samedi 19 mars 2011

« Génération sacrifiée » Vs « Génération privilégiée » : la logique de deux lobbies qui s’affrontent au Cameroun

Par Louise-Marie Kakdeu

Problème politique

La Génération qui s’estime « sacrifiée » veut renverser la Génération dite « privilégiée » qui dirige le pays depuis des décennies et qui se donne des privilèges insolents encore appelés dans l’imaginaire populaire « signes extérieurs de richesse ».

Coalition des acteurs

Au Cameroun, on parle de « Génération privilégiée » en référence aux « privilèges » qu’avaient les jeunes de la génération postindépendance et qui n’existent plus de nos jours. Il s’agit des facilités que l’on pouvait avoir dans le cursus éducatif, l’emploi, la qualité de vie, etc. Par opposition, on parle aussi de « Génération sacrifiée » en référence aux jeunes nés sous le Renouveau dans les années 1980 et qui connaissent des problèmes d’identité et d’intégration socioprofessionnelle.
Ainsi, on relève à foison dans l’imaginaire populaire des accusations des jeunes ou de leurs parents allant dans le sens de ce que : « l’école d’aujourd’hui n’est plus l’école », « Paul Biya a coupé la bourse aux étudiants », « le travail est devenu njindja [rare] », « tu boulot, tu boulot mais, où sont les dos [le travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur] », « le dehors est gâté [les temps ont changé] », « on ne ya plus sa tête sur ce pays [on est désillusionné par les réalités du pays] », « on est là mon gars, on va faire comment ? [on a marre de subir les difficultés du quotidien] », « le Cameroun me fatigue [décourage inlassablement] », « le Cameroun est pourri [invivable] », « on va aller se chercher [il n’y a plus d’espoir au Cameroun] », etc. De telles représentations de la réalité de la vie sociale au Cameroun font appel à la recherche d’un bouc-émissaire. Et comme le montrent les sociologues, le tort est prioritairement rejeté sur le pouvoir en place.

Cela nous permet d’avoir la deuxième acception du mot « sacrifié ». En effet, la spécificité du Cameroun sur le plan politico-administratif (interaction entre les acteurs ou « politics ») est l’abondance des gens de la « Génération Biya [plus de 70 ans] » dans le cercle du pouvoir. On entend dire : « ce sont les gens qui sont là jusqu’à la mort ». Cela révèle l’existence des états d’âme qui se sentent écartés, voire même « marginalisés » de la gestion de l’Etat. Par conséquent, les lésés se disent « sacrifiés » pourtant, ils sont la plaque tournante de la vie active. On estime que les jeunes de moins de 35 ans constituent environ 75% de la population active en Afrique centrale. Cette polémique trouve sa justification chez Machiavel ou encore plus loin, dans la société antique d’Athènes où les adversaires de la démocratie conçue comme Loi de la majorité faisaient état de ce que cette ordre des choses est contre-nature car, disaient-ils, « c’est toujours la minorité qui dirige la majorité » dans les faits.

D’autre part, ceux qui sont à la « mangeoire suprême [appareil de l’Etat] » et qui sont accusés d’avoir « sacrifiés » les jeunes du Renouveau, estiment plutôt que les jeunes « d’aujourd’hui » appartiennent à une « Génération privilégiée » en référence au fait que les bienfaits de la libéralisation en général et de la liberté d’expression en particulier qui sont l’œuvre du « Père du Renouveau [Paul Biya] », n’existait pas à l’époque du parti unique dirigé de main de fer par le Président Ahidjo.
De plus, ils estiment que les bienfaits du développement technologique dans la facilitation de la vie sociale sont un « privilège » que les jeunes qui vivaient « autrefois dans la barbarie » d’après les paroles de leur hymne nationale, n’ont pas connu. Dans l’imaginaire des membres de la « mangeoire », c’est souvent récurrent d’entendre : « aujourd’hui, tu peux tourner sur un boulon au mûr et l’eau coule, est-ce que nous avions ça ? », « ils ont les routes et ils se plaignent ! », « tu prends ton téléphone et tu appelles quelqu’un ; nous, on devait parcourir des kilomètres à pied pour transmettre nos messages ! », « aujourd’hui, vous avez l’école à côté, bref, tout est facile pour vous ! », etc.


Fondement biaisé

Ce débat est fondé sur une base de comparaison biaisée parce que, tel que présenté, il n’est pas faisable d’isoler la variable « jeune » compte tenu de l’évolution du contexte. De même, ceux qui, dans l’évaluation de la politique de la jeunesse sous le Renouveau postulent que le Président Paul Biya est la cause du désœuvrement des jeunes de nos jours, ne peuvent pas s’appuyer sur les standards d’évaluation reconnus car, la variable « Paul Biya [mauvaise gouvernance et corruption] » n’est pas la seule variable explicative.
Il convient donc, dans un modèle de causalité plus fiable, d’étendre la réflexion sur les racines du problème. En d’autres termes, il n’est pas juste, comme le postulent les défenseurs acharnés de l’alternance au pouvoir, de faire penser que le remplacement de la variable « Président Biya » par « Président X » sera la solution plausible aux problèmes de la jeunesse. Tout en respectant le point de vue de ces personnes, nous écrivons cet article en réaction à une partie de l’opinion qui soutient la navigation à vue.

Hypothèse d’intervention

Avec les moyens intellectuels disponibles au Cameroun de nos jours, il est possible de déclencher le changement sociopolitique en minimisant les risques de débordement et en évitant de détruire les acquis à l’ivoirienne. Il est raisonnablement inacceptable pour ceux qui s’estiment « sacrifiés » de fonder leur espoir politique sur le leurre qu’après Biya, le « hasard » conduira un ange au pouvoir. Le pragmatisme nous commande aujourd’hui d’abandonner l’opportunisme politique pour focaliser la réflexion sur les vraies solutions d’ordre opérationnel susceptibles d’être profitables à long terme.

Ceux qui revendiquent leur appartenance aux raisonnements pragmatiques, doivent être sensibles aux fonds de la pensée de Charles Sanders Pierce, fondateur du pragmatisme, qui pose quatre piliers susceptibles de permettre de bâtir une réflexion crédible sur le fonctionnement sous-jacent de la société : il s’agit de l’autorité, de la ténacité, de l’a priori et de l’empirisme. En gros, la logique de la gestion de la société n’est pas objective et équitable. En effet, si l’on prend une question comme celle de la justice sociale, Pierce nous incite à envisager que ce qui est juste, n’est juste que par rapport à l’autorité de ceux qui le disent, à la ténacité qu’ils utilisent pour défendre leur point de vue, à la force des a priori rendant favorable leur vision et à la place de leur vision dans les connaissances empiriques sur le sujet.
Cela permet de mieux comprendre un certain nombre d’assertions qui existent et qui renseignent à suffisance sur le fonctionnement sous-jacent de notre société : « tant que Yaoundé respire, le Cameroun vit », « Yaoundé est notre village », « Bamenda a eu SON université, Maroua a eu SON université, l’Est revendique aussi SON université, le Sud n’a pas eu SON université, etc. », « la politique aux politiciens et l’école aux écoliers », « le Cameroun c’est le Cameroun », etc.

En clair, si nous voulons résoudre le problème de notre jeunesse, nous devons, dans une espèce de démarche générativiste, admettre l’existence d’un archi-trait sous-jacent ou d’un facteur majeur qui chapote tous les autres facteurs mineurs qu’on déplore en surface au niveau national. Nous ne parlons pas ici en termes de facteurs endogène et exogène. Nous indexons la « mafia » souterraine qui conditionne la mise en œuvre officielle des politiques publiques.
Il est légitime de penser que le problème du Cameroun en particulier et de l’Afrique Noire en général, n’est pas celui du manque du savoir ou du savoir-faire. Peut-être, il s’agit d’un manque du savoir-être. Mais, à toute évidence, en ce jour, force est de constater qu’on sait exactement ce qui ne marche pas et les solutions appropriées. Le problème réel réside dans le manque de volonté opérationnelle de mettre en œuvre les vraies solutions. On prescrit expressément le faux médicament au malade. Ou mieux, on lui donne des solutions palliatives au lieu de le guérir définitivement. Pourquoi cette « mafia [méchanceté] » ?

Une hypothèse plausible est de reconnaître que nous vivons aujourd’hui dans un monde acquis à la cause d’une « Autorité malsaine » qui défend avec une Ténacité déloyale ses intérêts partout où cela est nécessaire en diffusant à profusion des « Idées reçues » sur le Tiers-monde et en s’appuyant sur un Empirisme qu’il fabrique lui-même (« L’Afrique n’est pas encore entrée dans l’Histoire [et par conséquent, il faut lui tenir la main] », « ce qui est bon pour la France est bon pour l’Afrique [les Africains sont des citoyens gros-bébés qu’il faut nourrir au biberon] », etc.). Il est pensable que les « Autorités nationales » échouent de résister à « l’Autorité internationale » malsaine ou écrasante et que les premiers finissent par mettre sur pied les mêmes types de fonctionnement malsains au sein de leur pays.
Nous sommes dans un cercle vicieux préoccupant. Si l’on remplace le Président Biya par un Président X, ce dernier sera obligé de se soumettre à « l’Autorité internationale » malsaine pour régner. Kakdeu (2010c) qui a étudié le discours des putschistes en Afrique Noire Francophone révèle que ceux des putschistes qui ont pu régner sont aussi ceux qui ont finalement arrimé leurs discours aux normes des « idées reçues » promues par l’Autorité internationale malgré le fait que leur motivation de base était de lutter contre le chao social. Ils disaient : « Les militaires veillent à la défense de l’intégrité du territoire », « Nous avons pris en main nos responsabilités ». Et ils finissent par dire : « Nous voulons instaurer la démocratie [réseau de la Françafrique] », « nous respectons la volonté de la communauté internationale ».

Les deux derniers putschistes en date à savoir Sékouba Konaté de la Guinée et Salou Djibo du Niger faisaient ressortir dans leurs discours, la soumission aux « pressions » de la Communauté internationale d’une part et de leurs peuples d’autre part. Et quand on sait que les intérêts des membres de la Communauté internationale qui sont encore ceux qui pratiquent l’impérialisme, sont drastiquement opposés aux intérêts des populations africaines, on comprend pourquoi, même les militaires qui « prennent leurs responsabilités », n’arrivent pas à mettre fin aux chaos sociaux vécus en Afrique. Dans les faits, quand ils prennent le pouvoir, ils finissent toujours par « entrer dans la danse » à défaut de se faire assassiner ou renverser. Ceci nous inspire que la politique de la jeunesse doit être stratégique et minutieusement orientée vers le développement de leur pays.

Une autre hypothèse plausible est de penser que la solution viendra de la rue comme en Tunisie ou en Égypte. Mais, la rue peut renverser même le meilleur Président du monde à cause de la traversée d’une mauvaise conjoncture. La vraie et meilleure solution reste la consolidation des institutions souveraines. Il ne faut jamais oublier qu’une grande démocratie est faite d’institutions fortes. Les Amoureux du changement doivent être sensibles au fait que la stratégie « d’ici et maintenant » a conduit nos nationalistes à rater l’équation des indépendances. Il faut en tirer des leçons. Les institutions sont fortes lorsque toutes les parties prenantes les respectent indépendamment de l’intervention de la communauté internationale.
Pour que les institutions soient fortes, il faut que l’opposition par exemple joue sa partition. Une certaine opinion publique est toujours portée maladroitement à critiquer Paul Biya sans réclamer le bilan des 20 ans d’opposition de Ni John Fru Ndi et compagnie. Un Président peut-il réussir la construction d’un pays sans forces alternatives ? Les oppositions camerounaises ont été beaucoup plus opportunistes, affamés et soucieux de leurs ventres dans une logique de « pousses-toi et je m’assois aussi ».

L’actualité au Cameroun qui fait état du lancement du recrutement de 25000 jeunes dans la fonction publique révèle une fois de plus une Opposition à court d’idées face à un Pouvoir qui sombre dans l’hésitation. Il faut relever par exemple que la mise en œuvre de cette mesure populiste par le gouvernement Biya nécessite la mobilisation d’une enveloppe budgétaire d’environ 50 milliards F CFA par an. Cela est curieux au moment où le budget de la République du Cameroun en 2011 a été revu à la baisse. En supposant qu’il ne s’agit pas d’une farce politique ou que les résultats n’attendront pas cinq ans pour être connus comme ceux du recensement général de la population de 2005, on peut relever au moins deux choses :

1- Le gouvernement du Cameroun dispose d’une caisse publique occulte et non déclarée qui consolide les accusations de mauvaise gouvernance tant décriées. La jeunesse de la génération « sacrifiée » peut légitimement continuer à faire des revendications afin de puiser dans ces fonds occultes non-comptabilisés.

2- Le gouvernement du Cameroun ne résout pas les problèmes de la jeunesse qui s’estime « sacrifiée » depuis 28 ans par pur manque de volonté politique car, en un an, le Président Biya aurait fait ce qu’il n’a pas fait en 28 ans. En clair, il n’est pas sûr qu’il ait recruté 25 000 personnes dans la fonction publique depuis son accession au pouvoir en 1982.

Dans un Etat qui se réclame démocratique, le gouvernement Biya devrait donner des explications sur le mode de financement de cette mesure exceptionnelle. Sinon, la « Génération sacrifiée » aurait raison de penser que son régime l’aurait « sacrifié » parce qu’il avait intérêt à fonctionner avec une jeunesse ignorante et non susceptible de faire foule. Si le régime n’opte pas pour la transparence, il aurait tort car, comme dans le monde arabe, les intellectuels de la « Génération sacrifiée » ne fonctionneront pas comme ceux de la « Génération privilégiée » qui sont spécialistes de la rédaction des « motions de soutien » insolites.

Dans tous les cas, on peut dire que cette mesure exceptionnelle est déjà une victoire symbolique remportée par la « Génération sacrifiée » car, jusqu’ici, l’entrée dans la fonction publique Camerounaise était réservée aux « protégés [proches]» de la « Génération privilégiée ».

Toutefois, cette action ne sera profitable pour le Cameroun en termes d’impacts positifs sur la paix sociale que si elle s’intègre dans le cadre d’une politique de rupture globale. Comme le montre Kakdeu (2010), toute politique publique qui manque d’harmonie génère des effets pervers. Puisque le citoyen Paul Biya est devenu l’opposant principal du régime Biya, il lui faut prendre d’autres mesures susceptibles de lui permettre d’inscrire résolument cette problématique de recrutement dans le cadre d’une politique globale de réconciliation avec la « Génération du Renouveau » dite « sacrifiée ».
Les actions simples d’animation consistent par exemple à accueillir les jeunes excellents à l’école et dans l’entreprenariat au Palais de l’Unité afin de rompre avec le cliché selon lequel ses banquets sont réservés aux Vieux fossoyeurs de la République. A l’égard de la diaspora, le Président Biya pourrait lancer une opération « retour au pays » qui soit une réelle politique publique d’intégration socioprofessionnelle au « pays d’origine ».


Sa politique d’emploi de la jeunesse est restée bornée aux sentiers battus et à l’intégration dans la fonction publique alors que l’Etat ne peut pas intégrer les 150 mille étudiants qui frappent aux portes du monde professionnel. Le Président de la République doit devenir la mascotte de l’entreprenariat. Il doit se donner la peine de faire la promotion des jeunes promoteurs de PME et GIC qui fondent les piliers de l’économie du pays. Ces secteurs peuvent employer tous les jeunes citoyens du pays.
Il est insolite par exemple de demander à la diaspora de revenir exercer au pays comme « agent de l’Etat » et dépendre du « code du travail » alors que cette dernière veut plutôt rentrer pour entreprendre. La vraie mesure adéquate serait donc de mettre sur pied des mesures incitatives pour faciliter l’investissement sur les plans douaniers, fiscaux, administratifs et financiers. Une telle politique publique serait plus efficace et plus efficiente pour promouvoir l’emploi pour tous à long terme. Mais, on fait plutôt face aux gens qui « attendent le jour du marché pour attacher leurs poules ». Cette façon de gérer le pays par des mesures ponctuelles présentera probablement ses limites.

Source :
http://www.lepost.fr/article/2011/03/19/2439402_generation-sacrifiee-vs-generation-privilegiee-la-logique-de-deux-lobbies-qui-s-affrontent-au-cameroun.html

lundi 8 novembre 2010

L'antériorité de la Haute Égypte sur la Basse Égypte

Dans les années 80, l’étude du sol du delta du Nil a été réalisée par un laboratoire français de radioactivité, celui du CEA-CNRS de Gif-sur-Yvette.
Voici les principales conclusions:
"Bien que ces documents écrits soient peu nombreux au début, limités à quelques empreintes de sceaux royaux, ils nous éclairent cependant sur les premiers temps de l’histoire de l’Égypte, un peu avant que ne débute la première dynastie. C’était alors l’époque nagadienne (au sud). Des rois se succédaient depuis longtemps déjà dans l’Égypte du Sud, que l’on appelle aussi Haute Égypte, c’est-à-dire tout au long de la vallée du Nil située plus au sud que la position actuelle du Caire.

D’autres rois existaient aussi dans l’Égypte du Nord, c’est-à-dire la région constituée par le Delta du Nil, mais ces rois du delta ne s’étaient pas installés depuis longtemps, tout au plus depuis deux ou trois siècles : nous savons maintenant que c’est parce qu’auparavant le delta était encore immergé (...) Le lien entre l’abaissement du niveau de la mer et le développement de la civilisation égyptienne est clair : il existe, en effet, comme nous allons le voir maintenant, une très bonne concordance entre les dates "Carbone 14" égyptiennes et celles de la sortie du Delta de la mer vers - 4700 ... On data ainsi une quantité de restes attribuables à l’activité humaine, dans le Delta, la vallée du Nil et aussi dans les régions qui entourent cette vallée.

Cela a permis de savoir qu’à tel moment du passé l’homme occupait - ou n’occupait pas - ces lieux. Et de cette manière l’on a fait une constatation très curieuse. Dans toute l’étendue du royaume du Sud, c’est-à-dire dans la haute vallée du Nil à partir du sud du Caire, ainsi que dans ses prolongements dans le Soudan actuel, on trouve des artefacts humains jusque bien au-delà de - 20 000 (ans) ... On trouve aussi de nombreux vestiges très anciens dans ce qui est aujourdhui la Palestine et la Jordanie, ainsi que sur le territoire de la Libye.

Bref, toute cette région du Proche-Orient s’est révélée, grâce au carbone 14, très anciennement peuplée, dès le paléolithique supérieur. Toute la région, sauf le Delta du Nil. Pour celui-ci, les dates Carbone 14 ne commencent en effet que vers - 4200, soit 3000 av. J.C. . Mais à partir de ce moment, très vite, elles deviennent très nombreuses. Tout se passe en fait comme si l’implantation humaine n’avait eu lieu dans le Delta qu’à partir de cette date, alors que partout ailleurs, comme on vient de le dire, elle existait depuis longtemps." (1)
Ces résultats montrent d’une part que le mouvement de la civilisation égyptienne du Sud soudanais vers le Delta du Nil est corrélé à l’abaissement du niveau de la mer et d’autre part, ils confirment parfaitement la tradition rapportée par les Anciens. L’antériorité de la Haute-Égypte sur le Delta du Nil est encore démontrée par les résultats des fouilles archéologiques. Ci-joint un extrait explicite :
" Abou Simbel - Une mission archéologique mixte égypto-américaine a mis au jour une ville archéologique préhistorique dans la région d’El-Nabta à l’ouest d’Abou Simbel. L’histoire de cette ville remonte à 9 000 ans et démontre que le désert occidental au Sud de l’Égypte fut le berceau de la civilisation égyptienne.Dirigée par le Dr. Fred WENDORF, professeur d’anthropologie à l’Université de Dallas, cette équipe scientifique poursuit ses travaux de fouilles depuis sept ans avec la collaboration de quelques archéologues et géologues.

Le géologue égyptien, le Dr. Mohamed ELBAHY, a déclaré que les résultats enregistrés par la mission font probablement d’El-Nabta la plus vieille ville habitée par les anciens Égyptiens. Furent également découverts des bâtiments gigantesques en pierre qui seraient sans doute les restes d’un temple". (2)

Cette donnée particulière, montre bien qu’il n’a pu y avoir une occupation du Delta vers - 5000 ou - 4000 avant J. C. par une population extérieure à l’Egypte (éventuels pharaons indo-européens) pour la simple et bonne raison que le Delta du Nil n’existait pas. Ce Delta apparait durant la période de l’implantation des Nubiens conduis par Narmer en Basse Egypte.
Après examen de la riche documentation léguée par les Grecs anciens, on constate qu’unanimement, ils attestent que les Egyptiens anciens étaient des africains mélaniens originaires du sud. L’éventualité d’une origine nordique fut une thèse qu’ils n’ont même pas développé compte tenu des éléments suivants.

HÉRODOTE, nous apprend que le Delta du Nil n’existait pas avant 3 200 avant J. C.:
"Autrefois les Égyptiens n’avaient point de pays. On sait en effet que leur Delta, ils le disent eux-mêmes et c’est mon sentiment, est une terre d’alluvion, une terre, peut-on dire, nouvellement apparue. Jadis d’ailleurs, on appelait Égypte la Thébaïde, dont le pourtour est de six mille cent vingt stades". (3)
Le professeur Cheikh Anta DIOP a très vite compris qu’une datation du Delta permettrait de clore définitivement le dossier. Aussi, après avoir examiné les témoignagnes des anciens tels HOMÈRE, SÉNÈQUE,AMMIEN MARCELLIN (XXII, 16) et HÉRODOTE, il avait compris que la Haute-Égypte (le sud nubien) était bel et bien antérieure au Delta :

"Ajoutons seulement qu’aujourd’hui les méthodes physiques modernes de datation, appliquées à l’archéologie, permettraient de trancher la question. Des tests par le radiocarbone, pratiqués sur des carottes prélevées sur les emplacements respectifs de ces différentes villes permettraient de déterminer avec une certitude suffisante les dates d’émergence des terres qui supportent ces villes et d’une façon générale l’âge du Delta en tant que terre ferme habitable. Voilà un cas précis où la physique moderne aiderait l’archéologie à sortir du cercle vicieux de l’exégèse des textes". (4)
La Toponymie :

Lors du colloque d’égyptologie du Caire de l’UNESCO du 28 janvier au 03 février 1974, le professeur Gordon-Jacquet, a clairement démontré l’origine uniforme de la civilisation égypto-nubienne, du nord au sud. C’est à dire qu’une implantation non Nègre en Egypte ancienne, aurait laissé les traces suivantes.
Elle signale que les noms de lieux (villes, villages, lac, oasis, fleuve, etc.), c’est un phénomène bien connu, sont extrêmement vivaces et chaque peuple (groupes linguistiques) qui se succède dans une région, laisse sa marque sous la forme de toponymes, plus ou moins nombreux, suivant l’importance numérique de ce groupe et la durée de sa prédominance dans la région.

Tout peuple d’origine extérieure (éventuels indo-européens ou autres), qui serait venu s’ajouter à la population égyptienne d’origine nubienne, aurait forcément laissé la trace de sa présence dans la toponymie du pays et surtout du Delta, compte tenu du fait que sa langue serait distinct de l’égyptien ancien. Or ce n’est pas le cas !
La toponymie égyptienne, comme le confirme le professeur Gordon-Jacquet, est extrêmement homogène du sud au nord. Elle se compose de noms dont l’étymologie s’applique à la langue égyptienne elle-même.

La Toponymie est une science fiable, utilisée pour dégager les "couches" historiques, d’occupation d’un lieu par diverses populations. Pour l’Egypte, elle révèle une occupation nubienne homogène.
Conclusion :

Toutes ces données, confirment :

-l’origine sudéenne, donc nubienne des Egyptiens anciens;
-l’impossibilité de l’occupation de toute la région du Delta avant son émergence vers 3 000 avant J. C;
-l’impossibilité d’une implantation non-africaine dans le Delta;
-que les égyptologues euro-centristes qui soutiennent la thèse d’une occupation étrangère dans le Delta du Nil (éventuels pharaons blancs) sont des prisonniers de la caverne de Platon !
Références bibliographiques:
1. Cf. Chapitre 5, "Légendes, histoires, niveaux de la mer", du livre L’homme et le climat - Paris, Éditions Denoël, 1985 de Jacques LABEYRIE, ancien directeur du Centre des faibles radioactivités du CEA-CNRS, à Gif-sur-Yvette.
2. Cf. le Bulletin d’Information Archéologique (BIA) dans son n° 5, période janvier - juin 1992;
Cf. : EL-SAYED EL-NAGGAR, "Découverte d’une ville antique remontant à neuf mille ans à Abou Simbel", Al-Akhbar du 20 avril 1992;
Cf. ankhonline.com
3. Hérodote, Livre II, 15.
4. Antériorité des civilisations nègres - mythe ou vérité historique. Cheikh Anta Diop. Éd. Présence Africaine, p. 12.
Source:

jeudi 28 octobre 2010

Université Kémite du futur

PER ANKH CHEIKH ANTA DIOP
UNIVERSITÉ KÉMITE DU FUTUR

SESSION 2010 – 2011
SÉANCE INAUGURALE DU SAMEDI 25 SEPTEMBRE 2010 DE 13H00 À 20H00.
THÈME : ÉGYPTOLOGIE ET NÉGROPHOBIE – ÉTAT DE LA
QUESTION RELATIVE À LA NÉGRITUDE DES ANCIENS
ÉGYPTIENS RESPONSABLES DE LA CIVILISATION
PHARAONIQUE.
Intervention: Professeur Bilolo Mubabinge
Partie 1/3:
Partie 2/3:
Partie 3/3:

mardi 26 octobre 2010

Mission de la Nouvelle Génération Consciente et patriote

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission historique : la remplir ou la trahir ».

Frantz FANON, Les damnés de la terre.

vendredi 22 octobre 2010

Les textes gnostiques de Nag Hammadi

La Doctrine et les Enseignements ésotériques des codex de Nag Hammadi


" Je me tenais sur une montagne élevée lorsque voici, je vis un personnage de haute taille et un autre qui était boiteux. J'entendis alors une voix pareille au tonnerre ; … Je m'approchai … et la vision m'adressa ces mots ; Je suis identique à toi et tu es identique à moi, partout où tu es, je suis, et je suis semé en toutes choses. Partout où tu le veux tu me receuilles mais, en me recueillant, c'est toi-même que tu recueilles ! "

Les textes de Nag Hammadi contiennent des révélations ésotériques d'un très haut portés faits par les grands initiés de la gnose séthienne, la plus pure et la plus puissante des écoles gnostiques. La gnose séthienne est une introduction dans le sein des religions révélées de toutes les spéculations cosmologiques et théologiques qui avaient formé la partie la plus importante et considérable des anciennes religions de l'ORIENT, adoptées en parties par les philosophes néo-platoniciens et introduites en occident.
La doctrine de la gnose séthienne est en complète contradiction avec les cultes Jéhoviques desquels sont issus la religion judaïque, chrétienne et musulmane. C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle cette conspiration de silence tante d'étouffer à tous prix l'extension de la gnose séthienne, tout comme l'avait fait quelques siècle auparavant leurs digne prédécesseurs, les bourreaux de l'inquisition sanguinaire !
Les textes de Nag Hammadi contiennent 55 papyrus répartis en 13 codex numérotés. Ils ont été écrits en deux dialectes coptes le sahidique et le subakhmîmique (dialecte de haute Egypte).
L'examen de la datation des manuscrits fait remonter leur origine au III siècle de notre ère. Ils furent originellement copiés du grec ancien. les manuscrits ont été vendus à des antiquaires du Caïre qui à leurs tours les vendirent au musée copte du Vieux-Caire. Les premiers spécialistes à avoir entrepris l'examens des manuscrits furent Jean Doresse, du centre National de la recherche scientifique, et Togo Mina jadis directeur du musée copte.
Les manuscrits de Nag Hammadi furent découverts par " accident " en 1945 par un dénommé Mouhamad-Ali un bédouin du désert et son frère, qui étaient partie à la recherche d'engrais dans les environs d'un étrange et antique bourgade appelé " Shénésit " (nom d'origine égyptienne qui signifie ; Les acacias du dieu Seth !), car le pays était entièrement consacré a Seth le grand dieu d'Ombos !
C'est la que dans un antique cimetière abandonné appelé " Hamra-Doum " (la demeure de l'éternité !) d'où gisent depuis des millénaire les sept tombes pharaonique (aujourd'hui vide !) que l'un des frère découvrit une jarre poussiéreuse, à l'intérieure duquel il y avait ses inestimables manuscrits sur des feuillets de papyrus admirablement bien conservés grâce à l'extrême sécheresse du lieu.
Pour en savoir plus, cliquez sur les liens ci-après:
Remarque (3):
Trois manuscrits coptes du VIème siècle décrivant les premiers rites religieux de cette communauté chrétienne d’Egypte ont été découverts cachés dans une tombe pharaonique à Gourna, près de Louxor (700 km au sud du Caire).

Ces trois manuscrits ont été découverts par la mission archéologique polonaise en Egypte. «C’est la découverte copte la plus importante après celle des textes de Nag Hammadi », a indiqué Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil supérieur des Antiquités (CSA), lors d’une conférence de presse.

Les textes de Nag Hammadi (Haute-Egypte) ont permis d’identifier les quatre Evangiles de Jean, Marc, Mathieu et Luc. Ces textes de Nag Hammadi, au nombre de douze, formés de cahiers de papyrus reliés de cuir, avaient été découverts fortuitement en 1945 par des paysans qui déterraient une jarre.

M. Hawas a souligné que le recours à une tombe pharaonique pour cacher ces manuscrits «montre la persécution dont les coptes étaient victimes sous les empereurs romains ».

Thomas Gorik, chef de la mission archéologique polonaise, a indiqué que les trois manuscrits étaient ensevelis sous le sable dans une tombe de briques crues qui remonte au Moyen-Empire (2000-1800 AV-JC).

« Le premier manuscrit mesure 22,5 cm de long et 17 cm de large. Le nombre total de ses pages est inconnu. Il est déposé dans un coffre en bois carré, décoré de l’intérieur de graphismes grecs, mais ne portant aucune décoration à l’extérieur » a-t-il dit.

Le deuxième manuscrit est relié en cuir et décoré de petits cercles. Il compte 50 pages, comme le troisième manuscrit, qui est, lui aussi, relié en cuir, mais en mauvais état.

3. Source : Agence France-Presse - samedi 19/02/2005

mercredi 8 septembre 2010

Quelques Textes hiéroglyphiques (Mdw Netjer)

Ceci est un avant-projet de base de textes hiéroglyphiques.

N.B. Apprendre à lire et à écrire le mdw neter:
a) http://www.qenherkhopeshef.org/nomHieroPHP/

b) http://www.thotweb.com/encyclopedie/lecon1.htm

1. la stèle C14 du Louvre (Traduction de la stèle C14)

C'est une stèle très importante, puisque c'est l'un des rares documents où un artiste égyptien nous parle de son travail. Ainsi, on peut lire:


"Vive l'Horus qui réunit les deux terres, celui des deux maîtresses qui réunit les deux terres, le roi de Haute et Basse Égypte le fils de Rê Montouhotep, qu'il vive éternellement !

Son véritable serviteur de confiance, celui qui fait tout ce qu'il loue à longueur de journées, le bienheureux auprès du grand Dieu, Irtysen. Une offrande que donne le roi et Osiris, seigneur de Bousiris, Khentymentiou, seigneur d'Abydos dans toutes ses lieux parfaits et purs, d'une offrande funéraire de 1000 pains, bières, pièce de b{\oe}uf, de volaille, de vêtements, de toute bonne chose pure, de pain à casser, de bière-chamet, de provisions du seigneur d'Abydos, de provende blanche d'Hezat (déesse du lait), de ce dont les esprits lumineux désirent se nourrir, pour le bienheureux auprès d'Osiris, auprès d'Anubis seigneur de la terre sacrée, le directeur des artisans, le dessinateur, Irtysen, qui dit :

Je connais les secrets des mdw netjer (hiéroglyphes), la manière de composer des offrandes de fête, Toute magie, si je l'ai préparée, c'est sans que rien ne puisse m'échapper. Car je suis un artisan qui excelle dans son art, qui est devenu le premier dans son domaine (litt. ce qu'il a appris). Je sais les proportions des fluides (pour la peinture ?), peser la quantité calculée (?), enlever et encastrer dans le tenon la mortaise (?), (litt. conformément à ce qui rentre et qui sort) afin que chaque membre vienne à sa place.

Je peux rendre la démarche d'une statue d'homme, le pas d'une statue de femme, la force des ailes d'une dizaine (?) d'oiseaux, (ou, en corrigeant -> At => la pose d'un instant) la pose de celui qui frappe un captif, le regard que l'on pose sur son semblable (litt. qu'un oeil jette à un autre, cf. {\eg irt nb}), et aussi rendre craintif le visage de la victime sacrificielle (?), (reproduire) le port de bras de celui qui frappe l'hippopotame, la venue du courreur.

Je sais (comment) faire des pigments et des emaux (hAAt=> incrustation), sans laisser le feu les brùler, sans que l'eau les puisse non plus effacer. Personne n'en aura connaissance (litt. ne sortira sous cela), hormis moi seul et mon fils aîné, le dieu ayant ordonné qu'il pratique, car c'est à cela qu'il a été initié. J'ai vu de mes yeux ce qui est sorti de ses mains, lorsqu'il a dirigé des travaux, en toute pierre précieuse et auguste, depuis l'argent et l'or jusqu'à l'ivoire et l'ébène. Une offrande funéraire de milles pain, bière, oiseaux, b{\oe}ufs, vêtement, toutes bonne chose pure pour le bienheureux Irtyseniqer, juste de voix, mis au monde par Idet, juste de voix.

2. Le Conte du Naufragé



3. Un graffiti du Wadi Hammamat


4. La Sagesse D'Amenemope

Ce texte fait partie d'un genre très renommé en Égypte

5. Stèle de l'an deux de Sethnakht à Éléphantine

Cette stèle contient quelques allusions aux troubles qui ont marqué la fin de la 19ième dynastie

6.Enseignement de Kagemni (ou Gemnika, ...)

C'est l'un des enseignements les plus anciens. Vous saurez tout des bonnes manières à l'ancien empire.

7. Stèle d'Antef (Louvre C26)

Une très belle stèle (Salles du nouvel empire au Louvre, une grande stèle blanche, à côté du groupe de Sennefer et sa femme Hatchepsout). Le texte du début n'est pas passionnant, mais la fin contient une intéressante discussion sur le thème du coeur-ib.

8. Le dialogue du désespéré avec son âme

C'est l'un des plus beaux textes égyptiens.

9. La stèle de l'an 400

Célèbre stèle Ramesside, qui jette un peu de lumière sur les origines de cette dynastie.

10. Les Textes relatifs à Ineni

Les textes citant le célèbre Ineni dans les Urk IV. Cet homme a vécu durant la première moitié de la XVIIIième dynastie, et sa biographie est une source d'informations historiques très importante.

11. Stèle d'Iykhernofret

Cette stèle relate l'action d'Iykhernofret à Abydos, où il a assuré un rôle important dans les cérémonies Osiriennes.

12. Le Conte des deux frères

Un des plus célèbres contes néo-égyptiens.

http://www.iut.univ-paris8.fr/~rosmord/hieroglyphes/deuxfreres.pdf

13. Le prince prédestiné

Un très joli conte, qui constitue une bonne introduction au néophyte en égyptologie.

http://www.iut.univ-paris8.fr/~rosmord/hieroglyphes/prince.pdf

14. Les mésaventures d'Ounnamon

Un véritable « roman historique » du début de la troisième période intermédiaire.

http://www.iut.univ-paris8.fr/~rosmord/hieroglyphes/oun.pdf

15. Horus et Seth

Le procès d'Horus et de Seth à Nekhem (Hiérakonpolis), en Haute-Égypte.

http://www.iut.univ-paris8.fr/~rosmord/hieroglyphes/HetS.pdf

16. Les contes du Papyrus Westcar

C'est des contes faciles d'accès pour les débutants. Lignes 6,23--9,22 prises de la version macscribe de Mike Dyall-Smith's (AEL website). Début saisi par S. Rosmorduc.

http://www.iut.univ-paris8.fr/~rosmord/hieroglyphes/Westcar/westcar.pdf

17. La stèle de Kamôsé

Raconte la reprise de l'Égypte par le roi Kamôsé.

http://www.iut.univ-paris8.fr/~rosmord/hieroglyphes/kamose/kamose.pdf

18. L'Oracle de Thoutmosis III

Introduction (col. 1)

An 42. Il arriva que le roi lui-même était assis... Les courtisans arrivèrent... le roi. Le roi ordonna aux courtisans... [de faire une stèle racontant l'oracle?]


Filiation divine (col. 1-3)

C'est lui mon père [Amon], et c'est moi son fils. Il a décrété que je sois sur son trône quand j'étais encore un oisillon dans son nid. Il m'a engendré avec la semence de son désir. ... Il n'y a là aucun mensonge, aucune inexactitude.
Depuis que ma Majesté était dauphin, j'avais muri dans son temple, bien que je n'avais pas encore été initié à la prêtrise. ...tempes de ma Majesté. Ma Majesté était l'incarnation et l'image du "Pilier de sa mère", comme Horus à Chemnis.


L'oracle (col. 3-8)

Alors que je me tenais dans la salle hypostyle nord... la sainteté de son horizon. Il mit en fête le ciel et la terre de ses beautés, et il commença à rendre un oracle. Ses rayons étaient dans les yeux des princes, comme lorsqu'apparaît Horus de l'horizon, alors que le peuple lui accomplissait ses dévotions. ... son temple.
Puis sa Majesté [le roi] lui fit des fumigations d'encens et lui présenta la grande offrande, en boeufs, veaux et gibiers. [Amon dans sa barque à porteurs]... parcourait les deux côtés de la salle hypostyle. Ceux qui étaient devant ne comprenaient pas ce qu'il faisait ; il cherchait partout ma Majesté.
Soudain il me reconnut. Il s'arrêta. ... Je fus mis à plat ventre devant lui, étendu sur le sol, les bras courbés vers lui. Il me plaça devant sa Majesté [le roi], et me fis me tenir à la place du seigneur. Alors il rendit un oracle à mon propos. ... Il n'y a aucune inexactitude.


L'initiation (col. 8-10)

Ils sont loin du regard des hommes, les secrets dans le coeur des dieux... Ils ne sont pas connus, n'ont jamais été découverts...
Il m'a écarté les vantaux du firmament, il m'a ouvert les portes de l'horizon. J'ai traversé le ciel comme le faucon divin. Je contemple sa forme mystérieuse qui est dans le ciel, j'adore sa Majesté... J'ai vu les manifestations du dieu des deux horizons sur ses chemins cachés du ciel.


Le couronnement (col. 10-12)

Rê lui-même m'a établi, alors que j'étais honoré des couronnes qui sont sur sa tête, que son uraeus unique était fixé à mon front... que j'étais pourvu de tous ses pouvoirs divins, que j'étais rempli de la sagesse des dieux, semblable à Horus lorsqu'il fut arrivé à l'âge de raison dans le domaine de son père Amon-Rê.
Ma dignité divine se compléta...
Il établit mes couronnes, et composa lui-même pour moi une titulature.


La titulature (col. 12-14)

Il établit le faucon sur le serekh, me rendit puissant comme un taureau et me fit apparaître en gloire à Thèbes, par mon nom "d'Horus, taureau puissant, qui apparaît à Thèbes".
Il me fit élever les deux maîtresses, et édifia ma royauté comme celle de Rê dans le ciel, par mon nom de "Celui des Deux Maîtresses, dont la royauté est édifiée comme celle de Rê dans le ciel".
Il me façonna un faucon d'or, et me donna sa puissance et sa force, alors que j'étais sanctifié par ses couronnes, par mon nom" d'Horus d'or, possesseur de la force, aux couronnes sacrées".
Il me fit apparaître en gloire en tant que roi de Haute et de Basse Egypte, et établit mes devenirs comme Rê, par mon nom de "roi de Haute et de Basse Egypte, maître des Deux Terres, Menkheperrê".

Je suis son fils, qui ouvre sa marche, la personnification de l'enfant semblable à celui qui est à l'avant d'Heseret [Thot], et il a unifié tous mes devenirs par mon nom de "fils de Rê, Thoutmosis-Semakheperou", puisse t-il vivre éternellement et pour toujours...


La soumission des pays étrangers (col. 15-16)

Il a fait que tous les pays étrangers viennent courbés dans la crainte de ma Majesté. Le coeur des neufs arcs est rempli de la terreur que je leur inspire, et tous les pays sont sous mes sandales. Il a mis la force dans mes mains pour élargir les frontières de l'Egypte...

L'amour d'Amon (col. 16)

C'est ce que mon père Amon a fait, en raison de l'immensité de l'amour qu'il me porte. Je le réjouis plus que tout roi ayant existé sur la terre depuis qu'elle a été crée. Je suis son fils, aimé par sa Majesté. Ce qui se fait, c'est ce qui plait à son ka.


Les offrandes de Thoutmosis III à Amon (col. 16-20)

Je dirige ce pays jusqu'au pied de son trône. Je fais remplir son noble trésor par les tributs de tous les pays étrangers.
... [me] rendant agréable à lui en faisant construire des monuments à Karnak.
Je pare richement sa beauté et je l'exalte plus que les autres dieux. Il est paré par de merveilles plus magnifiques que celles qui sont faites comme récompenses. Je bâtis son domaine par des travaux d'éternité...
... mon père, pour accorder ma divinité (?).
Je m'y consacre sans compter, je pourvois ses autels sur la terre, je fais renouveller pour lui de grands sacrifices dans l'abattoir divin de son temple, en boeufs et en veaux, sans limites.
... rentrer les biens en excédents, en choses agréables..., en surplus fiscaux. J'enrichis pour lui ses greniers en orge et en épeautre, sans limites.
J'agrandis pour lui l'offrande divine en bière, bétail, vollaille et pains. Je lui donne plus que ce qui existait avant.
... dans ce temple de mon père Amon, en chacune de ses fêtes, tous les jours, l'apaisant par l'amour que je lui porte.


Eloge d'Amon (col. 20-22)

Le principe de l'existence, je le connais : la pérennité, c'est Thèbes ; l'éternité, c'est Amon ; le maître de Karnak, c'est Rê ; l'Héliopolis du Sud [Thèbes], c'est son oeil magique sur ce monde...
...accomplissant mes monuments. J'ai fixé mon décret aux marches de Karnak pour le créateur des êtres, le maître du tout, le garant de toute chose. L'éternité, c'est aussi celui se trouve ici [Amon]. Je n'élève pas ma Majesté plus haut que Dieu...
... libation en compagnie de son ennéade, après que l'offrande divine soit en sa possession.
Ce monument a été construit dans son temple afin qu'on se souvienne de mes bienfaits pour son domaine et que j'atteigne la porte de l'éternité.

Discours des dignitaires (col. 22-25)

Les courtisans s'exprimèrent : ...Qu'elles sont belles, les paroles qui ont été dites devant nous! Nous les avons écoutées au palais, vie, force, santé. Que ton visage soit rempli de vie et de prospérité, et que ta Majesté règne durablement sur ce grand trône! C'est le dieu lui-même qui l'a dit, comme Rê lorsqu'il parlait pour la première fois et que Thot avait prononcé les signes... Sa royauté t'est donnée, les couronnes te sont fixées sur le trône d'Horus, tu es enregistré dans les annales en tant que roi de Haute et de Basse Egypte. Il a uni pour toi les Deux Terres dans la paix, et tous les pays étrangers en addition.


Constructions à Karnak:

1) Un sanctuaire nommé "Monument divin"

...rénové, avec le sanctuaire "Monument Divin". Le monument est en calcaire. C'est le roi lui-même qui l'a fait de ses mains, qui a tendu les cordes, les a détendu, a fait les dépots dans la terre, a fondé ce monument, a ordonné les travaux consécutif au décret...

2) La "Chapelle Rouge"

...du travail efficace de leurs bras. Ma Majesté lui a fait élever la chapelle "la Place du coeur d'Amon". Sa place est aussi grande que l'horizon du ciel, en granit de la Montagne Rouge, et l'intérieur a été plaqué en electrum.

3) Les trois portes de la "Salle des Annales"

...Ma Majesté, la première porte "Menkheperrê sanctifie l'offrande d'Amon", la deuxième porte "Menkheperrê est constamment loué auprès d'Amon", et la troisième porte "Menkheperrê bénéficie grandement de la puissance d'Amon", plaquées en électrum. Maât entre par ces portes pour le visiter.
...monument en fête.
Il exulte en raison de l'adoration qu'il reçoit. Il agit suivant son désir. Il entoure ma Majesté de vie, prospérité et joie, éternellement.


4) Le VIe pylône

De plus, ma Majesté a construit un noble pylône dans sa résidence, devant...
...plaqué en électrum. Ma Majesté lui a élevé une porte magnifique, taillée en cèdre de première main, plaquée d'or, aux huisseries en cuivre noir véritable... en bronze.
La titulature qui s'y trouve [gravée] est en électrum, en or double, en cuivre noir...
... le pied de leurs colonnes en or double.

Source: http://www.thotweb.com/encyclopedie/th3-42.htm