier, le camarade Nkolla Mpo`A Ngoh, accomplit sa mission à Brazzaville mais est assassiné sur son chemin de retour.sur le fleuve frontalier Ngoko par les forces armées camerounaises le 28 0ctobre 1965. Les membres du Groupe intensifient leur entrainement militaire et leur formation politique et idéologique.

24 Janvier 1966-07 Mars 1966:



Le 24 Janvier 1966 Osendé Afana et l`ensemble du groupe retournent au Cameroun sous-maquis . Ils relancent le travail de mobilisation et d`éducation politique des masses à partir du village Epaka.



Le 19 Février 1966, ils recrute un guide local du nom de Pascal Otina. Dans la nuit du 24 au 25 Février 1966 le Groupe subit une violente attaque des forces armées néocoloniales. Certains membres du Groupe désertent avec leurs armes. Le 05 Mars 1966, Le Groupe entame un déplacement vers un campement présentant de meilleurs conditions de sécurité. Le 07 Mars 1966 à 18 heures le guide local Pascal Otina déserte.

08 Mars 1966:



Le 08 Mars 1966 à 16h30 le Groupe est brusquement et violemment attaqué par l`armée néocoloniale. Cette attaque provoque une débandade et une fuite désordonnée des membres du Groupe abandonnant tout leur matériel. Au cours de cette attaque Osendé Afana perd ses deux paires de lunettes.

15 Mars 1966:



Osendé Afana, sans lunettes, décide de retourner à Brazzaville accompagné de deux cadres pour refaire ses lunettes et étudier les possibilités de changer de maquis en créant un nouveau front à partir du Centre-Sud en vue de progresser dans une zone plus proche de sa région natale, Yaoundé. C`est en route pour la réalisation de ce plan que Osendé Afana et ses camarades tombent dans une embuscade de l`ennemi le 15 Mars 1966 à 10h30 à 11 km de la frontière du Congo-Brazzaville. Osendé et le camarade Wamba Louis sont tués et décapités. Le camarade Fosso François, grièvement blessé, réussit à s`échapper et à se cacher non loin du lieu du massacre.

17 Mars 1966:



Le camarade Fosso François revient au lieu de l'attaque du 15 Mars, trouve les corps de Osendé et Wamba en putréfaction, leurs têtes tranchées et emportées, le ventre du camarade Wamba ouvert. C`est avec un simple couteau à sa disposition qu`il essaye, en vain, d`enterrer les restes des deux camarades morts pour la Patrie.

24 Mars 1966:



Fosso François et le reste des membres du Groupe analysent la nouvelle situation créée par la perte du camarade Osendé. Ils concluent à l`impossibilité de pouvoir continuer raisonnablement la lutte armée dans cette région. Ils décident de sortir du maquis. Ainsi prit fin le maquis de l`UPC conduit par Osendé Afana dans la Sud-Est Cameroun.

Récit de l'attaque et du massacre du 15 Mars 1966 par Fosso François

« C`est à 10h30 dans un petit village de pygmées abandonné à 11 km du fleuve Ngoko dans la piste allemande que nous décidons de chercher à manger. A peine arrêtés , notre attention est attirée par un petit feu qui brûle dans une des cabanes de pygmées. Le camarade Wamba Louis qui tient le fusil de chasse avançe doucement pour se rendre compte de ce qui peut bien se passer dans cette cabane. Il revient pour nous donner le compte rendu. Pendant ce temps je m`entretiens avec le camarade Osendé sur notre future étape. Tout d`un coup, le camarade Wamba crie à haute voix: « les fantoches »!. Son cri est immédiatement suivi de celui de « Tirez »!




Aussitôt un feu nourri d`armes automatiques se met à crépiter. Je bondis immédiatement dans la forêt en quittant le camarade Osendé. Je m`aperçois aussitôt que je suis blessé au genou gauche. Je continue à m`enfoncer en profondeur de la forêt sous les balles qui sifflent autour de moi. Arrivé dans un champ de bananes, je me blotis au pied d`un bananier et de là je suis le mitraillage infernal des soldats fantoches. Ce mitraillage dure environ dix minutes. Après quoi les rafales de mitraillettes se font retentir d`une façon isolée un peu partout dans la forêt et dans le champ. J`ai l`impression que les soldats fantoches sont en train d`achever mes camarades blessés. Cette fusillade dure également plus de dix minutes.




Finalement une rafale de mitraillettes assez longue se fait entendre sur la piste allemande suivie de cris. C`est la fin de la tragédie. Lorsque je quitte le lieu de ma cachette, je me mets à suivre une piste des pygmées perdant énormémént du sang. Après deux heures et demi de marche, je me trouve dans un campement de pygmées au bord d`un important cours d`eau. Epuisé, je m`étends sur un grabat et m`endors jusqu`au matin.




Au réveil mon genou est enflé et j`ai l`impression qu`il pèse plus de trente kgs. Je traine dans le campement à la recherche de quoi chauffer de l`eau. Finalement je trouve un morceau de marmite en terre cuite. Je fais un petit feu sur lequel je réussis à chauffer l`eau. Avec mon mouchoir de poche, je fais le massage de mon genou. Après cette difficile besogne, je me repose un peu. Après quoi je me décide de retourner sur le lieu de l`attaque pour me rendre compte de ce qui s`était passé la veille. Parti du campement à 11h30, je ne parviens au lieu de l`attaque qu`à 18h30 trainant ma jambe sur une piste jonchée de troncs d`arbres, de cours d`eau, de collines.




Ce fut le moment le plus difficile de ma vie. Il est à signaler que toute la piste allemande a été entièrement désertée par la population depuis l`agression ennemie d` Octobre 1965. Epuisé, je m`endors à quelques quinze mètres des cadavres de mes cadavres sans m`en rendre compte. Ce n`est que le lendemain, 17 Mars 1966 , que je vois à quelques mètres de moi deux formes humaines en putréfaction. Je m`approche les yeux effarés . Je ne reconnais les corps des camarades Osendé Afana et Wamba Louis que par leur tenue vestimentaire, car leurs têtes ont été tranchées et emportées. Le ventre du camarade Wamba est ouvert. A côté d`eux, un demi sac de sel, les fantoches ayant brûlé tout ce qu`ils ne pouvaient pas emporter avec eux. Fou de colère, j`oublis le mal de mon genou. Que faire? J`ai sur moi en tout et pour tout un couteau. Cela est insuffisant pour enterrer mes camarades.Je murmure quelques mots de serment sur les corps de mes compagnons de lutte et je me mets en route vers un campement de repli où , après quatre jours de marche dans la forêt, j`ai la grande joie de trouver sains et saufs les autres camarades qui attendaient anxieusement. »

Activités de mobilisation politique des masses: du flux au reflux

Le Groupe de partisans avait décidé de commencer son travail par la sensibilisation et mobilisation politiques des paysans.Dans ce travail de masse, le Groupe avait adopté une politique de stricte discipline et d`unité militante. D`une part nos guerilléros ne prenaient rien aux paysans et ne portaient aucune atteinte à leurs intérêts. Ils achetaient tout ce qui leur était indispensable et payaient également tous ceux qui leur rendaient des services tant soi peu importants. D`autre part, ils donnaient à certains paysans, notamment les pygmées, des avantages matériels en vêtements, soins médicaux, instruction primaire élémentaire, formation politico-militaire de base. Ils les aidaient à cultiver leurs champs.

Les résultats de ce travail se sont fait rapidemment sentir. En moins de deux semaines, des comités de base de l`UPC groupant des paysans étaient créés dans

Causes principales de la défaite

Les causes principales de la défaite du maquis de la Boumba Ngoko au Sud-Est Cameroun, causes partiellement identifiées par Osendé Afana lui même avant sa mort et par l`ensemble des membres du Groupe de partisans, sont les suivantes:



1) La région de la Boumba Ngoko dans laquelle nous nous proposions de créer notre première base révolutionnaire d`appui n`avait subi depuis la seconde guerre mondiale aucune influence du mouvement syndical ou politique de libération nationale qui se développait dans plusieurs régions du pays comme le Littoral, l`Ouest, le Centre et le Sud. Les populations, essentiellement pygmées et paysans bantous pauvres et analphabètes, n`avaient presque jamais mené d`importantes luttes économiques et politiques contre l`exploitation et la domination coloniales et néocoloniales. Leur conscience politique était très faible et leur expérience de lutte pratiquement nulle.



2) La région était très peu peuplée et la population très clersemée , ce qui obligeait les guérilleros, qui devaient en principe évoluer au sein du peuple comme des poissons dans l`eau, à combattre pratiquement en terrain découvert contre un ennemi plus puissant.



3) La faiblesse quantitative et qualitative de notre détachement tant du point de vue de son effectif qui d`ailleurs ne cessait de diminuer parsuite de désertions successives et des difficultés de recrutement local que du point de vue de son équipement initial en armes et munitions.



4) Aucun membre du Groupe initial de partisans n`était originaire de la région et aucun n`avait une connaissance suffisante du terrain, de la langue, des moeurs et des coutumes des populations.



5) Aucune mission préalable d`étude et de reconnaissance des lieux n`avait été effectuée.



6) L`entrée du Groupe sous maquis à partir du Congo-Brazzaville s'était déroulée sans aucune discrétion et ses déplacements dans la région laissaient beaucoup de traces.



7) Le Gouvernement du Congo-Brazzaville, tout en nous soutenant sous diverses formes,, était opposé à toute action militaire partisane à ses frontières.



8) Des divergences persistaient au sein du Groupe au sujet de la direction tactique du détachement, entre Osendé Afana, plus politique et soucieux de respecter la volonté de nos amis congolais et Fosso François, plus militaire..



9) Aucun contact préalable n`avait été pris avec le maquis de l`Ouest dirigé par Ernest Ouandié.



10) Une appréciation inexacte de notre part de l`évolution de la stabilisation et du renforcement du pouvoir néocolonial et de l` activité politique des masses à l`échelle nationale.



11) Enfin nous comptions trop sur l`aide extérieure bien que nos amis ne cessaient de nous rappeler ce précieux enseignement de Mao Tsé-toung:



«Ceux qui veulent la révolution, ceux qui veulent mener une guerre populaire et arracher la victoire, doivent compter fermement sur eux mêmes, s`appuyer sur les forces des masses populaires du pays et se préparer à combattre seuls au cas où toute aide matérielle extérieure leur serait coupée. S`ils ne font pas d`efforts, n`envisagent pas en toute indépendance les problèmes de la révolution de leur pays pour leur donner des solutions propres et ne s`appuient pas sur les forces des masses populaires du pays, mais s`en remettent à l`aide extérieure, même à l`aide des pays socialistes qui poursuivent la révolution, ils ne pourront pas enlever la victoire et l`emporteraient-ils qu'ils ne parviendraient pas à la consolider » (Lin Piao: « Vive la victorieuse guerre du peuple», Pékin I966).

Ainsi fut la conclusion de mon dernier entretien sur les problèmes de la révolution camerounaise avec le Président Mao Tsé-toung le 17 Juillet I966 à Wuhan.

Janvier 2008

Henri Hogbe Nlend
Représentant Permanent de l`UPC auprès du
Gouvernement du Congo-Brazzaville (1965-1966)

Sources:










-Rapport manuscrit de Osendé Afana en date du 1er Décembre 1965, parvenu au Bureau de la représentation de l`UPC à Brazzaville (Congo) le 28 Février 1966. -Rapport manuscrit de Fosso François en date du 24 Mars 1966, parvenu au Bureau de la représentation de l`UPC à Brazzaville (Congo) le 21 Avril 1966

Annexe:



Eléments biographiques de Osendé Afana :Naissance au Cameroun en 1930 dans le Département de la Lékié, Province du Centre. Etudes secondaires au Lycée Leclerc de Yaoundé :Bacccalauréaut 1951. Etudes universitaires à la Faculté de Droit et Sciences Econonomiques de Toulouse: Docteur ès sciences économiques (thèse publiée en Mars 1966 par les Editions Maspéro,Paris, sous le titre « L`Economie de l`Ouest africain. Perspectives de développement » Fondateur du Comité de base de l`UPC à Toulouse.



Elu en Décembre 1956 Premier Vice-Président de la FEANF (Fédération des Etudiants d`Afrique Noire en France). Le 11 Juillet 1957, Ruben Um Nyobè, par lettre N°0223/AE/BCD sous-maquis le charge d`assurer en France la publication de son écrit sous-maquis « Comment dénouer la crise kamerunaise ».



En Février 1957, Osendé Afana se rend à New York comme délégué de la FEANF pour y défendre la cause de l`indépendance du Cameroun devant la Commission de tutelle de l`ONU. Décembre 1957: Osendé Afana est élu Trésorier général de la FEANF.Février 1958: Osendé Afana rejoint clandestinement au Caire Félix Roland Moumié Président de l`UPC et les autres dirigeants exilés de l`UPC en Egypte. Il est nommé Représentant Permanent de l`UPC au Secrétariat de l`OSPAA (Organisation de Solidarité des Peuples Afro-Asiatiques).



Le 30 Juin 1960, Osendé Afana est désigné par Moumié pour représenter l`UPC aux fêtes de l`indépendance du Congo-Léopoldville et préparer une mission ultérieure de Moumié lui -même qui se préparait à transférer la base extérieure principale de l`UPC à Léopoldville en accord avec Patrice Lumumba. Moumié arriva en effet en fin Aôut I960 à Léopoldville et le 05 Septembre 1960 Lumumba autorisa l`ouverture d`une réprésentation de l`UPC à Léopodville.




Le 14 Septembre 1960, le Président de l`UPC quitta clandestinement le Congo après un mandat d`arrêt lancé contre lui par le Colonel Mobutu qui venait de réussir son coup d`Etat pro-impérialiste. Après l`assassinat du Président Moumié à Génève en Novembre 1960, Osendé s`intalla à Conakry (Guinée) et à Accra (Ghana) puis en Mai 1965 à Brazzaville après la « révolution des trois glorieuses » au Congo-Brazzaville. Cest de là qu`il prépara son entrée au maquis dans le Sud -Est Cameroun où il fut assasiné le 15 Mars I966 par les fornes armées néocoloniales.

Remember Osende Afana : un intellectuel assassiné dans le maquis

Il y a quarante ans, jour pour jour, le brillant économiste et le plus maoïste des upécistes était abattu dans les maquis du Deuxième front, non loin de la frontière du Cameroun avec le Congo.
Par Edmond Kamguia K., (16/03/2006)

Il y a quarante ans, jour pour jour, le brillant économiste et le plus maoïste des upécistes était abattu dans les maquis du Deuxième front, non loin de la frontière du Cameroun avec le Congo. Hommage à un héros national décapité comme un criminel.

Il était âgé de 36 ans lorsque, le 15 mars 1966, il fut assassiné à Ndélélé par les forces de sécurité de l’armée coloniale, au service de feu président Ahmadou Ahidjo. Selon la légende, la tête d’Osendé Afana fut tranchée et ramenée à Ahidjo qui la voulait. De la même manière que sur la sollicitation pressante de Salomé et de sa Hérodiade, épouse de Hérode, Jean-Baptiste, qui donna le baptême à Jésus, fut décapité. Peu ou mal connu des jeunes d’aujourd’hui, Osendé Afana fait partie d’une génération de révolutionnaires qui ont payé de leur vie leur engagement et leur détermination à libérer le Cameroun et l’Afrique du colonialisme et du néo-colonialisme.

Martyr de la libération nationale.

Né en 1930 à Ngoksaa, le jeune Osendé Afana est un enfant éveillé qui, très tôt, réalise qu’il faut lutter pour se faire entendre. L’église catholique façonne son éducation, mais n’accepte pas sa liberté d’esprit. C’est sans surprise qu’il est renvoyé du grand séminaire, à cause de ses idées jugées subversives. Il s’inscrit au lycée général Leclerc de Yaoundé, où il obtient son baccalauréat en 1952. Cette année-là, il fait partie des meneurs de la grève organisée dans le lycée par les élèves Noirs, pour revendiquer de meilleures conditions de vie à l’internat. Avec ses camarades de classe, il ne cède pas aux menaces, et met en pratique les principes défendus par l’Union des populations du Cameroun (Upc), dont il n’est pas encore membre. C’est à Toulouse, en France, où il poursuit des études supérieures en économie,qu’il décide de militer dans le parti nationaliste camerounais. Il est l’un des fondateurs du comité de base de l’Upc de Toulouse et anime dans la même localité la section de l’Association des étudiants camerounais (Aec).

En 1954, Osendé Afama représente l’Association des étudiants camerounais (Aec) à la commission d’attribution, à la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (Feanf). En 1956, il fait partie du comité de rédaction du journal, “ L’Etudiant d’Afrique noire ”, de la Feanf. Il en devient rapidement le directeur et fait, désormais, partie du comité exécutif de la Fédération. L’année suivante, il devient trésorier de la Feanf et s’installe à Paris. Mais le journal qu’il dirige gêne les autorités françaises, à cause d’une ligne éditoriale très engagée. Osendé Afana quitte clandestinement la France, en 1958, pour rejoindre au Caire, en Egypte, la direction de l’Upc en exil.




Il devient, après l’assassinat de Ruben Um Nyobe, un collaborateur important de Félix-Roland Moumié, d’Ernest Ouandié et d’Abel Kingué. Il est nommé représentant de l’Upc au Secrétariat permanent afro-asiatique au Caire. Aux côtés des trois dirigeants de l’Upc, Osendé Afana apporte son savoir et son savoir-faire pour faire avancer la cause nationaliste. Il a le privilège de faire partie de la délégation qui est allée défendre aux Nations unies la thèse de l’indépendance du Cameroun, comme une exigence et une nécessité immédiate. Osendé Afana ne quitte pas les membres du comité directeur de l’Upc en exil lorsque le siège du parti se déplace du Caire pour Conakry, en Guinée.

La mort du président Félix Moumié, le 3 novembre 1960, à Genève, des suites d’un empoisonnement au Thallium, entraîne la constitution d’un comité révolutionnaire comprenant Ernest Ouandié, Abel Kingue, Osendé Afana, Njawé Nicanard, Ndongo Diye, Michel Ndoh et Woungly Massaga. Deux des sept membres de ce comité vont choisir de retourner aux maquis. Ernest Ouandié en est le premier, suivi par Osendé Afana. L’un et l’autre prennent respectivement la direction du “ front de l’Ouest ” et du “ front de l’Est ”, encore appelé “ deuxième front ”. Mal préparé et, sans doute, trahi, Ossendé Afana est repéré, pourchassé et abattu. Avec ses compagnons de lutte du deuxième front, aux frontières du Cameroun avec le Congo. Les circonstances exactes de l’assassinat de Osendé Afana ne sont pas totalement élucidées.

Témoignage.

Il y a quelques années, dans un débat par médias interposés, feu l’écrivain, Mongo Beti, demandait à Henri Hogbe Nlend de dire au public ce qui s’est passé réellement le 15 mars 1966. L’ex-ministre n’a jamais répondu à l’interpellation de l’écrivain immortel. Dans un témoignage publié il y a dix ans, Michel Ndoh de regretté mémoire, déclare que : “ Osendé était le premier économiste camerounais et même d’Afrique noire. Il était mordu par le virus upéciste (…) Il entre au maquis relativement sans discrétion et de façon précoce. Notre projet du Deuxième front, que Woungly Massaga ira mener plus tard, nous entendions le concrétiser dans la discrétion et pas en 1966. Osendé a voulu précipiter les choses. (…) Je garde de lui le souvenir d’un nationaliste véritablement engagé, radicalement différent de ceux qui, aujourd’hui, ne s’engagent dans le combat que pour défendre leurs intérêts ou ceux de leurs tribus. (…) ”, avait-il conclu. Plongée dans les divisions et les factions qui ternissent son image, l’Upc n’a pas encore retrouvé sa vraie place dans l’échiquier politique.

Les querelles de chiffonniers entre légalistes et légitimistes upécistes ont débouché sur l’appropriation par certains du sigle de l’Upc à des fins égoïstes. Quarante ans après la disparition du premier théoricien du socialisme africain, il est souhaitable que ceux, qui se réclament de son parti politique (l’Upc), fassent preuve d’humilité et changent de mentalités. Ecrivain, homme politique, intellectuel et homme d’action au service de son peuples, Osendé Afana est, avec Cheikh Anta Diop, un précurseur sur les études scientifiques relatives aux conditions du développement de l’Afrique. Incompris et marginalisé comme le sont la plupart des prophètes, ses travaux économiques et son engagement politique lui donnent raison aujourd’hui. Il y’a justement quarante ans, Osendé Afana s’insurgeaient contre les “ Impérialistes (qui) utilisent aussi les prêts pour piller les pays sous-développés ” en exigeant des taux d’intérêt exorbitants et des “ conditions d’utilisation et de remboursement très onéreuses ”. Il était persuadé que bon nombre de nos pays risquent de devenir “ des esclaves pour dettes ” et surtout, que l’aide des pays occidentaux “ est essentiellement un instrument du néo-colonialisme.

Source:


http://afrohistorama.over-blog.com/article-l-histoire-de-la-guerre-d-independance-du-cameroun-osende-afana-par-henri-hogbe-nlend-72251154.html

mercredi 6 avril 2011

Lettre ouverte à la Nouvelle Génération Consciente et patriote

En cette période de Lamentation où toi et moi assistons « impuissant » à l’envahissement de la portion de kamita (Afrique) que les Forces des adorateurs de Seth ont nommée Lybie et Côte d’Ivoire depuis la suffocante Conférence de Berlin le 26 février 1885;

En cette période de Lamentation où tes Frères et Sœurs de sang de Côte d’Ivoire, subissent les foudres des bombardements avilissants des descendants de Napoléon, l’autre assoiffé de ton sang;

En cette période où l’isefet (le chaos) veut s’emparer de la Ta Nefer (« La Terre des dieux »);

Comme Ipouer, je me Lamente;

Comme Horus, j’accuse;

Comme Kamose (Ahmès), vainqueur des Hyksôs, j'invoque Heru Akhty.


Au nom:

D’Amon, dieu sorti du Noun, Celui qui a inauguré l’existence la première fois,

De la Déesse-Mère Isis,

De Muntu Mungu Mulungu, l’Esprit qui confère Victoire,

Du dieu Râ, vainqueur du serpent Apophis devant sa Barque de Lumière,

De Um Nyobè,

De la Reine Kimpa Vita,

De Lumumba,

De Chaka Zulu,

De L’Enfant Conquérant Horus;

Je t’invite à constater que toi et moi sommes pris en otage par les Forces qui jadis s’empara de la vie de Steve Biko.


Quelles ont trouvées sur la Terre de nos Ancêtres des ardents dépositaires sous le contrôle de l’ « Union Africaine », ce prolongement de L’ONUCI-ONU-ÉTATS-UNIS-FRANCE-KU-KLUX-KLAN-SS-etc.


Que le sang «mélanoderme» versé dans les cales des bateaux des négriers, dans les puits et cours d’eau du Ruanda, de Duékoué, d’Abidjan, de Tombel, de Soweto, d’Alabama, de Mississipi, d’Haïti…

Exige que je me lève et te demander de te lever.


1. Création d’un Tribunal africain à compétence universelle

La recherche et l’application de la Maât (Justice, Vérité).


Maât est l’oxygène qui a vivifié tes Ancêtres. C’est elle qui leur a permis d’édifier une civilisation plusieurs fois millénaire. C’est elle qui leur a permis de jeter les bases des mathématiques, de la science, de la médecine, des Arts, de l’astronomie, de la spiritualité, etc. Maât symbolise le Vrai et le Juste de sorte qu’elle est bien souvent figurée double. Maât est le principe de l’harmonie universelle dans l’ordre physique et dans l’ordre moral. Se conduire selon la Maât c’est se conformer au commandement divin ; elle est l’adversaire du mal et de la fausseté (Isefèt).


Tu dois inscrire dans ton programme la création d’un Tribunal Africain à compétence universelle pour juger :

-les crimes de la période d’esclavage et de la traite de tes aïeux;

-le génocide des Tutsi au Rwanda et au Burundi -le génocide du peuple Herero en 1904 en Namibie, perpétré par les troupes d’Otton Von Bismarck;

-le génocide du peuple Bamiléké au Kamerun;

-le génocide du peuple Wê de Côte d’Ivoire (génocide de Duékoué);

-le génocide en Algérie;

-les massacres de la période coloniale et néocoloniale;

-les collaborateurs locaux de ces massacres : roitelets nègres (peau noir, masques blancs);

-les instigateurs de ces massacres : les impérialistes;

-la dette odieuse et les fonds vautours;

-un audit sur les fonds déposés dans le Trésor publique Français pour renchérir les Comptes d’opération depuis la création du Franc des Colonies Françaises d’Afrique (franc CFA) le 25 décembre 1945. C’est un impératif vital!

-un audit sur les fonds versés à la France par ton peuple d’Haïti pour son courage, son « audace » et sa victoire sur les troupes coloniales français et ce, depuis l’acquisition de son indépendance en 1804, etc.

2. Géopolitique et dysfonctionnement françafricain


Le monde fait face à trois enjeux principaux : l'énergie, la défense stratégique et la mondialisation. Du point de vue énergétique et précisément le pétrole. Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d'ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère.


Du point de vue énergétique


En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C'est conscient de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, et actuellement la Chine envahissent notre continent, que la « communauté internationale » bombarde la Lybie, cautionne et soutien les génocides sur nos terres. L’objectif principal est le contrôle de notre pétrole afin de garantir leur approvisionnement. N’oublie pas que les puits de pétrole du Proche et du Moyen Orient est en train de tarir. Ils ont crée des « Task Force » chargés d'étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main basse sur les ressources mondiales, de s'assurer que quoi qu'il advienne, leur approvisionnement sera assuré.


Mais, tu dois prendre conscience de ce nouveau danger qui te guette pour éviter de te retrouver privé de ton pétrole. Tu dois inscrire dans ton programme des stratégies efficaces, rapidement applicable pour éviter que tes puits de pétrole ne tarissent.


Du point de vue de la défense


Les roitelets nègres et les collaborateurs locaux de la « communauté internationale » n’ont jamais développé une armée et un armement efficace pour défendre la terre de tes Ancêtres contre les envahisseurs. Malgré la résistance héroïque des Jeunes Patriotes et de l’armée ivoirienne, une seule nuit de bombardement du principal camp militaire d’Abidjan par les descendants de Napoléon et acolytes, ont suffi pour permettre aux troupes aliénées de Ouattara, du Nigéria, du Burkina Faso, de l’UA, de la « Licorne », de l’ONUCI; de continuer à souiller le sol de tes Ancêtres de Côte d’Ivoire.



Les armées françafricaines ont été formées pour réprimer ton sursaut pour une vie meilleure et non pour assurer ta sécurité. Ton sang versus le pétrole est négligeable à leurs yeux!

L’état de déliquescence des armées françafricaines est tel que n'importe quel mouvement armé disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en déroute. Pour ce qui concerne la défense anti-aérienne. Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors datent de la colonisation. Aucun pays n'a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects dans son espace aérien sans l'aide de forces étrangères.

Les roitelets nègres croyaient être à l’abri des attaques de la France en signant les humiliants « Accords de défense ». Mais, c’était pour se défendre contre toi, contre ta tentative de t’opposer à « l’ordre » établi par la « mère-patrie» dont ils sont les principaux fonctionnaires. Ces armées sont les nouveaux dépositaires de la brutalité et de la barbarie coloniale. La conséquence de cette inertie ? Aujourd'hui, des pays comme les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques.



Dans le budget de l’État que tu dois édifier demain, prévoie une part importante pour te protéger efficacement et te faire respecter car la «communauté internationale » ne comprend que le langage de la violence et du dollar, de l’euro, etc. Les vies humaines n’ont aucune signification pour eux.

Tu es perdu si tu oublies cette notion!

Tu dois également inscrire dans ton programme la création d’un État Fédéral d’Afrique noire et chaque pays doit accepter de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d'application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 2000 dollars US par mois afin de te livrer des armes sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à ta défense. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l'Occident et de la Chine passe par l’instigation des génocides sur ton continent pour assurer la prédation de tes richesses, alors ils le feront sans état d'âme. D’ailleurs, souvient-toi des génocides et des massacres qui ont émaillé et continuer d’avoir cité chez toi.

Ils ont même décrété l’embargo sur les médicaments afin que tes frères et sœurs de Côte d’Ivoire meurent à petit feu. Le dixième de la somme d’argent que les roitelets nègres ont déposé dans les coffres forts du Trésor publique français via les comptes d’opération peut suffire à financer un armement moderne.


Tu dois inscrire dans ton programme la transformation de nos officiers supérieurs en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Tu dois comprendre que nous sommes dans un monde où le respect s'arrache par l'intelligence et la force.


Tu dois inscrire dans ton programme la création d’un Institut Panafricain d'études stratégiques crédible et fiable. Il s'agit de développer notre manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l'Afrique.


3. Modèle de l’armée égyptienne puissante et disciplinée


Jetons un coup d’œil sur la puissance militaire de nos Ancêtres. Tu dois développer une armée puissance et disciplinée comme celle de tes Ancêtres de Kemet durant l’antiquité... Quelques précisions indispensables : tu dois t’inspirer de leur organisation, de leur courage, de leur discipline et de leur patriotisme pour protéger la terre de nos Ancêtres.

N’oublie pas que tu as besoin des missiles et d’un armement moderne capable de riposter à l’attaque par les envahisseurs (ONUCI, Licorne, OTAN, etc). L'armée égyptienne a vaincu les Hyksôs (envahisseurs Arabes) durant la deuxième période intermédiaire (environ 1637-1687 avant notre ère), protégé les frontières de l’Égypte antique, étendu la domination des Égyptiens sur les Phéniciens, etc.


Prenons le temps de regarder les documents que nous ont légué nos Ancêtres. Il est donc intéressant de découvrir ceux qui n’ont cessé de défendre l’Afrique durant des millénaires, s’inspirer d’eux et leur rendre hommage par des cultes.


4. «Fusion totale » avec tes Ancêtres (Nourrir tes Égrégores)


Cérémonie du Bois Caïman


Dans la nuit du 14 au 15 août 1791, Dutty Boukman a honoré nos Ancêtres en leur offrant des sacrifices. C’est cette cérémonie qui a permis au peuple kamit d’Haïti de venir à bout des troupes coloniales françaises. C’est l’ « acte » fondateur la révolution et de la guerre d'indépendance d’Haïti.


Une autre cérémonie dédiée aux Ancêtres a permis à Ahmès (Kamose) pour venir à bout des Hyksôs durant la deuxième période intermédiaire (environ 1637-1687 avant notre ère). Tu dois inscrire dans ton programme politique la construction des Temples dédiés à tes Ancêtres. Tu seras toujours dominer et soumis si tu ne te retournes pas vers tes Ancêtres pour solliciter leur « Souffle de vie ».


Tu ne peux arriver à rien en tournant le dos à la Déesse-Mère Isis, à Osiris, à Horus.


Tu dois constamment et en toute circonstance honorer tes Ancêtres, leur «offrir» des «présents».

Comment le peuple kamite nourrit les égrégores ennemis (2)


En plus des puissantes armes économiques gracieusement offertes à ses ennemis, le peuple kamite continue, depuis l’occupation illégale de son espace mental par le Dieu ternaire et ses légions d’égrégores, de leur fournir les redoutables armes énergétiques indispensables à leur mission de destruction massive. La fourniture de nourriture, par le biais de la prière. Chaque prière qu’un(e) kamite fait, individuellement ou collectivement, dans la concession familiale, dans une synagogue, une église ou une mosquée, à l’occasion de cérémonies religieuses, il (elle) nourrit, pour le malheur de son peuple, les entités chargées de le maintenir au bas de l’échelle humaine. Souviens-t-en toujours jeunesse kamite !


Tous ces égrégores vivent essentiellement et ont besoin, pour agir efficacement, des énergies produites par les pensées, les prières, les émotions de leurs créateurs et des suivants de ces derniers. La fourniture de nourriture, par le biais de la substitution des parcours historiques. Pour te rendre compte à quel point ton peuple, si Grand de Grandeur hier, s’est complètement égaré sur la route de la dignité, fais l’effort de recenser les cérémonies religieuses qui lui font gaspiller ses émotions, du premier jour de l’an chrétien au dernier jour de la même année chrétienne ; c’est-à-dire du 1er janvier au 31 décembre de chaque année.


Tu ne trouveras pas moins de 7 fêtes juives, 9 chrétiennes, 7 musulmanes. Plus qu’à l’occasion des prières collectives, ces festivités sont des circonstances particulières où le maximum d’énergies nourrissantes et fortifiantes est envoyé au Dieu ternaire et à ses légions d’égrégores. Ce sont, en effet, des dizaines voire des centaines de millions de personnes qui font converger au même moment toutes les ondes de leurs pensées, de leurs paroles et de leurs actes vers ces entités.


La fourniture de nourriture, par le biais de l’invasion des noms étrangers.


Jeunesse kamite, il faut que tu saches qu’un nom, qu’il soit ou nom celui d’un égrégore, a toujours une fonction déterminée dans la société qui l’a créé. Il est plus qu’un outil d’identification ; il constitue un élément fondamental dans la conservation de la mémoire du passé. Le Dieu ternaire le sait et ne s’en cache pas : «…et vous ferez disparaître leurs noms de ces lieux».



A-t-il recommandé à son peuple élu prenant possession de la terre de Canaan qu’il lui a offerte. L’impérialisme étant un de ses traits de caractère saillants, il n’accepte aucune cohabitation ; il préfère phagocyter tout simplement tout qui est différent de lui afin de détruire jusqu’à son souvenir. Son propre nom et ceux de ses peuples élus doivent donc se substituer à ceux de Canaan. Comme, plus tard, ils remplaceront ceux des autres peuples que ses légions de prêcheurs armés et barbares auront dominés.


Comment s’opère la destruction massive du peuple kamite (3)


Les prières, les offrandes et les sacrifices établissent un lien fluidique direct avec leurs destinataires. Ce lien fluidique opère comme un téléphone. Il permet donc un dialogue vibratoire entre les deux parties, puisque tout se transforme en ondes. Le contenu et la qualité de ce dialogue vibratoire est essentiellement dépendant des intentions réelles qui animent les protagonistes.


Celles du peuple kamite, ignorant et naïf, sont toujours louables parce qu’il croit avoir affaire aux bons interlocuteurs ; c’est-à-dire le Dieu et les égrégores de ses Ancêtres d’emprunt qu’il prend pour les siens, ayant accepté de s’intégrer à l’humanité adamique. Or, le Dieu et les égrégores de ses Ancêtres d’emprunt vivent de bien mauvaises intentions à son égard, leur mission étant d’en faire la lie de l’humanité adamique. Aussi, la fourniture, à travers ses prières, offrandes et sacrifices, de nourriture énergétique à ces derniers a-t-elle, pour le peuple kamite, un certain nombre de conséquences désastreuses, dont les trois ci-dessous:







-Le peuple kamite signale ses positions et devient vulnérable;



-Le Dieu ternaire et les égrégores qui le secondent ne peuvent agir contre le peuple kamit qu’à la condition qu’ils soient en contact avec lui. Ce contact se « matérialise » par le lien fluidique construit et dynamisé par les actes de déférence de leur victime ignorante. C’est de la sorte que cette dernière signale ses positions quotidiennement.


-En effet, à l’exemple d’un missile guidé par la source d’énergie de sa cible, les ennemis invisibles du peuple kamit ont absolument besoin des ondes émises par ses actes de dévotion, pour le localiser.

En réponse aux énergies fortifiantes qu’ils reçoivent de lui, le Dieu ternaire et les égrégores à sa suite, renvoient au peuple kamit un tourbillon d’énergies toxiques produites par leur raison d’être négrophobe et dont les vibrations inharmoniques brouillent ses facultés mentales et obstrue sa vision réelle du monde. Par ailleurs, plus intensément le peuple kamit les vénère, plus violemment il renie ses propres Ancêtres. La honte qu’il éprouve et nourrit à leur endroit agit à la manière de pensées négatives durables qui finissent par prendre corps en générant la situation qu’elles portent. Les vibrations inharmoniques intrinsèques à pareille attitude, contribuent à anesthésier ses facultés de réflexion et à l’installer dans une dépendance totale.







Le peuple kamit coupe le lien fluidique avec ses Ancêtres et leurs alliés.







L’adoration du Dieu ternaire qui le hait de toutes ses forces et l’élévation des égrégores-faux personnages historiques au-dessus de ses Ancêtres ont donc pour résultat de produire contre le peuple kamit les ondes nocives propres aux pensées et aux paroles négatives nourries par la honte et le rejet de lui-même. Ces mauvaises vibrations adressées inconsciemment à ses Ancêtres ont pour effet hautement préjudiciable d’interrompre sinon alors de gêner considérablement tous les échanges fluidiques qui devraient dynamiser ses contacts avec eux, à son bénéfice.







Le peuple kamite est ainsi privé de l’aide dont il a besoin afin de :







-se blinder contre toute attaque ennemie invisible,




-pratiquer sa propre Vision du Monde,




-être un acteur majeur dans la conduite des affaires de la vraie humanité.







NB: (2) et (3) : le grand frère Doumbi Fakoly a écrit ces lignes pour toi.







5. Humanités Classiques Africaines







Tu dois constamment te ressourcer dans les Humanités Classiques Africaines : seul ton enracinement et la maîtrise de ton Histoire peuvent assurer ta victoire sur les Forces du mal et assurer ainsi ta SURVIE. Le grand-frère Birago Diop dit que : « l’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la terre nourricière. »







Aucune paresse, aucune raison ne doit justifier ta réticence à entreprendre cette quête de la réappropriation de ton patrimoine culturel. L’aliénation des roitelets nègres et de leurs collaborateurs ainsi que l’ignorance de ton Histoire sont fatales pour toi. Nos Ancêtres crient leur colère. Voilà pourquoi ton peuple est humilié par ses propres enfants, voilà pourquoi les génocides foisonnent partout, voilà pourquoi l’Evu Mana (les Forces du mal) orchestre l’isefet (le chaos) partout où tu mets les pieds.







6. Bien Publique à l’échelle mondial: démantèlement des paradis fiscaux et judiciaire







Tu dois militer activement pour le démantèlement des Paradis Fiscaux et Judiciaires, la suppression des Fonds Vautours, l’annulation de la dette odieuse, la création des Biens Publiques à l’échelle mondiale. Tu dois également t’engager dans des Associations qui militent pour la préservation des vies Humaines telle que Survie (www.survie.org), etc.







Par le Souffle de Thoth, Celui qui détient les clés de l’Amenti;







je te souhaite : Ankh (Vie), Seneb (Santé) et Oudjat (Force) !







Dr Pandey Théophile Tala



Afro-centriste



Ottawa, Canada